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    Autriche : sur les résultats des élections du 29 septembre 2019

    Autriche

    Brève publiée le 8 octobre 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://groupemarxiste.info/2019/09/29/autriche-sur-les-resultats-des-elections-du-29-septembre-2019/

    Les résultats des élections législative autrichiennes sont, dans l’ordre des suffrages :

    • 37,5 % pour l’ÖVP, Parti populaire autrichien (parti bourgeois chrétien-démocrate)
    • 21,2 % pour le SPÖ, Parti social-démocrate d’Autriche (parti ouvrier réformiste)
    • 16,2 % pour le FPÖ, Parti de la liberté d’Autriche (part bourgeois fascisant)
    • 13,8 % pour Die Grünen, Les Verts (parti petit-bourgeois écologiste)
    • 8,1 % pour la NEOS, La nouvelle Autriche et le Forum libéral (parti bourgeoise libéral)

    Même si ce n’est qu’un résultat partiel, une chose est claire ce soir du 29 septembre: malgré la victoire électorale de la faction bourgeoise qui s’est rassemblée derrière le mouvement turquoise de Kurz, le léger renforcement du NEOS (une sorte d’ÖVP version 2), le fort résultat obtenu par les Verts qui représentent essentiellement les intérêts de la petite-bourgeoisie et la défaite dévastatrice du parti ouvrier-bourgeois SPÖ, les mois à venir seront marqués par l’instabilité. Les quelque 10 % de perte du FPÖ risquent de conduire le parti, ancien partenaire de coalition de Sebastian Kurz, à une scission, mais en tout cas à un cours plus réactionnaire et fascisant. Le taux de participation actuellement estimé sur 1,1 million de bulletins de vote devrait se situer autour de 75,5 %, contre 80 % en 2017, ce qui est une petite indication de l’érosion du parlementarisme bourgeois.

    Comme nous l’avons écrit dans notre dernier tract avant les élections, nous n’éprouvons aucun intérêt pour les spéculations sur les coalitions gouvernementales, tels que les pratiquent à l’envi les « politologues » et les journalistes. Nous nous fondons sur Karl Marx qui, en 1871, à l’occasion du premier et court gouvernement ouvrier, celui de la Commune de Paris, avait déclaré:

    Au lieu de décider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait « représenter » et fouler aux pieds le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes, comme le suffrage individuel sert à tout autre employeur en quête d’ouvriers, de contrôleurs et de comptables pour son affaire.

    Et Friedrich Engels a précisé en 1884 que le suffrage universel « est l’index qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel ».

    Le fait que la « maturité de la classe ouvrière » soit apparemment plus basse que jamais auparavant dans la Deuxième République est de la responsabilité des dirigeants du SPÖ, qui ont récolté aujourd’hui une leçon sans équivoque pour leur servilité devant la classe dirigeante. De belles paroles sur l’“Humanité” et la “Communauté” ne peuvent faire oublier que même pendant la campagne électorale, les bureaucrates sociaux-démocrates n’ont pas une seule fois remis en cause le capitalisme, mais seulement légèrement égratigné les privilèges des possédants. Exemple frappant : l’impôt sur les successions. Jusqu’à fin 2018, pour le chef du parti Rendi-Wagner, il n’en était pas question ; puis, dans la campagne électorale, il fait des propositions d’imposition modérées avec une exonération de 35 % pour les héritages jusqu’à un million d’euros. Ou le recul sur la loi de la journée de 12 heures – devenue négociable pour la direction du SPÖ en cas de coalition avec Sebastian Kurz [précédent chancelier et chef de l’ÖVP] ! Le SPÖ a soudainement rejoint le chœur des positions réactionnaires pour la protection des frontières extérieures de l’UE. Au sujet de la destruction environnementale capitaliste, le SPÖ (en raison de son assujettissement aux intérêts du capital) en est resté aux banalités. Le virage du SPÖ sur les positions des anciens partis gouvernementaux réactionnaires et le refus du SPÖ de se confronter à la bourgeoisie étaient probablement une des raisons pour lesquelles les « électeurs protestataires » prolétariens du FPÖ ont voté pour Kurz ou sont restés dépités chez eux. Surtout, les résultats dans les quartiers ouvriers de Vienne montrent que le SPÖ ne profite pas de la décomposition du FPÖ.

    Alors que la plupart de « la gauche » a les yeux fixés sur le FPÖ comme le lapin sur le serpent, le gouvernement bleu-turquoise [FPÖ & ÖVP] a clairement montré à partir de 2017 que fondamentalement, les trois partis ouvertement bourgeois (« nouveau » ÖVP, FPÖ et NEOS) étaient d’accord sur l’essentiel : contre les conquêtes de la classe ouvrière, pour la démolition des caisses d’assurance maladie (les trois partis ne différant que par le rythme et la méthode), pour la répression syndicale et la limitation de la représentation des salariés.

    Le FPÖ a finalement perdu sa prétention d’être le parti de « l’homme du peuple » (mais pas d’être le parti de la «femme du peuple ») : leur enrichissement personnel, leurs malversations, tout cela a plus nui au parti fasciste que la vidéo d’Ibiza et les « cas individuels » de membres nazis. Ce que le gouvernement de coalition turquoise et bleu a créé continuera sous la direction de Kurz : la marche à un « État fort » qui restreint les libertés démocratiques, renforce l’appareil policier et militaire, favorise l’action plébiscitaire, institutionnalise le racisme et la xénophobie et discipline les jeunes. La campagne de Kurz était délibérément axée sur l’exclusion. Comme les Sociaux-chrétiens de la 1re République, le parti turquoise a nourri la méfiance des régions rurales (anciennement dominé par l’ÖVP) contre la ville réputée « rouge-vert » [SPÖ & Grünen], entre les vieux et les jeunes, entre les valeurs chrétiennes et le reste du monde. Tout était adapté au nouveau Messie, qui seul sauvera le pays. Même les disciples et les apôtres, qui avaient accompagné l’ascension du sauveur, tels que Blümel, Mahrer ou Köstinger, ne se produisaient que dans le rôle mineur de laquais. Et les médias, contrôlés financièrement par les grandes entreprises, les banques et l’Église catholique, ont travaillé avec diligence pour faire du mythe de Bonaparte une attente.

    Pour toutes ces raisons, nous affirmons que les vraies décisions ne sont pas prises dans l’isoloir, elles seront prises dans les usines, les écoles, les universités, dans la rue.

    Pour résister efficacement aux projets réactionnaires de la bourgeoisie, quelle que soit la structure gouvernementale avec laquelle elle se présente, nous avons besoin de l’unité de tous les travailleurs, des syndicats militants et des comités d’action constitués par nous-mêmes dans les lieux de travail, dans les quartiers et dans les villages. Ceux qui sont actifs dans le SPÖ ou dans le FSG (fraction sociale-démocrate du syndicat) doivent lutter dans leurs organisations pour cette unité et forcer leurs dirigeants à rompre avec la bourgeoisie à tous les niveaux (par exemple, Doskozil avec le FPÖ au Burgenland, dans les institutions du partenariat social »…). En même temps, il est nécessaire de préparer l’autodéfense des organisations de travailleurs, leur propagande et la défense des futures grèves. Au sein et hors des syndicats nous devons clairement proposer un objectif : la préparation de la grève générale pour renverser le gouvernement bourgeois, quelle que soit son apparence.

    Ce qui semble irréaliste aujourd’hui pourrait bientôt être mis à l’ordre du jour, selon que nous parvenons ou non à expliquer clairement à la classe ouvrière les conséquences dramatiques à attendre de la poursuite du cours actuel de la classe dirigeante.

    29 septembre 2019

    Gruppe Klassenkampf, section autrichienne du CoReP