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Equateur: affrontements à Quito, répression militaire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les violences sont encore montées d’un cran en Equateur. Quito s’est en effet enfoncé samedi dans le chaos malgré l’entrée en vigueur d’un couvre-feu et du contrôle militaire, au 11e jour d’une crise sociale sans précédent. En milieu d’après-midi, plusieurs nuages de fumée surplombaient la ville située à 2.850 mètres d’altitude, reflétant les tirs croisés de fusées artisanales et de grenades lacrymogènes entre manifestants et forces de l’ordre.
Un journal et une chaîne de télévision attaqués
Des manifestants encagoulés ont en outre mis le feu au bureau de l’Inspection générale des finances, dans le nord de Quito. Le bâtiment a été attaqué à l’aide de cocktails Molotov et, peu après, un groupe d’hommes, la plupart avec le visage masqué ou portant des casques, y est entré, le saccageant. Selon le parquet, 34 personnes ont été arrêtées.
D’autres attaques ont visé les locaux de la chaîne de télévision Teleamazonas et du journal El Mercurio à Quito. Les images ont montré des vitres brisées, un véhicule incendié et une forte présence policière sur place. « Pendant près d’une demi-heure, nous avons été attaqués, ils ont commencé à nous jeter des pierres, à forcer les portes et ensuite à lancer des cocktails Molotov », a raconté à l’antenne de Teleamazonas le présentateur
Le mouvement indigène, fer de lance de la contestation, s’est empressé de démentir toute implication dans ces attaques. « Nous allons rétablir l’ordre dans tout l’Equateur », a pour sa part assuré samedi le président Lenin Moreno. Selon les manifestants, c’est pourtant lui qui est à l’origine de la crise du fait de son annonce de réformes, imposées par le Fonds monétaire international (FMI) en contrepartie d’un prêt de 4,2 milliards de dollars.
Un dialogue direct finalement accepté
Les différents acteurs semblent toutefois vouloir trouver une porte de sortie. Lenin Moreno a pour cela fait une offre de dialogue. « Après un processus de consultation avec les communautés, organisations, peuples, nationalités et organisations sociales, nous avons décidé de participer (à ce) dialogue direct », lui a répondu samedi la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur (Conaie). La veille, cette même organisation avait d’abord dit non, estimant que cette offre de dialogue manquait « de crédibilité » et exigeant d’abord que soit « abrogé » le décret supprimant les subventions sur le carburant, la mesure la plus controversée car elle implique une hausse de plus de 100 % des prix à la pompe. Le dialogue se fera finalement dimanche.
Confronté à la pire crise depuis son élection en 2017, le chef de l’Etat avait déjà transféré, lundi, le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest), tandis que l’état d’urgence avait été décrété pour 60 jours, avec le déploiement de 74.000 militaires et policiers. Depuis le 3 octobre, le bilan des manifestations est de six morts, 937 blessés et 1.121 arrestations, selon le bureau du Défenseur du peuple, organisme public de défense des droits.




