[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

    Actualités et analyses [RSS]

    Lire plus...

    Newsletter

    Twitter

    Labourer le terrain, semer les graines

    Brève publiée le 16 novembre 2019

    Tweeter Facebook

    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/labourer-le-terrain-semer-les-graines/

    La deuxième édition de la Semaine Antiraciste du 20è s’est tenue à Paris du 21 au 29 septembre, avec plus d’une dizaine d’événements (débats, projections, tournoi de foot,…) organisés par les huit collectifs et associations  engagés dans l’Assemblée Antiraciste de l’arrondissement (Collectif des Sans Papier, Collectif Vingtième Solidaire avec tout.e.s les migrant.e.s, Ménilmontant Football Club 1871, COllectif Pour l’Avenir des Foyers…) Les militant.e.s d’A2C Paris 20 reviennent sur sa genèse pour en tirer le bilan politique. 

    L’idée d’une semaine antiraciste rassemblant les différents collectifs de lutte agissant sur les question antiracistes dans les quartiers populaires, mais en voie de gentrification, de notre arrondissement a pris corps il y a donc un peu plus d’un an. 

    L’organisation autonome des sans-papiers source de dynamique

    Le contexte dans lequel s’enracine cette idée est celui d’une relance de la dynamique de lutte antiraciste, au niveau national comme localement. Ici, cela se traduit en particulier par la création d’un Collectif des Sans-Papiers Paris 20 (CSP20), qui a rapidement atteint plusieurs centaines de membres. Se réunissant hebdomadairement, traduisant les réunions en « langues locales » (Soninké, Bambara, Peul,…) pour permettre la participation de tous (à l’époque le CSP était exclusivement masculin), ses membres ont pris en charge, avec le soutien des militant.e.s du Collectif Vingtième Solidaire, la mobilisation pour les manifestations antiracistes parisiennes comme le 16 mars 2018, le 18 décembre 2018, le 17 mars 2019. En assurant des tractages et des collages, des porte-à-porte dans les foyers de travailleurs immigrés, en proposant des départs collectifs, en organisant la participation collective des sans-papiers aux fronts de luttes locaux comme aux manifestations syndicales, le CSP a ancré la lutte antiracistes dans la réalité de l’arrondissement et est vite apparu comme un des espaces militants les plus dynamiques de celui ci. 

    Cortège du CSP 20

    Précisons que le CSP20 se crée dans le contexte de la lutte des foyers de travailleurs immigrés, que les bailleurs veulent transformer en résidences sociales, et notamment contre les travaux au foyer des Amandiers. C’est de la rencontre entre des habitants sans papiers des foyers et les militant.e.s venu.e.s en soutien que naît l’idée d’un collectif autonome pouvant compter sur le soutien du Collectif Vingtième Solidaire avec tout.e.s les migrant.e.s, crée en 2015, en soutien à l’occupation du lycée Jean Quarré, avec le but de soutenir et populariser les luttes des migrant.e.s sur l’arrondissement. 

    De la lutte conte la loi « Asile – Immigration » à la première semaine antiraciste

    La lutte contre la loi « Asile – Immigration », qui, dans la droite ligne de toutes « les loi, décrets et circulaires racistes, qu’ils soient de droite ou « socialistes », » durcit les conditions d’accueil et aggrave les conditions de survie des migrant.e.s sur le territoire, fut un moment particulièrement important dans l’affermissement des liens entre activistes sans papiers et personnes solidaires, mais aussi dans l’élargissement du soutien. 

    C’est à ce moment, et en particulier avec la double manifestation hommage à Clément Méric / Contre la loi Asile – Immigration partie de la Mairie du 20ème le 5 juin 2018 que l’idée d’une semaine Antiraciste, permettant aux différents collectifs de l’arrondissement de proposer des événements dans un cadre commun afin de se rencontrer et de militer ensemble a commencé à se concrétiser pour la mi-octobre. 

    Malgré une organisation reposant sur un petit noyau de personnes, la dynamique qui portait les différents collectifs, en particulier le CSP20, a permis que cette semaine soit une vraie réussite, notamment en termes de participation aux activités proposées (entre 50 et 100 personnes chaque soir), qui a culminé avec une déambulation à 150 dans les rues de l’arrondissement. 

    C’est lors de l’assemblée de clôture de cette première semaine, sur proposition de camarades du CSP20, que fut adopté le principe d’une Assemblée Antiraciste mensuelle, ouvertes à tou.te.s afin de continuer à tisser les liens entre les différents collectifs et leur membres. 

    Cette Assemblée a pris en charge l’organisation d’un week end anti-raciste début mars dans le cadre de la mobilisation pour le 17 Mars 2019, lancé par la Marche des Solidarités.

    Essoufflement des dynamiques, questionnements stratégiques

    Après ces premiers succès, qui ont permis à l’antiracisme de (re)devenir une réalité concrète dans les quartiers de l’arrondissement, continuer à travailler ensemble est apparu comme une évidence. 

    Pourtant, bien que capable d’apporter, autant que faire se peut, des réponses collectives aux difficultés rencontrées, d’offrir la protection d’un collectif de lutte, et aussi d’avocats, le CSP 20 et les soutiens devaient réfléchir à comment gagner des papiers pour tou.te.s. 

    C’est ainsi que fut lancé, à la suite du succès de la manifestation du 18 décembre 2018, journée internationale des migrant.e.s, à laquelle appelait pour la première fois la confédération de la CGT, la campagne « Egaux, Egales, Personne n’est illégal » avec comme perspectives des grèves et des occupations pour gagner par la lutte la régularisation de tous les sans papiers. 

    Cette stratégie qui combine ancrages locaux, blocages économiques et actions d’occupation suppose une unité d’action qui n’a pu pour l’instant se mettre en œuvre, les décisions d’agir en solo prenant trop souvent le dessus. 

    Les actions médiatiques, sans relais sur les autres formes de luttes ont pu apparaître comme un substitut à certains. Les débats stratégiques se sont réduits à une opposition stérile entre construction locale et actions d’éclats et ont paralysé les collectifs, notamment le CSP20.

    Une seconde édition en demie teinte, mais porteuse d’espoir

    C’est dans ce contexte que la seconde édition de la semaine antiraciste du vingtième a été organisée. Son bilan peut sembler paradoxal. La surface militante s’est incontestablement élargie, aux collectifs parti prenant se sont agrégés d’autres participants, des plus « institutionnels », mais qui refusent toute subvention qui remettrait en cause leur principe d’accueil inconditionnel, comme l’association Autre Monde ou la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (qui a rappelé lors de la soirée au Saint sauveur son acte de naissance antifasciste et son attachement à la solidarité internationale, de l’Espagne Républicaine d’alors à la Résistance Palestinienne d’aujourd’hui), aux plus « alternatifs » comme le collectif Quartier Libre et Nogozon ou la Cantine des Pyrénées. Ainsi, de débats en tournoi de foots, de projections en soirée festives, ce sont presque vingt événements, parfois en doublon sur une soirée qui ont été proposés. Et si la participation aux activités organisées par chacun des collectifs a été importante, certains événements, en particulier la déambulation du samedi ont pâti d’un manque de prise en charge collective. 

    Pour autant, au moment où le poison de la division et des querelles de clochers menacent la fragile reprise des luttes antiraciste de terrain, prouver que quand on se met ensemble pour construire localement porte ses fruits est déjà une victoire… qui en appelle bien d’autres.  C’est ce que montre par exemple la réussite de la manifestation organisée par le CSP20, le jeudi suivant cette seconde édition, à la mairie de Gambetta pour exiger un rendez-vous et des réponses à ses revendications. 

    Les militant·e·s d’A2C 20è