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Motion adoptée à l’AG éducation de Nancy du 5/12/2019
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Motion adoptée à l’AG éducation (1er et 2nd degré) de Nancy du 5/12/2019
Le projet des réformes de retraites Macron-Delevoye, visant à instaurer un système de retraites par points conduirait à la suppression de toute garantie sur le montant de nos pensions, à leur diminution drastique, au recul de l’âge de départ, à l’aggravation des inégalités, à la dégradation accrue de la situation des femmes, et tout particulièrement des mères de famille nombreuses, cassant toute solidarité. Il n’est ni amendable ni négociable : aucune « contrepartie » ne pourrait compenser les pertes engendrées par la réforme. Nous revendiquons le retrait pur et simple de ce projet et nous opposons à toute mesure qui diminuerait nos futures retraites (recul de l’âge de départ, aggravation des pénalités en fonction des trimestres manquants etc.).
Le gouvernement et ses relais médiatiques répandent des « fake news » et tentent de diviser les salarié.e.s parce qu’il sait qu’il ne pourrait pas gagner contre une grève interprofessionnelle.
Le déficit des caisses de retraites est artificiellement creusé avec des exonérations de cotisations sociales, de moins en moins compensés par l’Etat. Les chiffres montrent qu’il existe même des excédents. Le COR prévoit au pire un déficit de 27 milliards, mais le fonds de réserve des retraites s’élève à 32 milliards.
Il est faux de prétendre que la valeur du point pourrait ne pas baisser, comme a osé l’écrire JM Blanquer. C’est au contraire le principe même d’un système à points qui permettra de baisser les retraites, comme l’a expliqué François Fillon. Si le montant des retraites est limité à 14% du PIB et si le nombre de retraité.e.s augmente beaucoup (18,6% en 2019 et 25,2% en 2050), cela ne peut que faire diminuer le montant des retraites.
Il est faux que le régime de retraites Macron-Delevoye serait universel : il prévoit de maintenir les régimes spéciaux de la police, des gardiens de prison et des militaires.
Il est faux de prétendre que certains secteurs comme les cheminot.e.s, les agents de la RATP, etc. seraient des « privilégiés ». D’abord, les chiffres répétés en boucle dans les médias sont de l’ordre de la manipulation, mélangeant les rémunérations des cadres avec celle des agents non cadres. Ensuite, si la pénibilité des métiers (horaires décalés, travail de nuit, respiration de poussières, etc.) est reconnue par leur régime de retraite, ce n’est que justice.
L’injustice consiste au contraire :
- à ce que la pénibilité de nombreuses professions n’ait jusqu’ici aucun impact réel sur leur droit à la retraite. Les ouvrier.e.s et les employé.e.s ont une espérance de vie d’environ 7 ans inférieure aux cadres ainsi que une espérance de vie en bonne santé encore réduite, mais elles et ils partent en retraite au même âge.
- de façon plus générale ce sont toujours les salarié.e.s qui sont contraint.e.s de se serrer la ceinture, tandis que les vrais privilégié.e.s, les grandes fortunes, les grandes entreprises, les hauts fonctionnaires et les cadres supérieurs sont toujours plus riches.
Nous affirmons qu’il y a bien assez de richesses dans ce pays pour financer les retraites dans le système actuel et même pour les améliorer substantiellement. En ce sens, nous refusons donc aussi le modèle de société qui est derrière le projet de réforme des retraites. Nous refusons de nous serrer encore la ceinture : c’est au patronat et aux riches de payer !
La mobilisation considérable de ce jour, avec des taux de grévistes exceptionnels dans de nombreux secteurs et la participation des entreprises privées à un niveau peu habituel, montre l’opposition majoritaire au projet du gouvernement et montre qu’il est possible de lui infliger une défaite.
Pour gagner, une journée de grève ne sera pas suffisante, même si elle est très massive, comme ce 5 décembre ; une grève reconductible de certains secteurs ayant une forte capacité à paralyser l’économie – comme les cheminot.e.s, la RATP, les raffineries, les routiers - non plus. C’est une véritable grève interprofessionnelle jusqu’au retrait qui sera nécessaire.
Il est essentiel de la construire avec toute notre énergie dès aujourd’hui. En effet, sans cela, non seulement nos retraites s’effondreraient, mais le gouvernement aurait la voie libre pour durcir encore ses réformes contre les salarié.e.s. Nous ne devons pas craindre le coût de la grève, car si nous laissons passer cette réforme nous perdrions des sommes considérables tous les mois, environ l’équivalent de 60 jours de grève par an.
Dans de nombreuses professions et régions, et y compris dans l’éducation nationale, les salarié.e.s décident en ce moment même de reconduire la grève.
Pour renforcer encore la mobilisation, nous demandons aux syndicats d’appeler à la grève reconductible à partir du vendredi 6 décembre et jusqu’au retrait de la réforme.
L’AG appelle à reconduire la grève dès le 6 décembre jusqu’au retrait et à la construire en faisant s’adressant aux personnels qui ne sont pas encore en grève reconductible et en faisant des tournées d’établissements.
Nous mettons en place une coordination des AG des personnels des établissements scolaires (1er degré, 2nd degré et sup, enseignant.e.s, AED, administratifs, agents, etc.).
Nous appelons à la mise en place d’une coordination inteprofessionnelle sur Nancy et ses environs et nous proposons une première réunion en ce sens ce mardi.




