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    Algérie. Une présidentielle marquée par une abstention historique

    Algérie

    Brève publiée le 13 décembre 2019

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    https://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-une-presidentielle-marquee-par-une-abstention-historique.html

    Par Samir Allam

    Le taux final de participation globale à l’élection présidentielle du 12 décembre a été de 39,93%, a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Le taux de participation de la communauté nationale établie à l’étranger a été de 8,69%, alors que celui au niveau national est de 41,14%, soit un taux global de 39,93%.

    Il s’agit du taux le plus faible jamais enregistré dans une élection présidentielle « pluraliste » en Algérie. A titre de comparaison, le taux de participation a été de 75,68% en en 1995, 60,91% en 1999, 58,08% 2004, 74,56% en 2009 et 50,7% en 2014, l’année du contesté quatrième mandat de Bouteflika.

    Autre particularité de cette présidentielle : une participation quasi-nulle dans deux wilayas: Bejaia et Tizi Ouzou où la journée de jeudi a été marquée par des manifestations, avec des violences.

    A Bejaia, la participation a été de seulement 0,21%, soit «1181 électeurs», souligne la page Bejaia Sois L’Observateur ce vendredi matin. Avant de s’interroger: «D’où provient ce taux, sachant que tous les bureaux de vote ont été fermés?»

    Le scrutin a également été perturbé dans des localités situées à Boumerdès, Bouira, Bordj Bou Arreridj, Sétif et Jijel. Des manifestations ont eu lieu tout au long de la journée dans plusieurs wilayas : Alger, Constantine, Bordj Bou Arreridj, Bejaia, Bouira, Tizi Ouzou, Tlemcen… Plusieurs dizaines d’arrestations ont été enregistrées à travers le pays. A Alger, la police a réprimé les manifestants en fin de journée. Des incidents ont éclaté dans le quartier populaire de Belcourt.

    Hier soir, le candidat Abdelmajid Tebboune arendiqué une nette victoire, avec plus de 64% des voix [58,15% selon le «résultat officiel» communiqué le 13 décembre à 11h]. «Il n’y aura pas de second tour. Les rapports des directeurs de campagne de wilayas, après la fin de l’opération de dépouillement des bulletins de notre candidat au niveau national, montrent la victoire d’Abdelmadjid Tebboune avec 64% des voix», a déclaré à TSA son directeur de campagne Mohamed Laagab.

    M. Laagab a ajouté que «dans 35 wilayas, M. Tebboune a obtenu plus de 65% des suffrages exprimés», et dans les 13 wilayas restantes, «il a obtenu entre 42% et 56% des voix». Mais trois autres candidats, Bengrina, Belaid et Mihoubi, revendiquent timidement un second tour.

    Les premiers résultats seront annoncés ce vendredi 13 à 11 heures par l’ANIE lors d’une conférence de presse. (Article publié par TSA, le 13 décembre 2019)

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    Une abstention record, dans un contexte de contestation massive

    Abdelmadjid Tebboune, ancien ministre puis chef de gouvernement du président Abdelaziz Bouteflika, a remporté, dès le premier tour, l’élection présidentielle en Algérie, a annoncé vendredi 13 décembre l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

    M. Tebboune a recueilli 58,15 % des suffrages, a indiqué le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, lors d’une cérémonie officielle, au lendemain d’un scrutin marqué par une abstention record et qui s’est déroulé dans un contexte de contestation massive et inédite du régime au pouvoir en Algérie depuis l’indépendance en 1962.

    Seul le 39,93% des inscrits ont voté, jeudi, au premier tour (41,41 % sur le territoire national et 8,69 % pour les Algériens de l’étranger) selon Mohamed Charfi [président de l’ANIE]. Ce taux est le plus faible de toutes les présidentielles pluralistes de l’histoire de l’Algérie. Il est inférieur de plus de 10 points à celui du précédent scrutin – le plus faible jusqu’ici – qui, en 2014, avait vu la quatrième victoire de M. Bouteflika.

    Démonstration de force du Hirak

    Le Hirak, le « mouvement » de contestation populaire massif et inédit du régime qui a contraint M. Bouteflika à la démission, rejetait catégoriquement la tenue de cette élection, vue comme un moyen de se régénérer pour le « système » au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962. Ce mouvement exige la fin de ce « système » et le départ de tous les anciens soutiens ou collaborateurs des vingt ans de présidence Bouteflika. Ce qu’étaient les cinq candidats: Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi, Abdelmajid Tebboune.

    Morne dans de nombreux bureaux de vote, la journée de jeudi a été marquée à Alger par une démonstration de force du Hirak qui a bravé un très fort déploiement policier pour défiler en masse en scandant « Makache l’vote ! » (pas de vote !). Une foule estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes est parvenue à envahir les rues du centre de la capitale, malgré les interventions systématiques et souvent brutales de la police à chaque tentative de rassemblement. (Site du Monde, 13 décembre 12h59)

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    https://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-le-peuple-ne-reconnait-pas-lelection-organisee-par-le-systeme-lheure-est-a-lauto-organisation.html

    Par Samir Larabi

    Le 12 décembre, le pouvoir en place, le pouvoir de fait, incarné par l’état-major, a donc organisé une élection. Il a mobilisé toutes les forces dont il dispose en termes de forces de sécurité et de réseaux d’allégeance pour imposer un passage en force. Mais dans toute l’Algérie, le peuple est sorti dans la rue pour dire non aux élections qui sont menées par l’ancien régime.

    Jeudi 12 décembre, le peuple a démontré qu’il a résisté à toutes les campagnes d’intimidation, à la propagande officielle dans toutes les chaînes de télévision, dans tous les journaux qui, pendant quinze jours, ont mené campagne contre une soi-disant intervention étrangère de l’Union européenne, en utilisant l’épouvantail du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, en utilisant d’autres épouvantails pour faire peur au peuple et l’inciter à aller voter.

    Le peuple a voté dans la rue

    Nous étions des milliers à Constantine, l’une des plus grandes marches jamais vues dans cette région. Ils étaient des centaines de milliers à Alger, durant la journée et jusqu’à tard dans la nuit. Et partout en Algérie. En Kabylie, notamment à Bejaïa qui a vécu une grève générale, le vote n’a pas eu lieu. Aucun centre de vote n’a été ouvert, à part celui qui est à proximité d’une caserne où ils ont été obligés de casser un mur de la caserne pour permettre aux soldats d’aller voter discrètement, devant les émeutes présentes devant le centre de vote, car la population voulait protéger son vote.

    Hier, l’élection était donc un passage en force, mais c’était prévisible. Aujourd’hui, le combat continue, en posant plus que jamais la nécessité de notre organisation. Car hier nous avons observé que dans toutes les régions, toutes les communes, tous les lieux où il y a eu des collectifs auto-organisé, des comités populaires, il n’y a eu aucun vote, aucun dépassement. Au contraire, il y a eu zéro votant, sans aucune violence.

    L’organisation est donc plus que jamais à l’ordre du jour

    En même temps que nous revendiquons le «système dégage» [sytème signifie régime], nous devons construire l’alternative à ce système. Il est inimaginable pour tout le monde de faire chuter un système sans avoir préparé le système alternatif, c’est-à-dire un pouvoir populaire basé sur l’auto-organisation, que ce soit des comités d’usine, des syndicats combatifs et surtout des comités populaires dans toutes les régions d’Algérie. C’est sa construction, la dynamique de construction de l’auto-organisation qui remplacera le système en place.

    Ils vont désigner un candidat parmi eux, parmi les cinq candidats, qui sont tous issus du même régime, qui étaient premier ministre, ministres, chefs de cabinet ou autre chose. A première vue ce sera Madjid Tebboune, dont le nom est intimement lié à l’affaire des 701 kilos de cocaïne. [Le fils de l’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, Abdelmadjid Tebboune – Khaled Tebboune – a été repéré par les enquêteurs sur l’affaire de saisie de 701 kg de cocaïne au port d’Oran, dans le bureau du promoteur immobilier, Kamel Chikhi, selon Algérie-Liberté du 7 décembre 2019]

    Donc ce 43e vendredi, le peuple sera mobilisé pour crier «Tebboune cocaïne» et «pacifique, pacifique révolution continue». C’est ce qui va ressortir aujourd’hui. Ce ravalement de façade qu’ils veulent faire en remplaçant Bensalah n’a aucune chance d’aboutir. Mais pour qu’il puisse ne pas aboutir, il va falloir affirmer notre alternative, qui est un processus constituant, une assemblée constituante souveraine basée sur le contrôle populaire, sur l’auto-organisation, sur les besoins sociaux de la majorité du peuple. C’est cette alternative politique que nous devons mettre devant face à ce qu’ils vont nous proposer, qui ne sera qu’une autre façade de continuité du système libéral.

    Voilà ce que nous allons faire : continuer le combat, nous organiser mieux pour affronter le système et aller jusqu’au bout du changement radical qui est voulu par la majorité du peuple, la majorité de la jeunesse qui est le fer de lance de ce mouvement. (Déclaration publiée sur le site du Parti socialiste des travailleurs (PST), le 13 décembre 2019)