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Cinq éléments qui expliquent la profonde crise en Argentine
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BOURSORAMA AVEC AFP SERVICES•24/12/2019
L’Argentine, la troisième économie d’Amérique latine, frappée par la récession, l’inflation et l’explosion de la pauvreté se retrouve en « défaut (de paiement) virtuel », selon son nouveau président, rappelant la situation de 2001 lorsque ce pays avait connu la pire crise économique de son histoire. Voici cinq éléments principaux de cette crise économique que tente de juguler le nouveau président argentin, Alberto Fernandez, qui a pris ses fonctions le 10 décembre :
Un bureau de change à Buenos Aires, en Argentine, le 25 octobre 2019. ( AFP / RONALDO SCHEMIDT )
o INFLATION
L’Argentine est un des rares, parmi les pays émergents et en voie de développement, à ne pas avoir réussi à contrôler l’inflation. Alors que pour le groupe de ces pays, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une hausse moyenne des prix de 4,7% fin 2019, la perspective pour l’Argentine est de 57,3%, un taux parmi les plus élevés du monde.
En 2018, ce pays sud-américain avait déjà enregistré une inflation de 47,6%, creusant une tendance qui avait débuté avec la crise de 2001, lorsque l’Argentine était sortie d’une période de onze année de parité entre le peso et le dollar.
La forte dépréciation de la monnaie (38% depuis janvier, 70% depuis début 2018) entraîne une importante augmentation des prix.
Alberto Fernandez a décrété le gel des tarifs des services publics pendant six mois, après une hausse d’environ 1.000% sous le mandat de son prédécesseur Mauricio Macri, qui avait supprimé les prix plafonds et les subventions mis en oeuvre pendant les années des présidents Nestor et Cristina Kirchner (2003-2015).
o RÉCESSION
L’Argentine est en récession depuis le deuxième trimestre 2018, avec une contraction du PIB de 2,5% en 2018. Selon le FMI, la baisse devrait atteindre 3,1% en 2019 et 1,3% en 2020. L’économie se contracte depuis 17 mois consécutifs.
Le nouveau gouvernement veut relancer l’économie, en soutenant la consommation et en exonérant d’impôts les petites et moyennes entreprises, un secteur majeur pour freiner la perte d’emplois. Le taux de chômage s’élève à 10%.
o PAUVRETÉ
L’augmentation de la pauvreté qui touche 40% des 44 millions d’Argentins est une source majeure de préoccupation. Avant la prise de ses fonctions par M. Fernandez, le Parlement a voté une loi d’urgence alimentaire pour allouer davantage de fonds à des programmes sociaux.
Le nouveau président a lancé un plan pour organiser un Conseil fédéral « contre la faim », associant l’Etat, des entreprises et des organisations sociales, pour la distribution de cartes permettant l’achat de denrées alimentaires.
o DÉFICIT
Soumise à un sévère plan d’austérité mis en place sous le gouvernement de Mauricio Macri (2015-2019) en échange d’un prêt du FMI de 57 milliards de dollars en 2018, l’Argentine a réussi à faire passer son déficit budgétaire de 7% du PIB en 2015 à 0,9% en 2019.
Le FMI a déjà débloqué 44 milliards de dollars. Le nouveau président argentin dit vouloir renoncer au reste du prêt.
o DETTE
La dette s’élève à 335 milliards de dollars, dont les 44 milliards du FMI. Les agences de notation évaluent la dette argentine à près de 100% du PIB. La dette représentait 52,6% du PIB en 2015.
Alberto Fernandez, qui a réaffirmé que l’Argentine était en « défaut virtuel » depuis que son prédécesseur a demandé fin août un rééchelonnement de la dette, a dit que son pays rembourserait sa dette, mais à condition que l’économie retrouve la croissance et génère des dollars. « Pour pouvoir payer, il faut avoir la capacité de payer et pour cela il faut de la croissance », estime-t-on au sein du gouvernement.
Vendredi, Buenos Aires a repoussé unilatéralement au mois d’août le remboursement de neuf milliards de dollars de dettes libellées en dollars. Les agences de notation Standard and Poor’s et Fitch avaient alors abaissé la note attribuée à l’Argentine à « RD » (« défaut sélectif »), c’est-à-dire lorsque l’emprunteur n’a pas honoré une partie de ses obligations, mais qu’il rembourse ses autres emprunts à temps. Fitch l’a finalement relevée lundi.




