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Royaume-Uni: Johnson augmente le SMIC de 6,2%
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Premier ministre conservateur porte le Smic britannique au dessus de celui en vigueur sur le sol français. Etrange pour un conservateur ? Pas si sûr.
Le haut clergé social-démocrate en perdrait son latin. Boris Johnson, présenté par les prélats de la gauche bruxelloise en brexiter « néolibéral », « antisocial », « ultra-individualiste » et autres épithètes dérivées du thatchérisme bas du front, vient de prendre les persiffleurs à leur propre piège. A son initiative, le salaire minimum augmentera de 6,2% en avril prochain. Un coup de pouce remarquable, cinq fois supérieur à la hausse automatique consentie aux Français par décret en ce début d’année (+1,2%).
Mieux, l’heure de travail au « Smic britannique » rapportera 10,24 euros, quelques pennys supplémentaires mais très symboliques par rapport à la France (10,15 euros) et 10% de plus comparé à l’Allemagne, le modèle du compromis centre droit-centre gauche. Certes, même sous la législation sociale de Boris Johnson, les londoniens rétribués au salaire minimal ne rouleront pas sur l’or. Mais, il en va malheureusement de même à Paris. Sur la foi de l’enquête annuelle réalisée par les banquiers suisses d'UBS – très tatillons sur les questions d’argent – le coût de la vie dans les deux capitales se situe au même niveau. Même équivalence entre Lyon et Manchester selon les pointages du site numbeo.com.
SOCIAL-LIBÉRALISME DESTRUCTEUR
Alors évidemment, Johnson et le parti conservateur, dans leur histoire respective, ne brillent pas par une politique salariale particulièrement généreuse. Le code du travail sous l’empire des Tories tend plutôt à s’alléger pour prendre un peu plus de poids quand le Labour revient au pouvoir. Ce renversement tient en fait à cette saine loi démocratique : la décision politique doit coller un minimum à la sociologie électorale. La classe politique française l’oublie tant ses reniements de campagne s’additionnent au fil des alternances, mais un pouvoir fraîchement élu ne peut ignorer complètement le profil de ses électeurs et surtout de ses nouveaux suffrages. Or, justement, BoJo compte parmi ses frais soutiens des bastions populaires jadis détenus par la gauche, démonétisée par les errements idéologiques de Jeremy Corbyn et le social-libéralisme destructeur d’emplois industriels du tandem Tony Blair et Gordon Brown.
Pour maintenir un alliage (« populiste ? ») fait de gentry traditionnelle et de middle Class, d’esprit victorien et de cols bleus sans victoire, unis dans la critique de l’Europe et du « no-border », le nouveau Prime Minister doit jouer à front renversé. Encore un symbole : la hausse du Smic concédée par le conservateur (+6%) correspond à la baisse du coût du travail décidée via le CICE par le socialiste François Hollande (-6%). Troublante symétrique où la droite anglaise de 2019 résiste à la pression du patronat local déjà vent debout, quand la gauche française de 2012 y cédait au nom de la compétitivité des entreprises. Johnson ne vient-il pas de piquer à Hollande le bel étendard socialiste ? Le poing de la fermeté sur le Brexit avec ou sans deal et la rose de la générosité avec le Smic. Plus précisément la rose Tudor, l’emblème héraldique de l’Angleterre.




