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Italie - à l'aciérie Ilva de Tarente : aux patrons de payer !

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Brève publiée le 21 décembre 2012

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Lutte ouvrière) Depuis des mois, l'inquiétude règne parmi les 15 000 travailleurs de l'aciérie Ilva de Tarente, au sud de l'Italie. Les études ont démontré la nocivité des émissions de l'aciérie, tant pour les ouvriers que pour la population de la ville, mais son patron, la famille Riva, se refuse depuis des années à engager les travaux nécessaires pour mettre fin à cette pollution.

En juillet dernier, une juge a été jusqu'à ordonner la fermeture de l'usine du fait de sa nocivité mais, depuis, les dirigeants de l'Ilva se livrent à un chantage, disant en substance à la population et aux travailleurs qu'il leur faut choisir : ou ils accepteront de vivre avec cette pollution, et peut-être d'en mourir, ou bien ils n'auront plus ni travail, ni salaire.

L'article suivant est extrait du journal de nos camarades italiens, l'Internazionale (n° 116 de décembre 2012).

Le 26 novembre, la juge d'instruction Patrizia Todisco a décidé la mise sous séquestre des produits finis de l'aciérie. Le gouvernement a réagi en faisant siennes non pas tant les préoccupations des travailleurs que celles de la famille Riva, patronne de l'entreprise. Les expertises sur lesquelles s'est basée dès le début la juge de Tarente font état de 164 morts dues de façon certaine à la pollution de l'Ilva, ainsi que de « phénomènes dégénératifs se traduisant par la maladie ou la mort » parmi la population locale. Mais le gouvernement n'en a pas moins décrété que la production doit continuer, parallèlement à l'assainissement des installations et du territoire.

Combien de morts et de malades chroniques coûtera encore ce « parallèlement »? Il semble que personne au gouvernement ne se soit posé cette question, ni même le président Napolitano qui a signé ce décret. Mais, quelle que soit la conclusion de l'affaire, la question qui demeure dans l'ombre est : qui paiera ? Le coût de l'assainissement est estimé à quatre milliards d'euros. Les membres de la famille détenant la propriété sont Emilio Riva et ses deux fils, Emilio et Fabio. Les deux premiers sont aux arrêts et le troisième, disparu depuis la fin novembre, serait allé à Miami et de là en République dominicaine, pays qui n'accepte pas l'extradition. Une grosse part du magot de la famille se trouverait dans des paradis fiscaux comme Guernesey ou le Luxembourg. Il est clair que la famille Riva tente de mettre son patrimoine à l'abri de toute injonction de payer qu'elle jugerait trop « onéreuse ».

En août, les Riva avaient envisagé un investissement de 90 millions comme première tranche, suivie d'une seconde de 46 millions, autrement dit « des miettes », comme l'avait écrit y compris le journal du patronat. Mais le ministre de l'Environnement, Clini, tranquillisait les Riva sur le fait qu'il y aurait des aides de Bruxelles, tandis qu'un autre ministre déclarait que 600 millions étaient à leur disposition pour un « contrat de programme ».

Maintenant on bavarde, dans les milieux gouvernementaux, sur le fait de transformer non seulement les aciéries, mais la ville de Tarente. C'est l'imagination au pouvoir ! Jusqu'à présent, ils ont accepté que les gros profits de l'Ilva (deux milliards et demi entre 2008 et 2011) s'accumulent, au prix de cancers, de stérilités et autres pathologies frappant en particulier les habitants des quartiers proches de ce qui est la plus grande aciérie d'Europe.

Maintenant, ils voudraient nous faire croire que Tarente et ses alentours deviendront une sorte de parc naturel.

Le secrétaire de la FIOM (fédération de la métallurgie CGIL), Landini, a déclaré que, vu le coût élevé de la dépollution, l'État doit intervenir. Mais la seule façon d'éviter que ce soit le énième cadeau à des patrons milliardaires serait la réquisition de l'établissement sans aucune indemnité, et parallèlement la mise sous séquestre des biens de la famille Riva.

Voilà ce qui permettrait, pendant l'arrêt des installations polluantes et les travaux de transformation et d'assainissement, d'assurer le paiement de leur plein salaire aux travailleurs de l'acier. Dans un pays où n'importe quel gérant d'un gril-bar doit suivre de coûteuses procédures pour évacuer ses huiles usées, et c'est bien normal, on ne voit pas pourquoi un producteur d'acier ne devrait pas suivre au moins les mêmes règles.