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    Clash interne à la CGT-HPE

    CGT

    Brève publiée le 21 janvier 2020

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://ouvalacgt.over-blog.com/2020/01/clash-interne-a-la-cgt-hpe.html

    Tout le monde connait désormais le combat acharné des personnels de ménage de l’hôtellerie pour la réintégration de la sous-traitance et l’égalité des droits avec le personnel en fixe. Les luttes se succèdent, longues, âpres, dures – mais avec les victoires que l’on connait : un des seuls secteurs économiques où le combat pour la ré-internalisation de la sous-traitance a été victorieux, exemple pour toute la société. Dernier en date le Campanile Gennevilliers en juillet 2019, où le sous-traitant ASILYS a été éjecté.

    En ce moment, c’est le combat des femmes de ménage de l’Hôtel Ibis de Batignoles qui suscite l’admiration, contre le négrier sous-traitant bien connu STN, contre la World Company Accor, pour obtenir la ré-internalisation. Et c’est une grève de six mois (oui, six mois !!) qu’il faut encore et toujours soutenir en participant aux actions (voir le site de la CGT-HPE et leur page Facebook) et en participant massivement à la collecte (voir ICI), collecte qui marche très bien et permet à la grève de tenir. La solidarité est notre arme !

    Ces conflits à répétition dans l’hôtellerie parisienne sont le fait du syndicat CGT-HPE (Hôtels Prestige et Economiques). Un syndicat sur une base de classe, extrêmement actif et combatif, que tout le milieu syndical et militant de la région parisienne connaît bien.

    La lutte de ligne au sein de la CGT-HPE

    Mais, comme dans tous nos syndicats, la vie n’est pas simple et linéaire. Depuis des années il y a des tensions, des contradictions qui ont pris au fil des mois une tournure antagonique.

    Tous les articles sur l'histoire agitée de la CGT-HPE ICI

    Tout a commencé début 2019 par la fronde d’un certain nombre de membres de la CE (dont Yaya Sanon, le secrétaire général du syndicat, par ailleurs DSC CGT du Groupe Louvre Hôtels), appuyés par quelques autres membres de la CE, des salarié.es permanent.es, une professeure de formation (par ailleurs au PC sur des positions ultra-réformistes – réussir à ne pas utiliser une seule fois le mot concurrence dans une formation économique, il faut quand même le faire !!).

    Comme toujours dans la CGT, l’attaque n’a pas lieu sur le fond des positions mais sur des dérivatifs : attaques personnelles, accusations de détournement financiers (sans le début de moindre commencement de preuve) etc. Menaces de licenciements, de poursuites judiciaires, constats d'huissiers, échanges de noms d’oiseaux, les mois qui suivent sont rock’n’roll.

    Mais le fond de l’affaire qui est masqué, c’est que les opposants qui s’affichent désormais contestent la ligne radicale de la CGT-HPE et prônent une orientation plus « cool » à l’égard des employeurs. Le « meilleur » exemple est la participation de Yaya Sanon à un voyage en Chine, tous frais payés par la direction au titre de la rencontre avec la direction générale chinoise de Louvre Hôtels. Participation sans aucune autorisation des syndiqués, alors que c’est, évidemment, une marque de corruption patentée.

    Donc deux orientations qui s’affrontent, mais comme d’habitude sous de faux prétextes.

    Un calme provisoire

    Les deux parties acceptent alors la médiation de l’UD de Paris, qui parvient à maintenir la structure en l’état, tout en ne réglant rien du tout dans l’attente d’un nouveau congrès, ordinaire ou extraordinaire.

    Situation précaire, où la fraction de classe – majoritaire – poursuit son travail de mobilisation et d’organisation, et où les opportunistes corrompus sont dans l’attente sans rien faire par ailleurs…

    Le dénouement

    La situation se dénoue finalement assez simplement quoique de manière inattendue : Yaya Sanon, secrétaire général de la CGT-HPE et DSC CGT Louvre Hôtels décide de passer à FOavec un de ses acolytes, se fait élire au CSE sur cette étiquette et obtient dans la foulée le mandat de DSC FO (voir les documents ci-contre, ce n’est pas un fake) ! Une autre membre de la CE minoritaire passe à la CFDT.

    Les choses sont désormais claires : les opportunistes et corrompus rejoignent les syndicats qui leur ressemblent et où ils seront plus à leur aise, à l’instar de la Propreté Ports et Docks totalement vendue aux exploiteurs.

    Qu’on soit bien clair : leur ralliement est bien la marque de leur opportunisme et de leur réformisme. Ce n’est pas Solidaires ou la CNT-SO qu’ils ont rejoints, mais FO et la CFDT. C’est un choix sans ambiguïté.

    On pouvait penser l’affaire réglée et l’ambiance du syndicat apaisée…

    Les ambiguïtés de l’UD CGT de Paris
    Mais revoilà l’UD à la manœuvre. Depuis toujours, c’est compliqué avec la CGT-HPE, avec de vieux contentieux entre l’US-Commerce et le syndicat. En janvier 2016, l’UD menace de désaffilier la CGT-HPE (« Nettoyage CGT : le syndicat HPE sur la sellette à l'UD de Paris à propos de sous-traitance »). Mais au final, c'est à l’inverse en novembre de la même année, la Propreté Ports et Docks qui est radiée par l’UD ! (« Propreté : le syndicat région parisienne radié de l’UD de Paris »). Au début du conflit en février 2019, l’UD de Paris joue un rôle positif de médiation, mais voilà qu’aujourd’hui, sous des prétextes obscurs (et vraiment obscurs) l’UD refuse de reconnaître les faits et donc la légitimité de la CE du syndicat, et le fait que les membres partis à FO et à la CFDT ne font évidemment plus partie de la CGT, et bien sûr encore moins n’ont plus aucune responsabilité dans le syndicat… Chacun sait qu’à la CGT, c’est la CE élue par le Congrès qui est souveraine.

    Voilà qu’il prend à l’UD de Paris de chicaner, de refuser une salle pour la réunion de la CE etc. Quel est encore une fois le fond de cette affaire ? L’UD regretterait-elle le départ d’un opportuniste corrompu à FO ? On va le savoir lors du congrès de l’UD parisienne qui s’ouvre demain…

    Pour conclure, nous publions ci-dessous le courrier intégral adressé aux syndiqués et aux structures qui fait le point sur cette affaire et met en demeure chacun.e de choisir son camp.