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Violences policières : Malgré les scandales, le pouvoir droit dans ses bottes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Crédit Photo: Photothèque Rouge / JMB
Les manifestations se suivent, et les violences policières se poursuivent. Mais, comme nous le signalions la semaine dernière, un certain plafond de verre a été percé avec certaines prises de positions, entre autres celles du journal le Monde, qui dépassent de très loin les cercles habitués à dénoncer les exactions commises par les forces dites « de l’ordre ». Jusqu’à atteindre les sommets de l’État ? On en doute…
Au cours des derniers jours, ce sont les images d’un homme, maintenu au sol, le visage ensanglanté, frappé par un policier, qui ont fait le « buzz ». Images filmées lors de la manifestation du 18 janvier à Paris, au cours de laquelle d’autres cas de violences policières ont été documentés, notamment par des journalistes indépendants.
Paroles, paroles…
Confronté à ces images, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a eu des mots comme il n’en avait encore jamais eus : « J’ai vu ces images, qui sont des images choquantes pour lesquelles le préfet de police a immédiatement saisi ses services pour les comprendre, pour voir s’ils peuvent trouver une explication. À l’heure qu’il est, je n’en vois aucune. » On remarquera toutefois qu’il ne condamne pas les violences du policier, et qu’il laisse la porte ouverte à des « explications » : « Il faut que la vérité soit faite sur cet acte et que nous le comprenions. S’il y a une faute, elle sera sanctionnée. » Comme si l’on pouvait douter qu’il y ait une « faute »…
Devant les évidences, la multiplication des cas et les prises de position venues de secteurs de plus en plus « mainstream », y compris parmi les soutiens et l’électorat de Macron, ont contraint les responsables politiques de la Macronie à changer partiellement de discours et à sortir de leurs dénégations pavloviennes. Mais des discours aux actes, il y a un fossé qui est loin, très loin d’être comblé. Le préfet Lallement est toujours en poste, les consignes des hiérarchies n’ont pas changé, aucune mesure coercitive n’est prise contre les flics coupables de violences (on a ainsi appris que ceux qui ont tué, par aspyhxie, Cédric Chouviat, continuent tranquillement d’exercer, et ont même reçu une visite de soutien de Lallement), et ce sont les victimes qui sont emprisonnées : l’homme victime des coups alors qu’il était au sol a été incarcéré et déféré, et l’on a appris qu’il serait jugé pour… violences contre des policiers.
La force brute
Ainsi, si le travail réalisé par les journalistes indépendants, les associations de victimes, les collectifs de soutien… commence à porter partiellement ses fruits, la route est encore longue pour en finir avec des violences d’une régularité et d’une ampleur inédites, perpétrées par une police qui sait qu’elle est l’un des piliers du pouvoir et que ce dernier ne peut se permettre de trop la réprimander. Et quand bien même il le pourrait, rien n’indique qu’il le souhaite : l’autoritarisme macronien n’est pas un concept destiné à (se) faire peur, mais une réalité bien tangible, une composante essentielle, jumelle des politiques ultralibérales que le pouvoir entend continuer de mettre en œuvre.
Macron et les siens ont décidé de passer en force, contre l’opinion publique, contre les grévistes, contre les manifestations. Pour ce faire, dans la mesure où, après sept semaines de grève, la résignation n’est pas de mise et la détermination toujours bien présente, le gouvernement compte sur « sa » police, afin de réussir par la violence ce qu’il a échoué à faire par les discours, les manœuvre, les intimidations et les menaces. Nous devons donc malheureusement nous attendre à ce que les exactions policières se poursuivent et ne connaissent pas de ralentissement, nous y opposer et les dénoncer, en n’oubliant pas qu’elles témoignent paradoxalement de la fébrilité d’un pouvoir à la légitimité particulièrement faible, dont il est grand temps de se débarrasser avant qu’il ne détruise l’ensemble de nos droits et de nos libertés démocratiques.
C.B.





