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Australie: la guerre climatique est déclarée
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://npa2009.org/actualite/international/australie-la-guerre-climatique-est-declaree
L’horreur suscitée par les incendies dévastateurs et apocalyptiques en Nouvelle-Galles du Sud et dans l’État de Victoria n’a pas seulement douché l’enthousiasme des célébrations du Nouvel An, mais a aussi attisé la colère contre l’absence totale de réponse du gouvernement face à l’urgence climatique.
La classe dominante a décidé de mener la guerre climatique en faveur des multinationales des énergies fossiles. Le message du Nouvel An de Scott Morrison [le Premier ministre australien], expliquant que l’Australie est « le pays le plus incroyable sur Terre » faisait référence à l’ampleur de la générosité de la population face à l’urgence liée aux incendies, dans un geste désespéré d’apaisement. Mais s’il croit que cela va permettre de couvrir l’inaction climatique de son gouvernement, il devrait y réfléchir à deux fois.
Un système en crise
Il est vrai que, sans les efforts héroïques des pompiers volontaires et des personnels d’urgence, et sans tous les efforts des collectivités, davantage de personnes seraient mortes et davantage de maisons auraient été détruites. Mais quel genre de système a besoin de se reposer sur des bénévoles pour accomplir un dangereux travail en première ligne dans une situation de crise ? Quel genre de système peut échouer de façon aussi spectaculaire à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre rapidement à ce qui est clairement une situation d’état d’urgence inédite ? La réponse est : un système en crise.
Nous sommes informéEs des dangers de l’urgence climatique depuis des décennies. Des capitaines de pompiers ont averti depuis des mois, si ce n’est des années, qu’un monde qui se réchauffe présente plus de risques qu’un été un peu plus chaud.
Et pourtant, la planification de la « saison des incendies » a été un désastre. Les bénévoles ont sauvé la mise. L’armée a été appelée à l’aide. Mais, après des années de restrictions budgétaires, il n’y a plus assez de gens, et plus assez d’équipements. Les communautés locales ont été forcées de lever des fonds pour des services qu’elles n’avaient jamais accepté de supprimer.
Les gouvernements locaux et fédéral ont des ressources significatives qu’ils n’ont pas mobilisées, ou qu’ils ont mobilisées trop tard. Le secteur privé a lui aussi des ressources qui auraient pu être socialisées pour faire face à l’urgence des incendies.
L’échec du système suscite de nombreuses discussions. De plus en plus de gens tirent la conclusion qu’un système qui priorise les profits par rapport aux populations et à l’environnement serait incapable de répondre de façon adéquate.
Se rassembler pour en finir avec un système toxique
Pour inverser la tendance à l’effondrement de la confiance dans le système, toutes les fausses excuses et les prétextes se feront entendre pour détourner de ce qui est réellement nécessaire : un sommet national d’urgence pour discuter des véritables solutions. Une discussion nationale sur les raisons pour lesquelles le système a failli est importante car elle ouvrirait un espace pour une discussion plus profonde sur ce qu’il conviendrait de faire pour réellement se confronter à l’urgence climatique.
Le mouvement pour l’urgence climatique a grandi rapidement au cours des dernières années, et nous pouvons être assurés qu’il va continuer à se développer à mesure que la « saison des feux » se poursuit. Ceux qui font déjà partie de ce mouvement doivent être ouverts à de nouvelles initiatives, et travailler à unifier des secteurs disparates mais critiques, autour de solutions concrètes, comme l’appel à financer des pompiers dans les campagnes, à une forte augmentation du budget d’urgence pour les incendies, et à une rapide « décarbonisation » de notre énergie.
Le mouvement organisé face à l’urgence climatique est encore trop faible. Il doit s’étendre rapidement, mais pour cela, il faudra de nouveaux organisateurEs, jeunes et vieux, qui aideront à regrouper des gens pour passer à l’action. Nous devons travailler à une réponse d’urgence qui s’appuie sur l’esprit pratique et généreux qui s’est exprimée durant les récents incendies catastrophiques.
Nous vivons dans une époque de guerre climatique. C’est le résultat d’un système toxique, alimenté par la recherche exclusive du profit. Le seul espoir que nous pouvons avoir pour la survie de notre planète c'est de stopper la petite élite niant le changement climatique et de mettre en place un contrôle social collectif sur les ressources de la société.
Pip Hinman (traduction J.S.)





