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48e festival de BD d’Angoulême : Du report… à l’annulation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://lanticapitaliste.org/opinions/culture/48e-festival-de-bd-dangouleme-du-report-lannulation

Tandis que le monde de la culture est en révolte et s’organise avec l’occupation de près de 100 théâtres, les mauvaises nouvelles tombent les unes après les autres. Tous les festivals dont la jauge est supérieure à 30 000 spectateurs/jour renoncent les uns après les autres : heavy métal, rock et enfin BD.
À la date habituelle de fin janvier, le festival d’Angoulême avait déjà reporté la manifestation publique à la fin juin. Par prudence, les organisateurs avaient fait aboutir le déroulement des sélections officielles et proclamer le palmarès1 des Fauves 2021 dans un théâtre d’Angoulême vide.
La situation sanitaire ne permet aucune liberté
Plus personne ne croit aux prévisions du Jupiter épidémiologiste de l’Élysée. En juin et quel que soit la vitesse de la vaccination, le pays connaîtra toujours des restrictions sur les rassemblements de masse. Peut-on imaginer un festival d’Angoulême « sans les déambulations entre les "bulles", le théâtre, les musées, la médiathèque géante et autres sites, sans se croiser et se recroiser pour respirer librement la bande dessinée »2 ? Comment faire venir les acteurs de la BD du monde entier, assurer les créations in-situ, accueillir les foules de jeunes à la recherche de leurs idoles et de leurs auteurs ? Il n’y avait pas de solution pour vivre et seule une édition très réduite pouvait s’envisager. Mais qu’en était-il du côté des créateurs et créatrices qui avaient menacé de boycotter le « monument » de la BD ?
Les revendications des auteurEs toujours sans réponse
La mobilisation des auteurs et autrices avait été si forte l’année passée que Macron avait dû, sur la base du rapport établi par Bruno Racine, promettre de prendre des décisions quant au statut des auteurEs pour les sortir de la précarité. Seize mois plus tard rien n’a été fait tandis que la mobilisation générale du secteur de la culture aide les acteurEs de la BD à faire entendre leurs voix. Le Festival en lui-même est pris en tenaille entre les intérêts capitalistes des maisons d’édition et les revendications de la base. Le Festival refusant officiellement de militer pour la cause des auteurEs, la « bronca » continue et le célèbre Lewis Trondheim, auteur de BD multi-récompensé à Angoulême, vient même de rendre ses récompenses à la direction du Festival en signe de protestation. Difficile dans cette ambiance d’organiser un festival à jauge réduite où les auteurEs en colère auraient dû bénévolement attendre dans des sas de sécurité tandis que la colère aurait grondé dehors.
En dépit de cette situation tendue, la direction du festival compte quand même faire voter les auteurEs pour désigner fin juin le Grand Prix qui récompense unE auteurE pour toute sa carrière et qui succéderait à Emmanuel Guibert, lauréat 2020.
Rien n’est sûr, sinon que le 49e festival se tiendra bien du 27 au 30 janvier 2022 !
Une consolation avec la confirmation du 29e festival BD de Martel
Les organisateurs du festival de Martel, dans le Lot, dont l’un des présidents d’honneur est le créateur du festival d’Angoulême, ont de leur côté confirmé la tenue de l’édition 2021, le 18 juillet. La jauge en participantEs dans la vieille cité médiévale est en effet moindre et permet d’être optimiste. Des auteurEs majeur(e)s comme Cécile Wagner et Gani Jakupi ont confirmé leur participation. Rappelons que Cécile Wagner a notamment publié la Trahison du réel, une biographie sur la peintre surréaliste oubliée Unica Zürn, et Gani Jakupi les Amants de Sylvia sur la secrétaire de Trotski qui, par ignorance et amour, permit à Ramon Mercader d’assassiner le « vieux », ainsi que El Commandante Yankee3 sur un pan méconnu de la révolution cubaine. À vos agendas !
- 1.À noter que les différents jurys ont souvent distingué des romans graphiques mis en avant par notre journal en 2020, comme le Anaïs Nin de Léonie Bischoff (prix du public) ou le drame syrien de Nadia Nakhle, les Oiseaux ne se retournent pas (prix des lycées).
- 2.Communiqué de l’association des bénévoles du Festival.
- 3.Tous ces ouvrages ont été chroniqués dans l’Anticapitaliste.




