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Mort de Thomas Sankara : La France complice ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://www.marianne.net/monde/afrique/mort-de-thomas-sankara-la-france-complice
Animateur du site Thomassankara.net, Bruno Jaffré est notamment l’auteur de « Biographie de Thomas Sankara : La patrie ou la mort… » (L'Harmattan), ouvrage majeur sur le révolutionnaire burkinabé. Il nous éclaire sur le procès du commanditaire présumé de l’assassinat de Sankara, ainsi que sur le possible rôle de la France.
Ce 14 avril, s’est ouvert au tribunal militaire de Ouagadougou le procès de l’ancien chef d’État burkinabé Blaise Compaoré pour attentat à la sûreté de l'État, complicité d'assassinat et recel de cadavre dans le dossier du meurtre de Thomas Sankara, survenu le 15 octobre 1987. Treize autres personnes sont poursuivies dans cette affaire. La France, qui a mis à disposition ses archives, pourrait aussi avoir joué un rôle dans l’assassinat.
Surnommé parfois « le Che Guevara africain », Thomas Sankara a été durant quatre ans le président du Conseil national de la révolution (CNR) qui a dirigé le Burkina Faso (« pays des Hommes intègres »), qu’il a lui-même baptisé ainsi. Compaoré était alors son bras droit.
Marianne : Quelle est l’importance du procès qui s’ouvre ?
Bruno Jaffré : L’importance est à la hauteur de l’importance que représente Thomas Sankara pour l’histoire moderne post-indépendance de l’Afrique et évidemment du Burkina Faso. Il a été assassiné il y a près de 34 ans. Le régime de Blaise Compaoré a bloqué toute possibilité de faire une enquête judiciaire, ainsi que toutes les procédures. Il a fallu une insurrection populaire, qui renverse Blaise Compaoré [en 2014 – N.D.L.R.], pour que puisse s’ouvrir une enquête judiciaire.
Ensuite, il est couramment avancé que Thomas Sankara est victime de la Françafrique. L’enquête judiciaire a à peu près fait le tour de tous les éléments burkinabés qui ont participé directement à son assassinat. Ainsi les rôles joués par Blaise Compaoré, le général Gilbert Diendéré et Jean-Pierre Palm [ancien ministre des Sports et des Loisirs et ex-commandant en chef de la gendarmerie nationale – N.D.L.R.] sont maintenant bien connus. Néanmoins, nous ne savons pas tout du complot international qui a permis ce coup d’État. L’aide à la préparation de l’assassinat ou la complicité de pays étrangers ne restent que des hypothèses, mais il y a quand même quelques éléments tangibles. Cela devrait être traité durant le procès, mais la procédure sur le complot international reste ouverte. Il faut s’attendre à de nouveaux développements.
C’est très attendu par le peuple burkinabé, ainsi que toutes les familles des victimes, qui n’ont pas récupéré les corps et qui n’ont donc pas fait le deuil.
Si complot international il y a, quels en seraient les acteurs, au-delà de Compaoré et ses complices burkinabés ?
Le complot a été organisé au Burkina Faso. Il n'y a aucun doute là-dessus. Cependant, la presse burkinabée a révélé un élément important. Nous avons publié à ce sujet petit à petit une série d’articles sur thomassankara.net. Plusieurs témoignages pointent la venue de Français, le lendemain du coup d’État, afin d’effacer les traces de l’implication de Blaise Compaoré et sans doute de Jean-Pierre Palm dans la préparation du complot. Un des témoins cite Paul Baril [commandant du GIGN lors du premier septennat de Mitterrand – N.D.L.R.]. Ces Français sont venus pour effacer les écoutes téléphoniques et les enregistrements. Ils démontraient très probablement que Blaise Compaoré avait organisé cela depuis un moment. C’est une preuve relativement importante de l’implication, même indirecte, de la France. Il y a au moins une complicité avec les comploteurs.
Quel intérêt aurait eu la France à la mort de Sankara ?
Thomas Sankara gênait car sa popularité et ses succès jetaient de l'ombre sur les pays associés à la Françafrique. Cela pouvait donner des idées aux jeunesses des pays de la région. Il existait donc la possibilité de promouvoir un modèle autocentré de développement en toute indépendance
Certains émettent l’hypothèse d’une implication de Kadhafi. Qu’en est-il ?
Pour comprendre ce point, il faut revenir sur la géopolitique africaine de l’époque. C'est assez bien documenté : en 1989, Charles Taylor déclenche une guerre civile au Liberia, afin de renverser le régime présent. Ses hommes ont été en partie entraînés en Libye et en partie au Burkina Faso. Il y avait également le soutien de la Côte d’Ivoire, avec le général Robert Guéï. Le président ivoirien voulait se débarrasser du président libérien. Nous avons-là quelques éléments.
Ce que nous avons de plus précis : Sankara n’obéissait pas à Kadhafi, ce qui énervait ce dernier. Le chef d’État libyen avait des ambitions continentales et estimait que Charles Taylor était un révolutionnaire – et on a vu ce qu’est devenu ce dernier [condamné plus tard pour crime contre l’humanité – N.D.L.R.]. Il s’est appuyé dessus pour avoir plus d’influence dans la région. Sur ce point aussi, il y a quand même pas mal de preuves. Ensuite, Kadhafi aurait bien aimé que Sankara crée une espèce de Jamahiriya [nom donné au régime de Kadhafi mêlant socialisme et islam – N.D.L.R.], comme il y avait en Libye. Pour Sankara c’était impensable. Il était très catholique, et une partie de sa famille était musulmane. Sankara avait une position très ouverte sur toutes les religions.




