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“Sans labo, pas d’hosto”
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce mardi, dans la matinée, une cinquantaine de techniciens de laboratoire étaient réunis sur le rond-point, devant l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, pour continuer la lutte pour les conditions de travail et pour la reconnaissance de leur métier, dénigré par le gouvernement.

C’est dans une ambiance combative, après une grève nationale du mardi 8 mai visant à faire entendre leur colère et leurs revendications, qu’une cinquantaine de grévistes se sont réunis dans la matinée, sur le rond-point, devant le CHU de Bordeaux (Pellegrin), à l’appel des syndicats SUD et CGT. Ils dénoncent des conditions de travail qui se sont dégradées depuis le début de la crise sanitaire, un manque de personnel malgré une charge de travail plus importante, liée à la réorganisation et à la demande d’élargissement des compétences professionnelles, et critique la politique gouvernementale, avec le Ségur de la santé, dont ils sont les grands absents.
Avec une crise sanitaire qui a mis en avant « les petites mains » essentielles et indispensables au bon fonctionnement du secteur de la santé, le gouvernement ne semble pas prêt à reconnaitre l’implication des techniciens de laboratoire pendant la crise et l’importance qu’il porte pour le bon fonctionnement de l’hôpital. En effet, la mise en place du Ségur de la santé n’a été que des effets d’annonce, qui au final, n’a donné que des miettes, et des promesses non tenues, avec de nombreux services laissés sur le carreau.
Françoise, retraitée technicienne de laboratoire, ayant travaillé pendant plus de 40ans dans le service, présente pour soutenir ses anciens collègues sur le piquet de grève, explique au micro de Révolution Permanente que pour elle, c’est une véritable mascarade gouvernementale : « c’est de la communication, pour nous, c’est du mépris ». Elle dénonce également le fait d’avoir le sentiment de jamais n’avoir été considérée par les gouvernements successifs de ces 40 dernières années « c’est une catégorie avec une épée Damoclès au-dessus de la tête, car on peut nous délocaliser, être concurrencé par des laboratoire privés etc… », sans parler des contrats précaires et du renouvèlement quotidien des effectifs, qu’il faut reformer sans cesse.
Ces « invisibles » du secteur hospitalier réclament une augmentation des salaires, la revalorisation des coefficients, le déplafonnement de la prime d’ancienneté, mais aussi la « réingénierie », à savoir une reconnaissance du niveau de leur formation.
Agnès, technicienne de laboratoire, syndicaliste CGT, nous décrit des conditions de travail déplorables : « dans mon laboratoire on fait tous les test PCR Covid, donc ça nous a fait une charge de travail supplémentaire, mais sans effectif supplémentaire » et dénonce le mépris et l’hypocrisie du gouvernement « le gouvernement, au tout début de la crise nous considérait comme des héros » alors que les techniciens de laboratoire font parti, avec les préparateurs en pharmacie et les diététiciens, des oubliés du Ségur de la Santé, qui n’a servi qu’à augmenter avec parcimonie des salaires qui sont d’origines dérisoires.
C’est dans un contexte où la crise du Covid est loin d’être terminée, que les techniciens de laboratoires continuent de faire pression sur la direction, pour, enfin, travailler dans des conditions de qualité, avec des salaires dignes et des effectifs suffisants. Un rendez-vous avait lieu dans l’après-midi avec l’agence régionale de la santé pour faire entendre leur voix et porter leurs revendications, mais aucune annonce concrète n’a émergé, tout est au point mort. Une nouvelle démonstration du mépris gouvernemental.Il apparait évident que, dans les mains du gouvernement qui casse les services publics, le secteur de la santé ne pourra jamais être efficace et à la hauteur, c’est pourquoi, c’est aux travailleurs, comme les techniciens de laboratoires, qui connaissent parfaitement leur outil de travail, de gérer, par eux même, le secteur de la santé, avec des moyens massifs mis à leur disposition.
C’est l’organisation, à la base, de tous les secteurs, mettant à bas les limites corporatistes de chaque service, mais aussi du public et du privé, dans une même lutte, que les travailleurs de la santé pourront inverser le rapport de force et permettre à l’ensemble des hospitaliers de travailler dignement et d’apporter une qualité de soin de manière égalitaire et gratuite à l’ensemble de la population, y compris les plus précaires.




