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Marc Perelman, 2024. Les Jeux olympiques n’ont pas eu lieu
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://dissidences.hypotheses.org/14467

Un compte rendu de Jean-Guillaume Lanuque
Marc Perelman, auteur par le passé de plusieurs essais sur des thématiques similaires1, mais aussi d’une analyse à charge sur Le Corbusier2, prouve avec ce nouveau livre que la théorie critique du sport n’appartient pas qu’à l’histoire des idées. Autour de l’organisation par Paris des Jeux olympiques prévus a priori pour 2024, il cherche à démasquer et dénoncer ce qu’il nomme la « religion » olympique. Pour cela, il analyse les documents officiels de préparation, longuement cités. Le plus intéressant, d’ailleurs, tient à des données éparses sur les liens entre le CIO (Comité international olympique) et les milieux d’affaires et politiques (on aurait aimé encore davantage de précisions sur l’apport des pétro-monarchies).
La critique qu’il défend s’avère très large. Marc Perelman dénonce en effet l’instrumentalisation des monuments parisiens, l’objectif d’intensifier le tourisme sur l’île de la Cité, l’urbanisme numérique, l’architecture sans âme, l’impact écologique, mais également l’illusion d’une dynamique positive que les JO génèreraient dans pratiquement tous les domaines et pour tous, si l’on suit tout au moins la communication officielle. Cette dernière se révèle d’ailleurs parfois savoureuse de par son maniement de la novlangue libérale (« Génération 2024 », pas moins !). Un chapitre entier est consacré à l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme), partie prenante de la vision de Paris comme « ville-monde », en concurrence avec les autres grandes métropoles mondiales, dans un processus aboutissant en réalité à la gentrification de la capitale, loin de toute action sur une réalité sociale inégalitaire ; même la Seine Saint-Denis en souffre, subissant bétonisation et absence de créations d’emplois massifs et pérennes.
Surtout, Marc Perelman explique bien que le CIO, organisation non gouvernementale, exerce un contrôle quasiment absolu sur les JO (y compris les mots et termes associés !), soumis en outre au droit suisse et non au droit du pays d’accueil. Même La France insoumise (LFI) ou les Verts sont mis en accusation, leurs reproches ne portant jamais sur la nature profonde des JO, c’est-à-dire l’idéologie olympique. Le cœur de celle-ci, c’est la compétition, à l’opposée du sens premier du jeu. C’est aussi ce qui amène l’auteur à insister sur la contradiction entre la Charte olympique, les valeurs qu’elle met en avant, et la pratique concrète des Jeux olympiques, à base de dopage, qui abîme, torture et formate le corps, loin de toute émancipation. L’étude, qui s’apparente en partie à un collage en partie disparate, se clôt par un chapitre sur Pierre de Coubertin, proposant une série de citations insistant sur la dimension colonialiste, puritaine et aristocratique du personnage.
En complément, Marc Perelman signe « Vingt et une thèses sur le siècle du sport », dénonçant à nouveau la compétition comme étant le moteur du capitalisme (un système qui ne se réduit pourtant pas à cet aspect) et faisant du sport son dispositif cardinal, infrastructurel comme superstructurel. On l’aura compris, cette réactivation de la théorie critique du sport, chère à Jean-Marie Brohm, demeure stimulante, assurément, mais discutable voire excessive quant à sa tendance à tout ramener au sport de compétition.
1Voir par exemple cet ouvrage paru chez L’Echappée : https://dissidences.hypotheses.org/7257
2Voir sa recension sur ce même blog : https://dissidences.hypotheses.org/5796




