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Big Brother, cet inconnu
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
A écouter ici : Big Brother, cet inconnu (franceculture.fr)
Fin de l'individu, fin des libertés, surveillance, langue de bois, éloge du collectif : entre le combat contre la pandémie de Covid-19 et la lutte contre le terrorisme, voici ce qui constitue aujourd'hui notre quotidien et l'occasion de retrouver George Orwell, l'homme qui avait tout écrit.

12 mai 2020, la pandémie du Covid-19.• Crédits : FABRICE COFFRINI / AFP - AFP
Big Brother, novlangue, sont des mots passés dans le vocabulaire courant et même pour le premier dans la culture populaire, mais leur inventeur Eric Arthur Blair, c’est-à-dire George Orwell reste en France peu voire pas connu. Né en 1903 en Inde, citoyen britannique, militant socialiste libertaire, très engagé contre le totalitarisme nazi et le totalitarisme soviétique, auteur de 1984, de La ferme des animaux et d’une foule d’autres livres non traduits en français. Orwell est pourtant peut-être l’un de ceux qui ont le mieux analysés les cauchemars totalitaires du 20e siècle, dont nous venons tous. Il s’est en particulier concentré sur l’usage politique du langage et donc sur le rôle particulier des intellectuels, dans la fabrication des cauchemars.
Dans l’époque tendue qui est la nôtre, où les langues de bois fleurissent, peut-être est-il temps de découvrir George Orwell, l’écrivain qui, au-delà des clichés de science-fiction auxquels on limite 1984, intimait aux intellectuels d’être simples, de bannir le jargon et de ne jamais écrire une phrase incompréhensible...
Quelles traductions pour l’œuvre d’Orwell ?
L’œuvre d’Orwell a été peu traduite en français. Célia Izoard évoque les manques au niveau de la traduction en ce qui concerne les concepts politiques. Raphaël Enthoven défend la traduction de Josée Kamoun, dont les choix de traduction et les altérations de lexique ne révèlent pour lui aucunement une soumission à un totalitarisme implicite.
En France, la puissance du marxisme traditionnel, du structuralisme et de la psychanalyse, on peut-être pendant longtemps masqués les questionnements qui étaient ceux d'Orwell qui ne relevaient pas vraiment de ces traditions théoriques. Bruce Bégout
Gallimard a traduit certains livres d’Orwell comme 1984 ou La ferme des animaux, en les traitant en pure littérature, mais finalement un peu en littérature de bas étage. Il y a certain nombre d’erreur et de contre-sens. […] On est vraiment dans la critique que faisait Orwell aux intellectuels, à savoir : la dépossession du langage. Célia Izoard
Des interprétations
Le roman d'anticipation 1984 a été écrit en 1946, à l’aube de la Guerre froide. Le personnage Winston Smith travaille au ministère de la Vérité, il remanie les archives historiques pour faire correspondre le passé à la version officielle du parti. Sa journée est ponctuée par les deux minutes de haine, un rituel pendant lequel le visage de l'ennemi apparaît.
On a tort de parler de 1984 chaque fois qu'un gouvernement s'aventure à mettre une loi sur les fakes news. Comme si l'objet du ministère de la Vérité, c'était de contrôler l'information ! L'objet du ministère de la Vérité, c'est de contrôler la mémoire... Il y a un malentendu historique. Raphaël Enthoven
Célia Izoard évoque la critique de la dictature managériale.
Il y a cette asymétrie grandissante entre les moyens répressifs technologiques dont dispose le pouvoir et l'impuissance dans laquelle chacun des individus est jeté. Cette impuissance est liée au fait d’avoir dissout les communautés de base, d'avoir plongé avec cette foi aveugle dans la religion du progrès. [...] Cette mécanique n'est pas du tout cantonnée à l'Union soviétique, elle est aussi présente dans les lieux de loisirs, les lieux marchands et de divertissement. Célia Izoard
Les intellectuels auraient-ils le culte du pouvoir ?
Il est logique de fermer les yeux sur la tyrannie et les massacres, une fois posé que le progrès est inéluctable. George Orwell
George Orwell critique l'intelligentsia et la fascination de certains intellectuels pour le pouvoir.
L'idéologie s'efface derrière l'infrastructure matérielle. C'est cela la grande actualité de ce roman. Nous avons assisté pendant les 70 ans qui viennent de s'écouler à une croissance absolument inouïe de cette infrastructure de contrôle. Célia Izoard
-Nouvelle écoute pour cette émission initialement diffusée le 1 novembre 2020-




