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Législatives en Irak: en recul, des partis pro-Iran dénoncent une "escroquerie"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Législatives en Irak: en recul, des partis pro-Iran dénoncent une « escroquerie » – Anti-K
AFP
Des supporters du chef religieux chiite Moqtada al-Sadr célèbrent la victoire de son courant le 11 octobre 2021 à Bagdad après l’annonce des résultats préliminaires le donnant gagnant ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )
En net recul à l’issue des élections législatives en Irak, d’influents partis chiites pro-Iran ont durci le ton mardi, assurant qu’ils prendraient les mesures nécessaires pour annuler cette « escroquerie ».
Sans surprise, les résultats préliminaires publiés lundi par la commission électorale, au lendemain du scrutin, donnent comme grand gagnant le courant du leader chiite Moqtada al-Sadr, ancien chef de milices qui a combattu les troupes américaines et développe aujourd’hui une rhétorique anti-Iran.
Deuxième force au sein du Parlement sortant, l’Alliance de la conquête, qui représente les anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi, a elle accusé un net recul, passant de 48 sièges à une dizaine, selon des observateurs et des résultats compilés par l’AFP.
Ce camp politique, allié à l’Iran qui jouit d’un rôle incontournable en Irak, devrait cependant rester un acteur influent. Dans un pays polarisé, la politique se joue au Parlement mais aussi dans la rue, où tous les grands partis disposent de factions armées comme moyen de pression.
Dans un communiqué, la coordination qui réunit plusieurs partis chiites, dont l’Alliance de la conquête, a dit « rejeter » les résultats préliminaires et compter « faire appel ».
« Nous prendrons toutes les mesures disponibles contre la manipulation des votes », a-t-elle poursuivi.
– « Résultats fabriqués » –
« Nous n’acceptons pas ces résultats fabriqués (…) Nous défendrons avec force les votes de nos candidats et de nos électeurs », a martelé de son côté dans un communiqué Hadi al Ameri, le chef de l’Alliance de la conquête.
Dès lundi les sadristes ont assuré être la première force au sein du nouveau Parlement, revendiquant plus de 70 sièges sur les 329 que compte l’hémicycle.
La commission électorale va commencer mardi à recevoir les appels des candidats déçus. Tout comme les résultats de certains bureaux de vote sont encore en cours de comptage.

Des Kurdes irakiens votent lors des législatives anticipées, à Erbil, le 10 octobre 2021 ( AFP / SAFIN HAMED )
Les législatives, les cinquièmes depuis 2003 et le renversement du dictateur Saddam Hussein dans le sillage de l’invasion américaine de l’Irak, ont été marquées par une abstention record.
La mission d’Observation de l’Union européenne y a vu un « signal politique clair », espérant qu’il serait « entendu par l’élite politique ». Elle présente mardi un rapport sur le scrutin en conférence de presse.
Le faible taux de participation –41%– était attendu dans un pays où l’opinion publique rejette un système politique sclérosé: malgré l’immense richesse pétrolière, un tiers de la population vit dans la pauvreté, la corruption tentaculaire n’épargne aucun rouage de l’Etat, les services publics de base, l’électricité ou la santé, sont à bout de souffle.
Dans un pays secoué à l’automne 2019 par une contestation populaire inédite qui a aussi dénoncé l’influence de Téhéran et la répression des factions pro-Iran, l’érosion de la popularité de ce camp politique ne surprend pas les observateurs.
Les législatives ont été « la plus grande escroquerie et arnaque dont le peuple irakien ait été victime dans l’histoire moderne », a accusé Abou Ali Al-Askari, le porte-parole des Brigades du Hezbollah, une des plus puissantes factions du Hachd al-Chaabi.
– Tractations en vue –
« Les frères du Hachd al-Chaabi sont les principales cibles. Pour les éliminer, de l’argent a été versé à ceux qui veulent des sièges au Parlement », a-t-il ajouté dans un communiqué, appelant les factions à « se préparer à défendre leur groupe ».
Si une victoire des sadristes se confirmait, ils devraient conserver leur statut de première formation, leur permettant de peser d’autant plus lors des tractations visant à désigner le nouveau Premier ministre.
Autre tendance, la percée de l’Alliance de l’Etat de droit de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki (pro-Iran), qui revendique une trentaine de sièges.
Pour sa part, le parti Taqadom, de l’influent chef du Parlement Mohamed al-Halboussi –un sunnite–, assure avoir obtenu une quarantaine de sièges.
Les élections de dimanche étaient initialement prévues en 2022. Promises par le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, elles ont été avancées pour calmer la contestation née en octobre 2019.

Des partisans de l’influent clerc chiite Moqtada al-Sadr célèbrent leur leader avant les résultats officiels des élections législatives anticipées à Najaf, en Irak, le 11 octobre 2021 ( AFP / Ali NAJAFI )
Réprimé dans le sang -au moins 600 morts et 30.000 blessés-, le mouvement s’est essoufflé. Des dizaines de militants ont été victimes d’enlèvements et d’assassinats. Les protestataires pointent les factions armées fidèles à l’Iran, au rôle incontournable en Irak et regroupées au sein du Hachd al-Chaabi.




