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Le gouvernement joue la surenchère autoritaire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce mercredi, le projet de loi sur le pass vaccinal était présenté en Commission des lois. Alors que la cinquième et la sixième vague s’entrechoquent, le gouvernement effectue un tour de vis supplémentaire dans la stigmatisation des non-vaccinés.

Alors que la cinquième et la sixième vague s’entrechoquent, la situation sanitaire semble devenir hors de contrôle avec 208 000 nouveaux cas détectés ces dernières 24 heures. « Chaque seconde, deux Français sont positifs au Covid-19 », déclarait ce mercredi Olivier Véran devant la Commission des lois à l’occasion de sa présentation du projet de loi du gouvernement sur le pass vaccinal. Présenté ce mercredi, ce projet de loi sera examiné à l’Assemblée nationale à partir de lundi prochain et sera appliqué dès le 15 janvier s’il est adopté. « On va resserrer les mailles », affirmait Olivier Véran à l’intention des non-vaccinés : le message est clair.
L’essentiel du texte de loi consiste à transformer le pass sanitaire en pass vaccinal. Un test négatif ne sera ainsi plus suffisant pour accéder « aux activités de loisirs, aux restaurants et débits de boisson, aux foires, séminaires et salons professionnels ou encore aux transports interrégionaux ». « Une forme d’obligation vaccinale », selon les propres dires de Gabriel Attal et d’Olivier Véran mi-décembre. Le pass vaccinal s’appliquera également aux 12-17 ans et le texte prévoit aussi la possibilité de demander un « cumul de justificatifs », c’est-à-dire un test négatif et un certificat de vaccination, quand « l’intérêt de la santé publique et l’état de la situation sanitaire » le demandent.
En réalité, ce projet de loi constitue un saut dans la stigmatisation des personnes non-vaccinées et dans la limitation de nos libertés. Le passage d’un pass sanitaire à un pass vaccinal va ainsi de pair avec un renforcement de la répression, le texte prévoyant un rehaussement de l’échelle des sanctions lors de fraudes au pass. La présentation d’un pass vaccinal appartenant à quelqu’un d’autre entraînera par exemple une amende de 1000 euros, contre 750 euros maximum aujourd’hui, et présenter un faux pass entraînera jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Plus encore, le texte propose également la possibilité pour « toute personne habilitée à demander la présentation d’un pass » de contrôler l’identité de la personne présentant le pass. Une grave atteinte à nos libertés qui s’inscrit dans la gestion répressive de la crise par le gouvernement.
De fait, sans surprise, le gouvernement continue de vouloir jouer la gestion de l’épidémie sur le terrain de la surenchère autoritaire, et ce à l’aube d’une vague Omicron potentiellement plus virulente que toutes les dernières vagues. Depuis le début de la pandémie, la stratégie du gouvernement se résume en un « stop and go » consistant à alterner le maintien de l’activité économique et les mesures autoritaires et restrictives lorsqu’on arrive à saturation dans les services de réanimation. Après avoir refusé de mettre les moyens nécessaires dans les hôpitaux et dans l’éducation, d’investir dans les dispositifs d’aération et de prévention dans l’ensemble des lieux publics et d’augmenter les offres de transports, le gouvernement poursuit son offensive autoritaire contre les non-vaccinés, désignés comme étant des ennemis intérieurs. En témoignent les dires de Jean Castex, qui expliquait mi-décembre vouloir « faire peser la contrainte sur les non-vaccinés ».
Une fois de plus, le gouvernement cherche à faire porter le chapeau des cinquième et sixième vagues aux individus et particulièrement aux non-vaccinés pour se décharger de toute responsabilité. Pourtant, alors même que cinq millions de personnes en France ne sont toujours pas vaccinées, dont un million à risque, il apparaît tous les jours de plus en plus évident que ce ne sera pas par la contrainte qu’on pourra convaincre de la nécessité de la vaccination. Mais à l’Assemblée Nationale, l’opposition reste muette. Alors que AGIR et le MoDem soutiennent le projet de loi, selon Le Parisien, « les députés Les Républicains et du Parti Socialiste préfèrent déclarer respectivement qu’ils ne ’s’opposeront pas’ et qu’ils ’voteront par principe’ ». Le Rassemblement National, en revanche, s’est prononcé contre, cherchant à surfant sur le sentiment anti-vaccin et s’opposant de manière hypocrite. En mai dernier, le parti votait ainsi contre la levée des brevets, outil essentiel pour sortir de la crise sanitaire à échelle internationale.
La France Insoumise s’est également prononcée contre le pass sanitaire. Si cette opposition est juste, les récentes déclarations de plusieurs de ses membres sont en revanche problématiques en ce qu’elle flirte avec les sentiments anti-vaccins, à l’image de Guillaume Quintin qui tweetait récemment sur la soi-disante inefficacité du vaccin, surfant sur la confusion bien réelle au sein de la population.
Dans ce contexte, il semble essentiel de s’opposer fermement à cette mesure liberticide visant à stigmatiser une partie de la population, tout en dénonçant fermement les discours visant à surfer sur la confusion quant au vaccin dans la population. À rebours de la stratégie autoritaire du gouvernement, il s’agit, tout en cherchant à convaincre activement de la nécessité de la vaccination, de revendiquer l’installation de filtres, des moyens dans les écoles et des tests gratuits et massifs pour toutes et tous.




