Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Sélection d’articles de sites d’extrême-gauche (21/07)
- Michael Roberts - Les entreprises de l’Union européenne : un "capitalisme de rente" ? (21/07)
- Michael Roberts : Le ralentissement de la Chine (21/07)
- Monique Barbut, ministre de la transition écologique, présentera sa démission d’ici au conseil des ministres de mercredi, annonce son entourage (21/07)
- Le seul recyclage que vous aurez sera la guerre (19/07)
- Critique du projet des Ecologistes par Clémence Guetté (19/07)
- Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination (19/07)
- La lutte contre le CPE vingt ans après, ou comment la jeunesse a fait plier la droite (19/07)
- 3 500 morts de chaud, brevet des collèges bradé : bienvenue en nullocratie ! (19/07)
- Lutter contre les "ingérences intérieures" : les propositions glaçantes du Sénat (18/07)
- Mélenchon 2027 : Synthèse des contributions (18/07)
- Penser à partir d’Exarcheia (16/07)
- Le déclin mondial des États-Unis : causes et conséquences (16/07)
- Communiqué de presse de Ritchy Thibault (16/07)
- Le marxisme de Tina Modotti (15/07)
- Corée du Sud : les travailleurs·ses de Samsung montrent la voie (15/07)
- 1000 jours déjà 1000 jours horribles pour la population civile de Gaza horrifiée et effrayée (15/07)
- Discours du 14 juillet à Paimpont - Jean-Luc Mélenchon (15/07)
- Le capitalisme des abysses (14/07)
- Réguler l’IA ? Non ! (14/07)
- Les années géorgiennes de Raphaël Glucksmann : un avant-goût de guerre (14/07)
- Iran, États-unis : qui gagnera la guerre des propagandes ? (14/07)
- David Harvey : quel marxisme pour le 21e siècle ? (14/07)
- Lordon : IA krach ? (10/07)
- Sortir de l’anti-impérialisme moral pour désoccidentaliser la France (09/07)
Liens
Une réponse politique à l’inflation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une réponse politique à l’inflation par Mireille Bruyère | Politis
Un contrôle des prix des biens alimentaires et de l’énergie pour protéger les plus faibles.
L'inflation a atteint un niveau record : 5 % dans la zone euro en 2021. La majorité des économistes avaient d’abord estimé qu’elle serait temporaire et imputable à des problèmes logistiques. Mais elle se révèle plus structurelle. Les tenants d’une orthodoxie monétaire voient l’inflation comme l’effet de politiques budgétaires et monétaires trop expansionnistes. Elles augmenteraient trop vite la demande par rapport aux capacités de production, faisant monter les prix. Mais, augmenter un prix quand la demande est supérieure à l’offre n’est ni rationnel ni naturel. Ce n’est pas l’effet d’une « loi » mais d’un rapport social qui pousse les entreprises à chercher le profit maximum en profitant de leur position dominante. Cette analyse aussi superficielle qu’idéologique conduit à vouloir baisser la demande en redressant les taux d’intérêt, en imposant les politiques d’austérité budgétaire et en limitant la capacité des travailleurs à obtenir des augmentations de salaire. Ce serait évidemment précipiter la société dans une crise sociale majeure et risquer en sus l’effondrement financier, tant le néolibéralisme est assis sur une montagne de dettes privées et publiques. Tout cela, les banquiers centraux le savent. C’est pour cela que, jusqu’à présent, ils attendent, espérant encore l’inflation temporaire tout en indiquant qu’ils feront « ce qu’il faut » pour la briser. Mais que faut-il faire ? Si l’inflation est un phénomène récurrent de toute société avec un rapport marchand un peu étendu, ses causes sont diverses, car déterminées par le contexte historique dans lequel ce rapport marchand évolue. L’inflation de l’Argentine et du Venezuela n’a rien à voir avec celle des années 1930 en Allemagne ou encore celle de la France dans les années 1970.
Trois grands facteurs peuvent expliquer l’inflation actuelle. Le premier est la hausse des prix de l’énergie (1). Le deuxième est l’accélération de la numérisation de l’économie qui intègre et synchronise toujours plus les chaînes de production pilotées des grandes entreprises. Cela produit des effets de réallocations brutales et approfondit les situations de monopole favorables aux prix élevés. Le troisième est la hausse du prix des matières premières liée aux catastrophes climatiques. Ces trois facteurs s’alimentent et illustrent l’impasse dans laquelle nous sommes : trop forte intégration industrielle, consommation d’énergie insoutenable et agriculture intensive trop vulnérable.
La réponse à cette impasse n’est pas monétaire. Elle doit être politique. Elle passe par un contrôle des prix des biens alimentaires et de l’énergie pour protéger les plus faibles et les activités artisanales. Ce contrôle a aussi l’avantage de limiter l’obscène accumulation des profits des grandes entreprises qui profitent de cette inflation. La régulation des prix, hérésie pour l’orthodoxie économique, est une mesure politique. Elle doit être pensée et assumée comme telle, c’est-à-dire une « attaque contre la propriété » (2). Elle doit être accompagnée d’une remise en cause des structures du capitalisme fondées sur l’inégalité et la démesure productive.
Par Mireille Bruyère Membre du conseil scientifique d'Attac et des Économistes atterrés.
(1) Lire cette même chronique dans le numéro 1674.
(2) Expression du Thermidorien Boissy d’Anglas, cité par Romaric Godin dans « Un outil négligé de l’inflation », Mediapart, 7 janvier 2022.




