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Le jeune homme, d’Annie Ernaux
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Le jeune homme, d’Annie Ernaux | L’Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)
Gallimard, collection Blanche, 48 pages, 8 euros.
Ce tout petit texte (27 pages effectives) serait-il un très grand livre ? Il semble, telle une chronique, écrit d’un trait, sans détour, sans rature. Il raconte une histoire d’amour, somme toute plutôt simple et banale, vécue il y a un peu moins de trente ans, entre un homme et une femme. Mais voilà, la différence d’âge entre les amants est elle aussi d’un peu moins de trente ans. Et puis, c’est la femme qui est la plus âgée. Enfin, le capital économique, culturel et symbolique est sans discussion de son côté, car il s’agit d’une histoire vécue par l’autrice elle-même, déjà célèbre.

Une femme simple...
La force du récit tient en une écriture directe, nerveuse, un peu sèche parfois, au service d’un propos sincère à l’extrême. Sans complaisance avec elle-même – Annie Ernaux se voit dans la glace et peut se comparer aux jeunes femmes entourant son amant, sans aucune ambigüité quant à l’espoir d’un avenir commun – encore que, sans jamais masquer ce que cette relation lui apporte ni ce que sa position dominante lui permet dans ce cadre à la fois égalitaire et dissymétrique, l’autrice se montre lucide et honnête. Pour autant, la femme de l’histoire n’est jamais cynique, elle s’affiche amoureuse, jouissant des plaisirs partagés, les assumant pleinement, autant pour ce qu’ils apportent au présent que pour ce qu’ils rapportent d’un passé idéalisé, nostalgisé (malgré tout !). Comme une nouvelle chance de vivre un grand amour... et de « déclencher l’écriture du livre » !
… audacieuse et subversive !
L’audace d’Annie Ernaux tient-elle dans sa manière très radicale d’affronter, auprès de son jeune amant, le regard des autres ? Redevenue la « fille scandaleuse », elle brave la morale sociale qui réprouve d’autant plus cette relation contre nature que la femme est ici l’ainée. Elle s’amuse même, en un fier défi dont elle a les moyens, de constater l’effet que leur présence affichée provoque. À moins que l’audace de l’autrice, sa puissance subversive, ne se niche dans le lien très étroit entre la sexualité et l’écriture (« Souvent j’ai fait l’amour pour m’obliger à écrire »), voire entre l’œuvre et l’expérience de la vie et sa maîtrise assumée. (« Si je ne les ai pas écrites, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues. »)




