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Danielle Simonnet: « Notre devoir est de faire en sorte que le peuple s’en mêle »
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Danielle Simonnet est psychologue de l’éducation nationale de formation, élue dans le 20e depuis 2001, et au Conseil de Paris depuis 2008, aujourd’hui députée dans le 20e. Extraits de sa première intervention lors de la réunion du 24 juin.
Pour commencer je tiens à remercier le NPA, et je dois dire que j’ai été hyper contente qu’on fasse cette campagne ensemble dans le 20e, donc je voudrais tout particulièrement remercier les camarades du NPA 20e, et tous les autres aussi bien sûr. Cette campagne, elle m’a rappelé celle pour le non au Traité constitutionnel européen, même si ce n’était pas évident de le dire en assemblée de la Nupes, puisque toutes les composantes de la Nupes n’étaient pas dans la campagne pour le non au TCE. Mais c’est cette ambiance que j’ai retrouvée dans le 20e, avec des camarades d’horizons extrêmement différents, encartés ou non, avec un engagement syndical, associatif, citoyen, ou pas du tout.
« Ce qui se joue à gauche est important »
Je voudrais ré-insister sur le fait qu’on est vraiment dans une situation bien particulière, et il faut essayer de comprendre à quel moment on est. Oui, Macron s’est pris une claque avec ces élections législatives, et il faut le dire, le redire. Quelles conséquences ça a ? Déjà, on savait qu’il voulait attaquer dès juillet pour nous imposer leur contre-réforme des retraites à 65 ans, et ça on sait qu’ils y ont déjà renoncé – pas à leur réforme, mais en tout cas à le faire dès maintenant. Alors évidemment on n’a pas gagné le fait qu’ils vont faire une autre politique, mais on voit qu’ils sont acculés et obligés de reculer. Et c’est tant mieux.
Concernant le Rassemblement national, il faut qu’on ait bien conscience que lorsque l’on dit que les politiques ultra-libérales, l’extrême marché, amènent forcément une dérive autoritaire du pouvoir, et aussi une division du peuple, l’encouragement au racisme, à la xénophobie et, au total, au fascisme, cela se vérifie avec la situation que l’on a sous les yeux. Le poids extrêmement important du Rassemblement national ne tombe pas du ciel. On a bien vu comment le gouvernement Macron, durant tout un quinquennat, a encouragé idéologiquement une hégémonie culturelle réactionnaire, fasciste.
Ce qui se joue à gauche aussi est important. Au deuxième tour, j’ai été candidate face à pas n’importe qui. J’étais candidate contre l’ancienne députée socialiste. Et au total, ce sont les citoyens et les citoyennes qui ont tranché entre deux stratégies à gauche : celle qui voulait maintenir la politique sociale-libérale du PS de Hollande, elle était d’ailleurs soutenue par Cazeneuve ; et celle qu’ont choisie les électeurs, celle de la Nupes, qui n’est pas seulement un accord électoral entre les forces politiques de gauche, mais qui est un accord stratégique qui se donnait comme objectif Jean-Luc Mélenchon Premier ministre, adossé à un programme partagé de rupture, pour gouverner.
Mais nous n’avons pas atteint la majorité, et nous n’allons donc pas mettre en place la politique pour laquelle nous nous étions présentés. Mais moi je l’ai toujours dit, à chaque réunion publique dans le 20e : que l’on soit en situation de majorité demain, ou de minorité, notre objectif est de créer l’implication citoyenne du plus grand nombre, et le rapport de forces. Il n’y aura pas de politique de rupture dans ce pays, et donc de possibilité de changer radicalement la vie politique, s’il n’y a pas une implication du plus grand nombre. C’est une mobilisation qui va prendre des formes différentes : des grèves classiques, comme celles que l’on voit sur la question des salaires ; une éruption citoyenne, type Gilets jaunes, que personne n’avait prédite. Etc. Alors notre rôle, que ce soit nous, députéEs, mais aussi pour tous ceux et toutes celles qui se sont impliqués, et qui ont vocation à en impliquer d’autres, doit être de créer cette articulation entre la rue, les mobilisations, les rapports de forces, et l’Assemblée nationale. Cette articulation doit être précisée, définie, mais notre obligation, notre devoir, est de faire en sorte que le peuple s’en mêle : notre objectif, notre stratégie de révolution citoyenne, ce n’est pas seulement de prendre le pouvoir par les urnes, mais c’est de faire que le peuple exerce le pouvoir, ce qui passe par l’implication du plus grand nombre dans le combat et dans la lutte.




