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À l’Opéra de Rouen, la colère contre les bas salaires occupe le devant de la scène
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Depuis fin septembre, les salariéEs de l’Opéra se mobilisent pour des augmentations de salaires, tandis que la direction refuse de discuter sur les bases des grévistes : pas un revenu inférieur à 1 800 euros.
L’établissement compte une centaine de salariéEs permanents (musicienEs, technicienEs, administratifs), un effectif renforcé par de nombreux intermittents du spectacle et vacataires, avec une moyenne sur l’année de 300 salariéEs par mois dans les murs. Nombre d’entre eux galèrent avec de tout petits salaires et, l’inflation galopant, ne s’en sortent carrément plus.
« Pour la fin des bas salaires »
Le 1er août, le syndicat majoritaire UNSA/SNEA signe la NAO accordant entre 0,5 et 4,1 % d’augmentation selon les catégories et une prime « Macron » entre 200 et 600 euros, prime que ni les intermittents ni les CDD ne touchent. L’autre syndicat représentatif, Sud Culture, refuse de signer. Sous son impulsion, une première assemblée générale de toutes les catégories de personnel se réunit à l’occasion de la journée de grève interprofessionnelle du 29 septembre. Celle-ci vote la participation des salariéEs de l’Opéra à la manifestation rouennaise derrière une grande banderole noire sur laquelle sont peints en blanc les mots : « Opéra de Rouen, pour la fin des bas salaires ». C’est le début d’un mouvement toujours en cours à l’heure actuelle, ponctué d’assemblées générales régulières, appelées par l’ensemble des syndicats du site (UNSA, Sud, FO, CGT) et qui élisent au fil du temps des représentantEs directs.
Près de 80 grévistes
Les 18 et 27 octobre, l’Opéra grossit de nouveau les rangs des manifestations interpro. Entretemps, la colère monte d’un cran quand la direction refuse de garantir le non-retrait de salaire pour celles et ceux qui ne peuvent pas venir travailler faute de carburant en raison des grèves dans les raffineries. Vendredi 4 novembre, à la suite du dépôt de trois préavis de grève par Sud, CGT et FO, la première représentation d’un des opéras de la saison est annulée. Près de 80 salariéEs grévistes se rassemblent en assemblée générale à l’heure prévue pour la représentation. Des tracts sont distribués expliquant la raison de la mobilisation au public très majoritairement solidaire, la question des salaires qui ne suffisent pas pour vivre étant quand même le sujet du moment pour la grande majorité de la population.
À l’Opéra de Rouen, les revendications sont claires : pas un salaire en-dessous de 1 800 euros net et indexation des salaires sur l’inflation ! La direction refusant catégoriquement de discuter sur ces bases qu’elle juge « hors-sol et irresponsables », de nouvelles grèves sont d’ores et déjà envisagées. Et la nécessité que tous les autres lieux de culture de la région et au-delà se mettent aussi dans la bagarre est dans toutes les têtes.




