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Pérou : le mécontentement enfle contre la destitution de Castillo
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Alors que de nombreuses manifestations ont éclaté depuis jeudi au Pérou réclamant la libération de l'ancien président Pedro Castillo après sa tentative ratée de coup d'État, la nouvelle présidente Dina Boluarte doit annoncer son gouvernement samedi.
La nouvelle présidente du Pérou Dina Boluarte compte annoncer, samedi 10 décembre, son gouvernement mais le mécontentement grandit dans les rues, où des supporters de l'ancien président Pedro Castillo réclament sa libération et de nouvelles élections.
Dina Boluarte, vice-présidente jusqu'à son investiture mercredi après la destitution de Pedro Castillo par le Parlement, n'a pas exclu l'organisation d'élections anticipées tout en annonçant la formation samedi de son gouvernement. "Je lance un appel aux sœurs et aux frères qui sortent manifester pour leur demander de se calmer", a-t-elle déclaré à la presse. "Si la société et la situation le méritent, nous proposerons des élections dans le cadre de discussions avec les forces démocratiques du Congrès", a-t-elle déclaré, souhaitant chercher une solution pacifique à la crise politique.
De nombreuses manifestations ont éclaté depuis jeudi à Lima et dans plusieurs villes du pays, notamment les régions andines où Pedro Castillo, un ancien instituteur en milieu rural, bénéficie du plus grand soutien. Des blocages ponctuels de la route panaméricaine, la principale qui traverse le pays et qui s'étend du nord au sud du continent américain, se sont poursuivis vendredi.
"Nous voulons la dissolution de ce Congrès"
Des centaines de personnes ont marché dans les rues de la capitale péruvienne, pour exiger la libération de Pedro Castillo. "J'ai voté pour Castillo, ce Congrès ne nous représente pas, nous voulons la remise en liberté de Castillo", a déclaré à l'AFP Maribel Quispe, une manifestante à Lima.
"Nous voulons la dissolution de ce Congrès corrompu et qu'ils libèrent Castillo. Il a pris la décision de dissoudre le Parlement parce qu'ils ne l'ont pas laissé travailler", a déclaré Sara Medina, qui manifestait également dans les rues de la capitale
Aux cris de "putschiste", les protestataires ont brûlé des banderoles à l'effigie de Dina Boluarte.
Plusieurs dizaines de policiers anti-émeute ont fermé les boulevards menant au Parlement, pour empêcher la manifestation de passer. La police avait fait usage jeudi de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui se dirigeaient déjà vers le Parlement, en arborant des pancartes "Liberté pour Castillo", "Boluarte ne me représente pas" ou "Dissolution du Parlement".
"Nous vivons un coup d'État décrété par le Congrès putschiste. Ce n'est pas possible qu'un petit groupe de cent personnes puisse destituer un président élu par des millions de personnes", a déclaré Ana Zevallos, une manifestante.
Le Bureau du médiateur a appelé sur Twitter "tous les citoyens à être calmes et responsables", rappelant que "l'utilisation de moyens violents pendant les manifestations (était) interdite".
Après sa tentative ratée mercredi de dissolution du Parlement et d'instauration d'un État d'urgence, une manœuvre qualifiée de "coup d'État", Pedro Castillo a été placé en détention provisoire jeudi pour sept jours sur réclamation du Parquet qui le poursuit pour "rébellion" et "conspiration". Il est détenu dans une caserne de la police, la même où un autre ex-président, Alberto Fujimori (1990-2000), purge une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l'humanité et corruption.
Son ancien chef de cabinet Guido Bellido ainsi que Me Guillermo Olivera, l'un de ses avocats, ont laissé entendre vendredi que Pedro Castillo avait "peut-être été incité" à dissoudre le Parlement sous l'effet de psychotropes. "Il ne se souvient pas" de son annonce télévisée, a affirmé Guidio Bellido, réclamant la réalisation d'un "test toxicologique de toute urgence" sur l'ancien instituteur.
"Tout le monde a vu qu'il lisait d'une manière tremblante et j'émets l'hypothèse qu'il était sous l'emprise d'un sédatif", a renchéri Guillermo Olivera, affirmant qu'un verre de "supposée eau" avait été servie à son client avant qu'il ne lise "ce message écrit par d'autres personnes, quelques minutes auparavant".




