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Entretien d’Olivier Mateu (CGT) dans la Marseillaise
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
ENTRETIEN D'OLIVIER MATEU AVEC LA MARSEILLAISE - Unité CGT (unitecgt.fr)

Nous relayons dans les colonnes d’UnitéCGT cette interview au journal La Marseillaise d’Olivier Mateu, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.
Le lien du journal La Marseillaise : https://www.lamarseillaise.fr/social/la-cgt-doit-etre-une-organisation-emancipatrice-GL12911160
Olivier Mateu, secrétaire général de l’UD CGT 13,a annoncé sa candidature pour prendre la tête de la CGT à quelques mois du prochain congrès confédéral. Propositions pour l’avenir, raisons de cette candidature…Il développe sa vision de l’organisation.
La Marseillaise : Vous avez annoncé votre candidature pour devenir le prochain secrétaire général de la CGT. Est-ce une déclaration d’intention ?
Olivier Mateu : Ce n’est pas moi qui ai décidé d’annoncer ma candidature. À la vue de la situation de la CGT, des difficultés que l’on rencontre pour traiter des questions qui touchent à la vie de l’organisation, ses orientations et sa stratégie, nous avons considéré que la direction confédérale ne permettait pas d’avoir des débats de la bonne manière sur ces sujets. La commission exécutive de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône a décidé de mettre à disposition la candidature du secrétaire général. Ce n’est pas une décision individuelle mais bien de l’organisation. Cette décision ne doit pas conduire au conflit, ce n’est pas une question de guerre de places, d’individus. On est ici sur de la confrontation d’idées, sur des questions de fond. Il y a quelques congrès en arrière, le slogan était « la CGT, vous la voulez comment ? ». Il est temps d’y répondre.
Quel est le sens de cette candidature ?
O.M. : Il y a un certain nombre de positions qui ont été prises et rendues publiques alors qu’elles n’ont jamais fait l’objet de discussions, ni dans les instances de direction, ni en comité confédéral national, ni avec certaines fédérations concernées par ces décisions. Ce n’est pas acceptable. Je prends l’exemple du collectif « Plus jamais ça » mais je pourrais en prendre d’autres. Dans ses premières positions, ce collectif se place clairement pour la fermeture des centrales à charbon, des centrales nucléaires, pour l’arrêt du raffinage. En soi, ce n’est pas impossible que la CGT puisse être amenée à dire « telle activité il faut l’arrêter ». Sauf que la CGT n’a pas vocation à mettre fin à des filières industrielles sans avoir réfléchi à la transition pour répondre aux besoins que couvrent ces filières et assurer un avenir pour les travailleurs de celles-ci. De plus, tout cela se fait sur fond de libéralisation du marché. Et la CGT fait des propositions de cette nature-là ? Comme si, en face de nous, nous avions des interlocuteurs qui seraient prêts à discuter de tout. Or nous savons bien que ce n’est pas le cas. Le capitalisme ne peut pas être moralisé, ni raisonné. Sa vocation première est de faire du profit, à n’importe quel prix. Faire ces propositions est donc très dangereux comme stratégie : il y a des fermetures d’usines si cela est pris au pied de la lettre, et plus globalement cela nous désarme.
Vous jugez que ces positions s’inscrivent dans une forme d’accompagnementdu capitalisme ?
O.M. : C’est se transformer en lobby, en syndicalisme d’accompagnement. Un syndicalisme qui a eu ses heures de gloire, il y a quelques décennies. Le secrétaire général de FO parlait de grain à moudre à l’époque. Mais aujourd’hui, du grain à moudre, il n’y en a plus. Le capital n’est pas prêt à lâcher quoi que ce soit. Il ne s’agit pas d’avoir un discours guerrier mais bien de repositionner les choses. La lutte des classes existe, elle est menée par le camp d’en face. Nous ne sommes pas apolitiques, nous sommes dans le camp des travailleurs. Et dire que nous sommes contre le capitalisme ne suffit pas, il faut aussi travailler à la construction d’une société nouvelle. Mais quand la CGT arrive avec ces propositions, comme « Plus jamais ça », qui n’ont aucun impact sur l’organisation de l’économie et qui nous mettent en difficulté avec des milliers travailleurs, cela ne nous met pas en position de force face au patronat. C’est se condamner à l’inutilité. Or un syndicat est un outil. Si les travailleurs jugent qu’il est utile, ils s’en servent. S’ils considèrent qu’il est inutile, voire néfaste pour leurs intérêts, ils le rangent au fond du garage. Ce n’est pas une crainte, c’est une réalité. Depuis plusieurs années, dans ce pays, nous sommes confrontés à des mouvements qui s’organisent en dehors des organisations historiques, notamment de la CGT. Un fossé se creuse.
D’autres composantes de la CGT soutiennent votre candidature ?
O.M. : Il y en a. Certaines se sont exprimées et d’autres le feront. Mais nous ne sommes pas en campagne électorale. Nous visons à installer un débat serein et constructif pour que la CGT sorte grandie par ce congrès, avec des syndicats qui s’approprient facilement l’ensemble des contenus. Nous n’avons pas d’ennemi à la CGT, ce n’est pas une guerre entre deux courants de pensée. Les travailleurs attendent une CGT porteuse de revendications, prête à une confrontation de haut niveau avec le gouvernement et le patronat pour reprendre les richesses volées par une infime minorité. Il va y avoir la bataille des retraites, il faut aller chercher les richesses pour renforcer les services publics, le système de retraite par répartition et la sécurité sociale.
Justement, ne craignez-vous pas que cette candidature provoque une division à la CGT avant cette bataille des retraites ?
O.M. : Pourquoi de la division ? Il y aurait un candidat pour la retraite à 65 ans ? Moi je suis pour la retraite à 60 ans et sans pensions en dessous du Smic. Je ne pense pas qu’il y ait de désaccord avec ça à la CGT. Des désaccords existent et ce n’est pas dramatique. Ils doivent être traités dans le cadre du congrès. Tout le monde a découvert dans la presse que le secrétaire général sortant allait arrêter. Et on apprend qu’il laisse aussi une feuille de route. Or c’est au congrès de tracer cette feuille de route. C’est bien parce qu’on est en désaccord avec cela qu’on entend porter des éléments dans le débat. Sinon, personne ne peut reprocher à l’UD CGT 13 de ne pas engager toutes ses forces dans toutes les batailles interprofessionnelles.
Certains disent que vous représentez la ligne radicale de la CGT, que leur répondez-vous ?
O.M. : Ce sont ceux qui n’ont pas d’argument face à ce que nous proposons qui passent par cette caricature. Qu’est-ce que nous revendiquons qui n’est pas dans le cahier revendicatif de la CGT ? Réaffirmer que le problème c’est le capitalisme ? Que la vocation de la CGT c’est d’être utile et de mener de front le combat pour la défense des droits des travailleurs ? Si c’est ça être radical, cela signifie que ceux qui ne sont pas radicaux sont pour rester dans le capitalisme, l’accompagner. Il n’y a qu’à faire un tour dans l’hôpital public pour voir qu’il y a un problème. Des choix ont été faits depuis quelques décennies qui ont éloigné la CGT des enjeux de société. La CGT doit être une organisation émancipatrice.




