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Alimentaire : les industriels maintiennent leurs (gros) profits... malgré les suppliques de Le Maire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Si la hausse des prix a ralenti le mois dernier, les derniers chiffres publiés par l'Insee montrent que les industriels de l'agroalimentaire ont continué à alimenter l'inflation en augmentant sensiblement leurs marges. Une situation face à laquelle le gouvernement et Bruno Le Maire peinent à se montrer efficaces.
L'inflation décélère doucement. La hausse des prix a ralenti au mois de mai (+5,1 % contre +5,9 % en avril), selon l'indice établi par l'Insee. De la même manière, les prix de l'alimentation augmentent moins vite (+14,1 % contre +15 % en avril), tout en se situant à un niveau très élevé. Malgré tout, les ménages trinquent, la consommation alimentaire a continué sa chute, en baissant de 1,8 % le mois dernier. Et pendant ce temps, les grands industriels de l'agroalimentaire continuent à jouer au chat et à la souris avec Bruno Le Maire.
Après avoir clamé à la fin de l'année dernière qu'il n'y avait pas « de profiteurs de l'inflation dans l'alimentaire », le ministre de l'Économie a bien été forcé de constater que les industriels ne répercutaient pas la baisse du cours de leurs matières premières (celui du blé tendre a par exemple baissé de 31 % en un an). Depuis plusieurs semaines, Bruno Le Maire les enjoint donc à relancer des négociations commerciales avec les distributeurs, en espérant que tous s'accordent sur des prix plus raisonnables dans les rayons. En vain, pour le moment. Si bien que le ministre les menace d'utiliser « l'instrument fiscal pour rendre les marges aux consommateurs » sans toutefois passer de la parole aux actes.
Pourtant, depuis la fin de l'année dernière, la hausse des prix de production des produits alimentaires s'explique en bonne partie par la nette hausse des marges dégagées par les industriels. En clair, c'est notamment à cause de leurs profits que les prix continuent à augmenter dans les rayons. « En se penchant sur les chiffres de l'Insee, on constate que les profits expliquent plus de 70 % de la hausse des prix de production entre le quatrième trimestre 2022 et le premier trimestre 2023 », explique à Marianne l'économiste Sylvain Billot, après avoir actualisé ses calculs réalisés mi-avril pour l'Institut la Boétie, lié à la France Insoumise.

Le taux de marge a nettement augmenté dans l'industrie agroalimentaire.
Graphique de Sylvain Billot / Données Insee
Au premier trimestre, le taux de marge dans le secteur de l'industrie agroalimentaire s'est situé à un niveau jamais atteint depuis le milieu des années 1990, 48,14 %. Cet indicateur correspond à la part de la valeur ajoutée qui revient à l'entreprise après avoir payé ses salariés et réglé ses impôts de production.
LES SALARIÉS SACRIFIÉS
Certes, le taux de marge de ces entreprises avait nettement baissé au plus fort de la crise sanitaire. La récente remontée pourrait donc constituer un rattrapage. Sauf que les marges de l'industrie agroalimentaire sont bien plus élevées qu'avant l'apparition de la crise Covid (42,24 % au premier trimestre 2020). Pour Sylvain Billot, « ces résultats sont d'autant plus exceptionnels qu'ils sont réalisés dans un contexte de baisse de la productivité du travail ».
Dans cette industrie, comme dans le reste de l'économie, la productivité baisse en effet de manière inquiétante depuis l'apparition de la pandémie (-3,6 % entre fin 2019 et fin 2022 selon l'Observatoire français des conjonctures économiques), ce qui aurait normalement dû conduire à une réduction du taux de marge selon l'économiste Sylvain Billot. Cela ne s'est pas passé ainsi.
En fait, il est possible que les industriels aient profité de la période d'inflation pour augmenter leurs marges, compenser la perte née de la baisse de productivité, sans pour autant augmenter significativement les salaires. Les grands perdants sont les salariés, dont la rémunération n'a pas suivi l'inflation. Les salaires bruts horaires réels dans l'industrie agroalimentaire ont encore baissé de 1,9 % au premier trimestre, selon les calculs de Sylvain Billot.




