Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Kouvelakis : Qu’est-ce que l’extrême droite ? (16/06)
- Mélenchon invité de l’émission "Face aux Outre-mer" (16/06)
- Jeffrey Epstein, un pur produit du capitalisme prédateur (16/06)
- Liban : le Hezbollah résiste contre Israël, le gouvernement capitule (16/06)
- Liban : une délégation LFI en déplacement pour témoigner de sa solidarité face à la guerre d’invasion israélienne (14/06)
- Israël expulse une journaliste française : une atteinte inadmissible à la liberté de la presse (12/06)
- Sauvons "VU" - le Zapping critique du service public (12/06)
- Enseigner le français à Gaza la dévastée (12/06)
- Chimie, acier, emploi : quand l’effet domino menace le tissu industriel (12/06)
- Dans les médias, la bonne propagande contre la mauvaise propagandiste (11/06)
- Combien d’énergie consomme vraiment l’IA ? La réponse en infographies (11/06)
- Lordon : Défoncer la finance néolibérale : actions et actionnaires (11/06)
- "Canal +, Grasset… Le pouvoir intellectuel et culturel peut-il un jour basculer à l’extrême droite?" (11/06)
- Défoncer la finance néolibérale : banques, crédit, dette (10/06)
- Le plan de Bruxelles pour démanteler des pans entiers du droit national (10/06)
- Les banques mafieuses se gavent pendant que la crise se rapproche - Éric Toussaint (10/06)
- Décès de Jean Ziegler : retour sur soixante ans de combats (10/06)
- Décès de Jean Ziegler (10/06)
- Andalousie : une percée de la gauche radicale (09/06)
- Briser le bloc rural : neuf thèses sur la lutte contre l’extrême droite dans les ruralités hexagonales (09/06)
- Entretien de Mélenchon dans "Alternatives économiques" (06/06)
- Nouvelle-Calédonie : non-lieu général ordonné en faveur des militants kanak de la CCAT (05/06)
- Manuel Bompard invité de France Info (05/06)
- Socialiser le capital : une méthode (04/06)
- Politique du désajointement : tenir dans ce qui ne tient plus (04/06)
Liens
Les mensonges de Nicolas Sarkozy sur Gbagbo
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les mensonges de Nicolas Sarkozy sur Gbagbo - Mondafrique

C’est entendu, Nicolas Sarkozy ne passera pas ses vacances avec Laurent Gbagbo. L’ancien président, qui tente en ce moment un come-back politique, en France, ne jure que par « son ami » Alassane Ouattara dont il loue « l’expérience » et « la sagesse » dans son dernier livre, Le temps des combats (Fayard).
Norbert NAVARRO
Tout à son «admiration » pour le président ivoirien, Sarkozy n’hésite pas à y dérouler le désormais caduc narratif de la crise de 2010-2011, abusivement versé au dossier d’accusation du procès de Laurent Gbagbo par le bureau du procureur de la Cour pénale internationale, au mépris du jugement de la CPI en première instance et de son arrêt en appel.
Décembre 2010, à Abidjan.
Président de la Commission électorale indépendante, Youssouf Bakayoko est acheminé par les airs à l’hôtel du Golf, camp retranché d’Alassane Ouattara, afin d’annoncer en moins d’une minute, devant l’objectif d’une camera française, la victoire de ce dernier à l’élection présidentielle. Quelques heures plus tard, à l’inverse, le Conseil constitutionnel proclame la victoire de Laurent Gbagbo. Les jours passent. Avec ses deux présidents et ses deux armées, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans la crise post-électorale. A l’hôtel du Golf, Alassane Ouattara se morfond, sous la garde des casques bleus de l’ONUCI. Il va de soi que pas un coup de feu n’a jamais été tiré sur cette emprise de la mission des Nations-Unies en Côte d’Ivoire, car la riposte internationale aurait été immédiate. Ce qui n’empêche pas Nicolas Sarkozy d’affirmer que « c’était désormais avec des mortiers que Gbagbo attaquait son rival victorieux. L’hôtel du Golf où était réfugié Alassane Ouattara se trouvait pilonné par des obus de fort calibre plusieurs fois par jour » (p439) ! Credo quia absurdum.
Tenant ensuite à affirmer contre toute évidence que Laurent Gbagbo disposait alors « de puissants réseaux au sein du PS français », l’auteur du Temps des combats affirme que « Laurent Gbagbo était membre de l’Internationale socialiste ». Manifestement, Nicolas Sarkozy a négligé de demander à son successeur, François Hollande, de le relire avant publication.
Mais là où l’historien Sarkozy franchit les bornes, c’est lorsqu’il écrit que « le camp Gbagbo n’hésitait pas à attaquer à l’arme lourde des quartiers supposés acquis à son adversaire, comme lors de l’attaque du marché d’Abobo » (p440). Or cette affirmation mensongère n’est rien d’autre que l’un des chefs d’accusation du procureur de la CPI dans le procès Gbagbo, à l’issue duquel, rappelons-le, l’ex-président ivoirien a été innocenté de toutes les charges pesant injustement contre lui. Au mépris de la chose jugée, l’avocat Sarkozy persiste donc à accuser publiquement un innocent
Le monde d’avant.
Nicolas Sarkozy n’en a probablement cure. En cette rentrée sociale des plus délicates en France pour un exécutif privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale, confrontés à la grogne des Français face à l’envolée des prix de l’énergie, l’ancien président laisse les nostalgiques le présenter en recours, car en 2027, le président Macron ne pourra se représenter à l’issue de son second quinquennat.
Que pèseront donc aux yeux des lecteurs français les mensonges de Sarkozy sur Gbagbo ? Reste que, sur les bords de la lagune Ebriée, ceux du Temps des combats apprécieront sans doute à leur juste valeur les contrevérités de Sarkozy, tout comme son hommage appuyé à Ouattara (qui s’en serait probablement bien passé), quand par exemple il présent le président ivoirien comme « l’un des plus reconnus et des plus influents » (p441).
En France comme en Afrique, le monde d’avant tente de faire de la résistance.




