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Elections au Pays basque espagnol : le parti séparatiste de gauche réalise une percée historique
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Parti nationaliste basque réussit à garder le pouvoir de justesse. Mais la forte montée en puissance des indépendantistes, héritiers du bras politique de l'ETA, annonce un changement de cycle.

Pello Otxandiano, le candidat de EH-Bildu, célèbre les résultats des élections régionales basques à Bilbao, dimanche 21 avril 2024. (Alvaro Barrientos/Ap/SIPA)
La coalition de la gauche indépendantiste basque EH Bildu menace l'hégémonie du Parti nationaliste basque (PNV, contre droit) sur le Pays basque espagnol. Les deux formations sont arrivées au coude à coude aux élections régionales dimanche, avec 27 élus chacune dans un parlement qui compte 75 sièges. Le PNV conserve néanmoins un court avantage en nombre de voix, avec 35,2 % des suffrages contre 32,5 % pour EH Bildu.
En dépit de ce score serré, tout indique que le PNV se maintiendra sans problème à la présidence de la région, en s'appuyant sur une alliance avec le parti socialiste (12 députés) comme il l'avait déjà fait ces dernières années .
« Nous avons gagné les élections, je gouvernerai pour tous », promettait Imanol Pradales, le candidat du PNV dimanche soir, visiblement soulagé d'être en tête au moins en nombre de voix. L'heure n'est pas au triomphalisme, alors que le sol commence à se dérober pour les nationalistes modérés, en perte de vitesse. « Ils ont sauvé les meubles pour l'instant, mais il est clair qu'EH Bildu se présente comme une alternative plausible dans les prochaines années », avertit José Miguel Santamaria, le directeur du quotidien de Bilbao « El Correo ».
Vote des jeunes
La coalition de gauche indépendantiste, héritière du bras politique de l'ETA, est en effet en pleine ascension. Elle a obtenu six députés de plus qu'il y a quatre ans et la vague de fond semble imparable grâce au vote des jeunes. Elle est devenue la première force politique de gauche et se situe en position de mettre fin aux 40 ans de règne des modérés du PNV.
Rien ne devrait changer pour l'instant au Pays basque et pourtant, c'est une page qui se tourne. Cette montée en puissance d'EH Bildu est portée par le vote massif de toute une génération qui n'a pas connu les années de plomb du terrorisme de l'ETA et des attentats qui ont fait plus de 850 morts et 2.500 blessés.
Six ans après la dissolution complète de la bande armée, son bras politique est en train de se fondre dans le paysage politique basque. Elle a habilement avancé ses pions en intégrant, dans une même coalition, des anciens militants de l'ETA et d'autres qui s'étaient au contraire opposés à la violence terroriste.
Les exigences d'indépendance sont passées au deuxième plan et EH Bildu a misé, pour s'affirmer comme force de gauche, sur des revendications de justice sociale. Elle a déjà acquis un poids important au parlement espagnol. Ses six élus sont en effet alliés parlementaires du gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, à Madrid, et ils sont particulièrement actifs sur les dossiers sociaux.
Au Pays basque, la formation indépendantiste vient de prouver que la méthode fonctionne. Elle s'impose comme la principale force d'opposition en recueillant la lassitude face aux nationalistes modérés qui dirigent la région depuis des dizaines d'années.
Virage pragmatique
Le PNV, qui pensait faire valoir l'efficacité de sa gestion à la tête de l'une des régions les plus prospères d'Espagne, en est pour ses frais. Il n'a pas su répondre à l'inquiétude grandissante face à la détérioration des services publics, ou encore la flambée des loyers et la crainte de la désindustrialisation de la région. C'est ce malaise qu'est venue capter la gauche indépendantiste.
« Il n'y a pas de changement de couleur du gouvernement de la région mais un changement profond dans la société basque », décrit l'analyste Paco Camas, directeur du département opinion publique chez Ipsos. La gauche indépendantiste, qui avait été marginalisée du fait de sa proximité avec l'entourage de l'ETA, a su renouveler son image, explique-t-il. « EH Bildu a opéré un virage pragmatique en formulant des revendications concrètes en matière de défense de la santé publique ou du droit au logement au-dessus de la question identitaire, cela lui a permis d'élargir son espace à gauche en absorbant une bonne part du vote de Podemos dans la région. »
Lecture ambiguë du passé
Cette montée en puissance des anciens compagnons de route du terrorisme préoccupe ceux qui reprochent aux dirigeants d'EH Bildu de jouer sur une lecture ambiguë du passé et d'éviter toute autocritique en se contentant d'une sorte de « regret générique » de la souffrance causée aux victimes.
Mais les résultats de dimanche prouvent que cette position floue, qui scandalise les partis traditionnels, n'effraie plus les jeunes générations d'électeurs. « Le changement est en marche et il est imparable », affirmait Pello Otxandiano, le candidat tête de liste d'EH Bildu.




