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Victoire de la droite, les néofascistes sont la deuxième force au Portugal
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le résultat des élections anticipées du 18 mai au Portugal marque un tournant dans la politique portugaise. La droite traditionnelle arrive confortablement en tête et le Parti socialiste a moins de députéEs que l’extrême droite (après décompte des votes des circonscriptions d’émigration).
Les partis de droite dans leur ensemble obtiennent les deux tiers de l’Assemblée de la République, tandis que la gauche obtient le résultat le plus bas de son histoire.
À gauche, tous les partis à la gauche du PS ont obtenu leur plus bas résultat. Livre (Verts européens) a connu une légère hausse, les communistes ont perdu environ 20 000 voix et ont atteint leur plus bas niveau, et le Bloc de gauche a perdu plus de la moitié des voix qu’il avait obtenues lors des élections de 2024, n’élisant qu’une seule députée, Mariana Mortágua.
Programme raciste
L’extrême droite a conquis la plupart des districts du sud du pays, bastions traditionnels de la gauche, et a gagné du terrain parmi ses électeurs. C’est dans les campagnes et les anciennes zones industrielles que Chega trouve le plus de soutien, avec un programme de ressentiment anti-immigrés et anti-tsiganes qui parvient à mobiliser les votes.
Dans le contexte d’une crise provoquée par le Premier ministre lui-même — qui a gardé une société personnelle pour accepter des contrats d’entreprises (contre ses devoirs exclusifs) — la droite a réussi à mettre la question de l’immigration au centre du débat, ce qui a dominé les discours xénophobes et attiré les votes. Les immigréEs sont devenuEs le bouc émissaire de la crise du logement causée par la spéculation et des problèmes des systèmes de santé, de l’éducation et des services publics qui sont sous-financés et attaqués par des intérêts privés. De plus, ils sont devenus le centre d’une guerre culturelle qui a entraîné le Parti socialiste vers une position de droite sur la question.
Militarisme, autoritarisme et technopolice
La course à la guerre, sous la direction de Washington, domine la politique européenne et oriente le projet économique de l’Union européenne. Outre l’immigration, le discours militariste a également marqué les élections. La plupart des partis sont parvenus à un consensus sur la loyauté envers l’Otan, l’augmentation des dépenses militaires et l’escalade des armements, laissant les partis anticapitalistes isolés.
Avec l’extrême droite qui dépasse pour la première fois le Parti socialiste, la politique portugaise entre véritablement dans une nouvelle phase. Michael Löwy a déclaré il y a quelques années que la gauche n’avait pas prévu la « vague brune » en Europe, aux États-Unis et au Brésil. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus dire que nous n’avons pas été prévenus.
La dérive autoritaire dans le contexte de la crise de l’accumulation capitaliste s’accompagne de formes de domination technologique, à travers la socialisation numérique et la plateformisation du travail, avec des algorithmes contrôlés par une techno-oligarchie toute-puissante au service de l’extrême droite.
Convergence et résistance unitaire
Dans ce panorama politique national et international, et alors que plus des deux tiers des députéEs de l’Assemblée de la République siègent sur les bancs de la droite et de l’extrême droite, il devient possible pour la première fois depuis 50 ans de réviser la Constitution sans la participation du Parti socialiste. La lutte contre ce projet de revanche sur le 25 avril 1974 appelle à de larges convergences, y compris dans la perspective de l’élection présidentielle de janvier 2026.
Il est impératif de résister dans l’immédiat, mais aussi de construire une aile gauche forte pour riposter. Le Parti socialiste, affaibli, aura un seul candidat à sa direction, José Luís Carneiro, un ancien ministre lié à l’aile droite du parti, qui aura tendance à faciliter la viabilité du gouvernement de droite au motif d’écarter l’extrême droite du pouvoir. Ce contexte, s’il se confirme, fera de Chega — avec 22 % des voix et le deuxième parti au Parlement — la principale référence de l’opposition.
Les élections municipales se profilent à l’horizon immédiat. Le risque est la transformation de la Chega en une force plus ancrée territorialement, la poursuite du virage à droite et la disparition du PCP comme force de gouvernement (il est encore en tête dans 19 municipalités). Le Bloc de Gauche s’engage à programmer des accords pour des convergences à gauche, que ce soit avec le PS dans la capitale pour battre Carlos Moedas, ou pour affirmer des alternatives municipales à gauche, chaque fois que possible avec le PCP, Livre et le PAN.
Daniel Borges, rédacteur en chef d’Esquerda.net




