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Italie : 100 000 manifestants à Rome et une première journée de grève générale contre le génocide à Gaza
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ports, gares, écoles et usines bloqués : en Italie, la première journée de grève générale appelée par l’USB et les dockers de Gênes a été bien suivie. Plus de 100 000 personnes ont marché à Rome tandis que la grève a été particulièrement réussie dans les transports. Un exemple que doit suivre le mouvement ouvrier en France pour lutter contre le génocide.

Italie, 22 septembre. L’appel « Bloquons tout » à une journée de grève générale pour la Palestine a été très suivi. L’initiative, lancé par le syndicat de base USB et les dockers du CALP à la suite de l’assemblée citoyenne du 11 septembre à Gênes, a, de façon tout à fait exceptionnelle dans l’histoire récente du pays, fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans la rue avec des mots d’ordre politiques, sur des questions qui dépassent la question économique et les négociations syndicales. D’après l’USB, « tous les principaux ports d’Italie ont été bloqués, ainsi que 90 % des transports publics et 50 % des chemins de fer », faisant de ce premier jour de grève générale une journée très réussie.
De la solidarité avec la « Global Sumud Flotilla », contre laquelle Israël a menacé d’appliquer des mesures antiterroristes, à la rupture des accords militaires avec l’État colonial, en passant par le rejet de l’économie de guerre et le soutien inconditionnel à la cause palestinienne, les revendications du mouvement qui secoue aujourd’hui le Palazzo Chigi ont pu s’enraciner dans toute la péninsule et témoignent d’une politisation large, à tel point que des employés du Vatican se sont même mis en grève.
En témoigne la participation massive pour une journée de lutte dont le grand absent était la CGIL, la principale confédération syndicale du pays, qui a décidé à la hâte de convoquer une autre date pour tenter de ramener le mouvement naissant dans un cadre institutionnel tout en le divisant. Une manœuvre bureaucratique qui a échoué. En effet, la grève du 22 septembre s’est étendue à plus de 80 villes, tandis que plus de 70 places ont été investies par les manifestants : non seulement dans les principales métropoles – Milan, Rome, Naples, Bologne, Palerme – mais aussi dans des villes petites et moyennes villes portuaires, où les travailleurs ont bloqué les ports de Gênes, Piombino, Trieste, Livourne, Ravenne, Salerne et Ancône.
À Gênes, le cortège principal s’est rassemblé directement devant le port, en bloquant les deux entrées, tandis qu’à Livourne, le collectif GAP, qui tenait un piquet depuis 6 h du matin, annoncé une nouvelle mobilisation, le 24 septembre, contre l’arrivée d’une cargaison d’armes israéliennes. La même chose s’est produit à Ravenne, où deux conteneurs destinés à Israël ont déjà été bloqués ces derniers jours. À Venise, des milliers de manifestants ont convergé vers le blocage du port de Marghera. L’A1, l’une des principales autoroutes du pays, a été bloquée pendant quelques heures à hauteur de Florence, tandis qu’un cortège a défilé sur l’autoroute Florence-Pise-Livourne, paralysant le trafic à partir de la jonction près de l’aéroport.
Les pompiers se sont eux sont joints au mouvement pendant une grève de quatre heures, tandis que dans le secteur de la santé, les personnels étaient en grève dès la première équipe du matin. De même, l’édition de 12 heures du journal télévisé de TG3 n’a pas été diffusée en raison de la grève des techniciens de plateau, tandis que la rédaction elle-même a fait savoir que les journalistes étaient solidaires de la lutte mais qu’ils travailleraient pour assurer la couverture médiatique.
Dans le secteur ferroviaire, les travailleurs des trois principales compagnies opérant dans le pays – Trenitalia, Italo et Trenord – se sont joints à la grève, qui a débuté le dimanche 21 à minuit et va durer jusqu’à lundi 23h. À Naples et à Turin, les gares centrales ont été bloquées, tandis qu’à Milan, la mobilisation a également touché les bus, les trams et le métro, et même le secteur des taxis s’est joint à l’initiative ; dans toute la région, il y a des retards de plus de deux heures. À la gare Termini de Rome, tous les trains ont été annulés et le bâtiment a été fermé de crainte que les manifestants mobilisés devant les portes ne l’occupent. Matteo Salvini, l’actuel ministre des Infrastructures et des Transports, qui avait déjà fait des déclarations alarmantes à ce sujet dans le passé, a souligné une fois de plus la nécessité de « réviser la législation actuelle », c’est-à-dire une tentative de réprimer le droit de grève des travailleurs.
En ce qui concerne les écoles, l’adhésion à la grève a été, selon l’USB, « supérieure aux attentes, jusqu’à 70 % dans certaines villes » : les syndicats du secteur ont mobilisé les écoles publiques et privées de tous les niveaux. Les universités de Turin, Naples, Bari, Milan, Gênes, Lecce et Bologne, entre autres, ont également été bloquées pour exiger la rupture des accords avec Israël. À Rome, plus d’un millier d’étudiants ont occupé les trois entrées de la cité universitaire de la Sapienza. Deux cortèges d’étudiants sont partis du campus pour rejoindre la manifestation principale, qui a compté plus de 100 000 personnes.
À Bari, le cortège pro-palestinien est arrivé devant le consulat israélien, devant lequel des policiers en tenue anti-émeute étaient déployés, aux cris de « Meurtriers » et « Israël fasciste, État terroriste », tandis qu’à Milan des drapeaux américains, européens et israéliens ont été brûlés devant le consulat américain ; à Naples, les portraits de Netanyahou et de la présidente Giorgia Meloni ont subi le même sort, signe que le niveau de conflictualité et la colère envers les dirigeants politiques nationaux est élevé.
Ce fut une journée de lutte qui a redonné espoir à toute cette partie de la population qui rejette la complicité de la classe politique italienne avec le génocide en cours, et qui aujourd’hui a pu relever la tête, en dépit de l’invisibilisation médiatique et de la répression politique subies par le mouvement pro-palestinien. Cette première journée de mobilisation constitue un point d’appui important pour élargir le mouvement. La paralysie des transports et d’autres secteurs témoignent de la force de frappe du mouvement ouvrier et de son rôle fondamental dans la lutte contre le génocide.
Alors qu’Israël a lancé une nouvelle invasion de Rafah et que Trump avance dans les préparatifs pour mettre en œuvre son plan génocidaire, il devient impératif de relancer la vague de cette grève générale pour construire, en Italie comme ailleurs, une alternative politique révolutionnaire à la hauteur de la situation historique. À Gênes, le syndicat de base USB discute déjà de la suite à donner : la proposition est celle d’un embargo économique total contre Israël, mais ce n’est qu’un début. La mobilisation du mouvement ouvrier italien a tout d’un appel auquel les travailleurs français doivent répondre.
Alors que Macron tente de sauver moralement l’État français et ses alliés impérialistes, complices du génocide, en reconnaissant l’État de Palestine, alors même que la France continue de laisser passer les armes en direction d’Israël, nous ne pouvons avoir aucune illusion dans les manœuvres diplomatiques de l’impérialisme français. Les initiatives prises par la CGT, qui a appelé à une journée de mobilisation, ce dimanche, sont totalement insuffisantes face à la gravité de la situation. Ce n’est pas avec des appels abstraits à la paix et en s’appuyant sur l’ONU ou la solution à deux États que le cauchemar des Palestiniens prendra fin mais bien en privant Israël du soutien de ses alliés impérialistes par les méthodes de la lutte des classes et de la grève. Les directions syndicales doivent rompre avec leur passivité et jeter les forces du mouvement ouvrier dans la bataille.




