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Grève des aiguilleurs du ciel: poursuite mercredi
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire chez les aiguilleurs, avait déposé un préavis de mardi à jeudi. Mais, après l’intervention du ministre des Transports Frédéric Cuvillier, qui a demandé avec son homologue allemand à la Commission européenne de surseoir à ses projets de libéralisation, le SNCTA a salué une «évolution encourageante» et a levé son préavis pour jeudi.
Le mouvement doit toutefois se poursuivre mercredi, d’autres organisations ayant également appelé à la grève.
Pour la journée de mardi, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a recensé 1.800 vols annulés alors qu’en moyenne «il y a 7.650 vols sur la journée». Mais, selon un porte-parole, en raison des mesures prises en amont il n’y a «pas eu d’annulations à chaud», ni «de retards notables constatés».
A Roissy, une source aéroportuaire a toutefois indiqué dans la soirée que six vols avaient été annulés «à chaud» vers New York, Helsinki, Luxembourg, Copenhague, Chicago et Montpellier.
La DGAC avait demandé aux compagnies de réduire leur programme de vols de 50% à Roissy, Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Selon les données recueillies par l’AFP, les taux d’annulation allaient de 30% à 50% dans la plupart de ces aéroports.
D’autres sites ont également été touchés comme Tarbes, Montpellier, Biarritz ou Perpignan, certains fermant même provisoirement leurs portes.
Dans un communiqué la DGAC a rappelé mardi soir que sa demande de réduction de 50% des vols concernait aussi la journée de mercredi, indiquant qu’elle prévoyait «un retour à la normale» jeudi.
«Les yeux et les oreilles des contrôleurs»
Outre le SNCTA, les syndicats CGT, CFDT, Unsa et FO de la DGAC ont appelé à la grève mercredi, dans le cadre d’une journée d’action européenne, qui concerne 10 autres pays. Hors de l’Hexagone, les transports devraient toutefois être moins affectés qu’en France.
Tous entendent dénoncer le projet de Bruxelles visant à créer un «ciel unique» européen.
Ce plan, lancé il y a une dizaine d’années, a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l’espace aérien, baisser les coûts de gestion du trafic de 50% et réduire de 10% les incidences sur l’environnement. Mais il patine en raison des réticences, voire du blocage, de nombreux Etats membres.
L’espace aérien de l’UE compte 60 centres de contrôles du trafic aérien gérés par 27 systèmes nationaux. Conséquence de cette fragmentation, les distances à parcourir sont plus longues car les contrôleurs ne peuvent gérer plus d’un certain nombre de vols en même temps. «Cela fait plus de 10 ans que nos compagnies aériennes et leurs passagers sont confrontés à des réductions de services et à des retards sur le chemin qui doit mener à un ciel unique européen. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer ainsi», a plaidé le commissaire européen des Transports, Siim Kallas, lors de la présentation du projet visant à relancer cette réforme dans l’après-midi au Parlement européen.
«Quel est le problème?», a-t-il lancé ensuite lors d’une conférence de presse, lorsqu’on l’invitait à commenter la grève en France. «Nous proposons uniquement des changements modestes qui entreront pleinement en vigueur en 2020», a-t-il ajouté. «Il y a de la marge pour des changements structurels et nous pensons que cela créera des emplois supplémentaires».
«Ce qui nous pose problème, ce n’est pas le principe des règlements +ciel unique+ qui visent à harmoniser la gestion de la navigation au niveau européen», a expliqué de son côté à l’AFP Olivier Joffrin, responsable de l’Usac-CGT. Mais, a-t-il ajouté, «ce qu’on n’accepte pas, c’est que la Commission utilise ce biais pour privatiser, et pousser à la libéralisation d’un certain nombre d’activités».
Il a cité notamment les services qui s’occupent de l’entretien des antennes radars, qui «sont clairement les yeux et les oreilles des contrôleurs», et dont l’externalisation présenterait un risque pour la sécurité.




