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Pourquoi la grève se poursuit au Mont-Saint-Michel

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Brève publiée le 11 juillet 2013

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) Mercredi 10 juillet, pour la deuxième fois de son histoire, le Mont-Saint-Michel accueillait le Tour de France. Un événement miné par une contestation salariale grandissante : en grève depuis de nombreuses semaines, les employés du Mont espéraient profiter de l'occasion pour médiatiser leurs revendications. Depuis le 3 juin, le Mont-Saint-Michel connaît un mouvement de grève sans précédent. Causes de la grogne : la disparition des navettes réservées aux salariés, mais aussi le prix du parking, en forte augmentation. Des changements provoqués par les gigantesques travaux lancés en 2006. Au total, quelque 200 millions d'euros ont été investis dans ce projet pharaonique, destiné à lutter contre l'inexorable ensablement du monument.

Premier point qui cristallise le mécontentement, les navettes. Depuis le 3 juin, ces dernières, qui transportaient les salariés du parking jusqu'au pied des remparts, ont disparu. "Maintenant, lorsque nous commençons la journée, nous devons d'abord marcher 300 mètres pour prendre la navette, qui nous dépose à 400 mètres des remparts. Ensuite, pour ceux qui travaillent comme moi à l'abbaye, nous avons encore une ascension qui équivaut à dix-huit étages", déplore Serge Poisson, technicien du service culturel au Mont et secrétaire de section CGT. Il habite à une vingtaine de kilomètres de son lieu de travail. Un trajet qu'il met désormais une heure à effectuer.

REVENDICATIONS SALARIALES

Face aux revendications des salariés, le syndicat mixte cristallise l'opposition. Ce conglomérat regroupe la région Basse-Normandie, le conseil général de la Manche, ainsi que la région Bretagne. Un collectif institutionnel est chargé de piloter les travaux de désensablement, tandis que depuis 2006, le syndicat mixte a délégué à Transdev, filiale de Veolia, la gestion des navettes et du parking.

Mais du côté des institutions locales, on assure que si la grève perdure, c'est "parce qu'une minorité de salariés fait systématiquement blocage" aux offres du syndicat mixte. "Nous avons proposé aux salariés de mettre en place vingt-quatre navettes, spécialement pour eux, exactement comme avant. Pour l'instant, elles ne peuvent pas les déposer au pied du Mont à cause des travaux. Mais dès le 22 juillet, elles le feront à nouveau", assure-t-on au syndicat mixte.

"Nous attendons confirmation écrite. On est toujours en pourparlers", répond Serge Poisson, qui mène la fronde. Sur les 300 à 400 salariés que compte le Mont d'une saison à l'autre, les grévistes sont au nombre de 45. Tous travaillent à l'abbaye, en contrat avec l'Etat. Le monastère, qui domine le Mont, est fermé au public depuis lundi. Un blocage qui a nettement accéléré les négociations, affirme-t-on du côté des grévistes.

Du côté du Centre des monuments nationaux (CMN), l'organisme public employeur des grévistes, Philippe Belaval, président de l'organisation, déplore l'impact financier des telles actions. "Ce mouvement extrêmement long a porté atteinte aux finances de l'établissement. Nous estimons les pertes à plusieurs centaines de milliers d'euros, probablement plus de 500 000 euros", affirme-t-il.

"LE MONT PERD SON CARACTERE POPULAIRE"

En attendant que les pourparlers aboutissent, la grève perdure. Les salariés ont reçu le soutien des riverains et commerçants, qui se sont associés au mouvement, à l'image de l'association La Baie du Mont-Saint-Michel, dont Philippe Cathonnet est le porte-parole. Lui peste surtout contre l'augmentation du prix du parking, passé de 8,50 à 12 euros le 3 juin dernier. "Le Mont est en train de perdre son caractère populaire", déplore-t-il.

Son association fait désormais partie du collectif Agir ensemble pour le Mont-Saint-Michel, un rassemblement qui regroupe des composantes hétéroclites. Commerçants, chambres de commerce et d'industrie, mais aussi diocèses : de nombreux acteurs se mobilisent. "Nous nous battons pour les visiteurs, assure Philippe Cathonnet. Désormais, les touristes doivent patienter 45 minutes pour être déposés à 500 mètres des remparts. Et pour les personnes handicapées, c'est encore plus compliqué."

Le collectif assure que ces modifications d'accès ont un impact fort sur le nombre de visiteurs. La fréquentation de ce site classé par l'Unesco aurait diminué de 25 %. En 2013, le collectif estime que cette baisse pourrait aller jusqu'à 40 %.