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Près de 300 salariés du site de PSA Vesoul ont débrayé hier

lutte-de-classe

Brève publiée le 13 septembre 2013

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(L'Est Républicain) Vesoul. Nouveau patron du site de PSA Vesoul, Jean-Paul Bigot reconnaissait que l’un de ses premiers défis serait d’expliquer le nouveau contrat social souhaité par la direction du groupe (notre édition d’hier). L’ancien directeur des ressources humaines de Sochaux aura mesuré de plus près hier « les attentes » d’une partie des salariés (environ 300 selon la CGT, 150 selon la direction) qui ont, en début de matinée, décidé de débrayer et de bloquer les entrées du site. Mouvement interrompu à la mi-journée avant de reprendre en fin d’après-midi et qui a perturbé plusieurs ateliers et magasins sans « nuire à la relation clients » selon le service communication de l’établissement.

« Rien n’entre, rien ne sort ! Il y en a marre de trimer dur et de voir que l’argent, il n‘est que pour les actionnaires… » résume un gréviste. Le discours de la base, assez radical, est à la hauteur des inquiétudes devenues matériaux hautement inflammables.

Il ne manquait donc qu’une étincelle pour allumer l’incendie chez le premier employeur de Haute-Saône. Une distribution de tracts de la CGT a ainsi suffi pour que la pause casse-croûte du matin, vers 7 h, se transforme en mouvement revendicatif.

« Ce sont bien les salariés qui ont décidé d’arrêter le travail », insiste Martial Mérat, délégué central cégétiste : « Nous, nous soutenons et encadrons l’action pour dire clairement : ça suffit ! La direction qui veut nous imposer son nouveau contrat social doit prendre en compte le ras-le-bol de nombreux salariés devant les attaques sur leur pouvoir d’achat. »

Ciel mon samedi !

Au premier rang des sujets qui fâchent, le sujet des heures supplémentaires et notamment des samedis travaillés. Actuellement majorés de 45 %, ceux-ci ne bénéficieraient plus que d’un bonus de 25 % et ne seraient décomptés en fin d’année que s’ils n’ont pas été compensés par d’autres journées non travaillées.

« Ajoutez le gel des salaires jusqu’en 2016, la perte de certaines primes et le tableau est complet ! » résume Martial Mérat avant que son camarade Jean-Pierre Quirot n’ajoute : « Avant, en travaillant quelques samedis, on pouvait s’acheter une télé ! Maintenant… »

Sur un site réputé plutôt calme socialement, le mouvement s’est aussi nourri hier d’autres ingrédients. L’exemple du débrayage de Mulhouse la veille (lire notre encadré) qui a incité certains salariés à ne pas rester « à la traîne ». Mais les nouvelles normes de mobilité envisagées sont elles aussi dans les têtes : « Demain, un salarié pourra être muté entre Vesoul, Sochaux et Mulhouse par une simple lettre recommandée. S’il ne répond pas dans le mois, il subira un licenciement économique individuel sans indemnité. Vous croyez que l’on va accepter ça sans broncher ? » enchérit Martial Mérat. Après les sifflements de l’Axone, le printemps social pourrait être très chaud chez PSA…

François RUFFIN