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L'Amérique est devenue plus inégalitaire sous Obama
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) Les 10 % des ménages les plus aisés n'ont jamais accaparé autant de richesse.
Les raisons : la hausse du Dow Jones et la politique de la Fed.
Il se présente comme le président des classes moyennes. Mais l'accroissement des inégalités au cours des quatre dernières années fait qu'on l'assimilera peut-être davantage au président des riches. Le premier mandat de Barack Obama, qui coïncide avec la plus grande crise que le monde ait connue depuis les années 1920, sonne comme une période extrêmement faste pour les Américains situés en haut de l'échelle. L'an dernier, les 10 % les plus riches - ceux ayant gagné plus de 114.000 dollars - se sont adjugé la moitié des revenus du pays (50,4 %).
Une situation inédite
D'aussi loin que remontent les statistiques (1917), c'est la première fois qu'ils accaparent autant de richesse par rapport au reste de la population. Le constat, dressé par l'économiste Emmanuel Saez (université de Berkeley) dans une note publiée ce mois-ci sur « L'évolution des hauts revenus aux Etats-Unis », sonne comme un sérieux désaveu pour le président : loin d'avoir réduit les inégalités, il les a portées à leur plus haut niveau. « Elles dépassent même celles de 1928, qui représentait le pic de la bulle boursière pendant les Années folles », relève Emmanuel Saez. Le premier mandat de Barack Obama a ainsi bénéficié quasi intégralement aux ménages aisés : en quatre ans, le 1 % des plus riches a vu ses revenus bondir de près d'un tiers (31,4 %). Les autres sont à peine parvenus à les stabiliser (0,4 %). « Les premiers ont retrouvé pratiquement toute leur richesse, alors que les seconds ont à peine commencé à la reconstituer », poursuit Emmanuel Saez. Plus impressionnant : au cours des quatre dernières années, 95 % des augmentations des revenus (augmentations salariales, accroissement des intérêts du capital, plus-values immobilières, etc.) sont allées aux 10 % les plus riches. « Ces inégalités ne sont pas seulement mauvaises d'un point de vue moral. Elles le sont d'un point de vue économique », déclarait le président au début de l'été. « Il faut renverser cette tendance, c'est ma première priorité. »
Si les ménages aisés se portent si bien, c'est parce qu'une grosse part de leur fortune tient à la bourse, et que les marchés affichent une santé resplendissante. L'indice Dow Jones a doublé depuis 2009. Or, le fameux premier décile possède 90 % des actions détenues par les ménages ! La politique monétaire de la Fed, qui sera débattue demain au cours d'une réunion cruciale, leur a également beaucoup profité, car elle permet de maintenir les titres hypothécaires et les obligations au plus haut. Les mesures mises en avant par la Maison-Blanche pour réduire les inégalités paraissent bien faibles par comparaison. Elle a augmenté de 4 % l'impôt sur les très hauts revenus - excédant 450.000 dollars pour un couple - et relevé de 5 points la taxation du capital. « Ces changements […] sont modestes par rapport à ceux observés après la crise de 1929. Il est très peu probable que la concentration des revenus s'atténue dans les années qui viennent », regrette Emmanuel Saez. Le président lui-même reconnaît que la réforme fiscale est pour l'instant très insuffisante pour changer la donne. Mais le blocage au Congrès, qui perdurera jusqu'à au moins l'année prochaine, lui donne a priori peu d'espoirs de faire beaucoup plus.




