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Air France va supprimer 2800 emplois
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(wsws) Le 18 septembre, Air-France-KLM a annoncé la suppression de 2800 emplois dans le cadre de son plan de restructuration «Transform 2015». Cela fait suite à la suppression de 5600 emplois en 2012 sur un total de 69553 à Air France.
Ces licenciements ont été imposés aux travailleurs d'Air France-KLM par des «départs volontaires» acceptés par les syndicats. À partir de ce moment, les salaires ont été gelés et des cadences plus élevées ont été imposées. La vague actuelle de licenciements frappera 1800 personnels au sol, 350 pilotes, et 700 hôtesses de l'air et stewards. La bourse de Paris a signalé son accord en faisant monter la valeur des actions de la compagnie qui a presque doublé depuis le début du plan Transform 2015.
Béatrice Lestic, la dirigeante de la CFDT (Confédération française démocratique du travail) à Air France, a applaudi les coupes effectuées dans le cadre du plan Transform 2015 qu'elle considère comme une gestion intelligente de l'entreprise. En 2012, elle disait: «Pour paraphraser le discours politique actuel, nous sommes d'accord sur la cure d'austérité à condition qu'il y ait de l'autre côté, des mesures de croissance… Aujourd'hui, nous sommes prêts à faire des sacrifices, à condition qu'on nous fasse des propositions, un projet d'avenir pour l'entreprise…»
Avec ces nouvelles pertes d'emplois, la compagnie cherche à réduire sa dette de 2 milliards d'euros sur trois ans, en insistant de manière hystérique sur l'idée que sans le plan Transform 2015, la compagnie «risque de mourir». Elle a admis que ses vols affichent complet et qu'elle fait des bénéfices durant les mois d'été, mais elle ajoute qu'elle souffre des «pertes de l'hiver».
D'après le directeur d'Air France, Frédéric Gagey: «Alors que notre activité est très saisonnière, nous manquons de flexibilité pour nous adapter aux périodes plus creuses.»
La menace adressée aux salariés est qu'ils devraient s'attendre à une flexibilité totale avec des effectifs réduits: c'est la norme dans les compagnies aériennes à bas coût. Les destinations européennes qui ne sont pas rentables vont être supprimées, ainsi que les aéroports de province en hiver.
Air France et la compagnie hollandaise KLM ont fusionné en 2004, après la privatisation d'Air France en 2003. La compagnie détient également 25 pour cent des parts dans la compagnie italienne Alitalia qui est en difficulté, avec plus d'un milliard d'euros de dettes et des pertes nettes de 280 millions d'euros l'an dernier. L'État français reste le principal actionnaire d'Air France-KLM, avec 15,8 pour cent des actions de la compagnie.
Suivant la même stratégie que les autres grandes compagnies aériennes en Europe, Air-France-KLM est engagée dans une compétition sauvage pour les marchés. Depuis la crise financière de 2008, des dizaines de milliers d'emplois ont été perdus, avec plus de 20.000 licenciements dans le secteur du transport aérien rien que dans les six premiers mois de 2012.
Les compagnies aériennes poussent à la baisse des salaires et des conditions de travail des travailleurs dans la droite ligne des compagnies à bas coût, que ce soient celles qui sont spécialisées dans les vols courts comme Ryanair ou EasyJet, ou leurs concurrents sur les vols à longue distance venant des Émirats arabes unis et du Qatar. Les augmentations de la productivité des pilotes, du personnel de bord et les temps de rotation plus courts des appareils ont établi les niveaux à atteindre pour Air France-KLM. La Lufthansa allemande est en train de transférer la plupart de ses vols européens vers sa filiale à bas coût, GermanWings.
Les travailleurs d'Air France-KLM seront confrontés à des attaques similaires contre les garanties contractuelles et les conditions de travail que les travailleurs de Ryanair. Le 2 octobre, cette dernière a reçu une amende de 200.000 euros du tribunal d'Aix-en-Provence et a ordonné le versement de 9 millions d'euros en dommages et intérêts à la sécurité sociale et aux équipages, pour avoir enfreint le code du travail français à l'aéroport de Marseille-Marignane.
Ryanair employait 127 travailleurs à Marseille-Marignane sous des contrats de droit irlandais. De 2007 à 2010, la société ne s'est pas enregistrée auprès de la Chambre de commerce locale à Aix, alors qu'elle y avait une base opérationnelle et que son personnel y vivait. Ryanair a défendu le traitement infligé aux travailleurs en affirmant: «Ils volent dans des avions irlandais et sont à cheval sur plusieurs pays, ils ne travaillent pas plus en France qu'ailleurs.»
Ryanair a interjeté appel et défendra l'argument selon lequel les règles de l'Union européenne sur la liberté du commerce «autorisent clairement les équipages mobiles travaillant pour une compagnie irlandaise et sur des avions enregistrés en Irlande, à payer leurs taxes et sécurité sociale en Irlande».
En 2010, EasyJet a été condamnée pour la même infraction, avec une amende de 140.000 euros et 1,4 million à verser à l'assurance-chômage.Cityjet, une filiale d'Air France, a également reçu une amende pour des infractions du même genre et a dû verser 2000 euros d'indemnités à chaque salarié.
La réaction des syndicats aux dernières attaques contre les conditions de travail à Air France-KLM consiste à s'asseoir à la table des négociations avec la compagnie et le gouvernement, pour tenter de négocier un accord pourri. Leur but est d'éviter une lutte indépendante de la part des travailleurs contre ces coupes – qui serait le seul moyen d'assurer la défense des emplois.
La CGT stalinienne et Air France ont demandé une table ronde avec le ministre de redressement productif Arnaud Montebourg. La CGT comme Montebourg ont une longue expérience dans les manœuvres pour paralyser les travailleurs dans l'espoir d'un sauvetage par l'État des entreprises en difficulté, puis d'agir rapidement pour faire fermer ces entreprises.
Par exemple, à l'usine automobile PSA d'Aulnay, Montebourg a commencé par vanter son «interventionnisme» censé sauver le site de la fermeture, puis il a changé de position et a déclaré que la fermeture était «inévitable».




