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Marche des salopes: «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller!»
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Samedi 1er octobre sera organisée à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises une «Slutwalk». Le principe parti du Canada en avril 2011 et ayant essaimé un peu partout dans le monde est simple: manifester accoutré comme une salope («slut») pour défendre le droit des femmes à s'habiller comme elles l'entendent en opposition à un discours réactionnaire qui les accuse notamment d'être responsables de leurs propres viols, car trop aguicheuses.
Gaëlle Hym, 37 ans, et organisatrice de la prochaine Slutwalk française, explique pourquoi le concept l'a séduite.
Pourquoi organiser une Slutwalk en France?
En fait, il y en déjà eu une en mai dernier, mais elle n'a pas eu beaucoup de visibilité. Nous souhaitons organiser une marche de protestation contre le sexisme, et nous voulons soutenir les victimes de violences, de toutes les violences. Il faut que cela soit vraiment une grande cause nationale et que le gouvernement planche sur le dossier comme ils ont pu le faire en Espagne où ils ont vraiment progressé.
C'est la dimension internationale qui vous a séduite?
En tant que ménagère de moins de 50 ans avec du temps de cerveau disponible, je me suis intéressée à cette cause, en souhaitant qu'elle soit humaniste et féministe. J'aime le côté mondialiste en partant du principe que les mêmes combats se retrouvent aux Etats-Unis, en Inde, en Indonésie ou en France. Il est vraiment important de rappeler que non, c'est non. C'est vraiment ridicule de dire que si les femmes sont violées c'est à cause de la manière dont elles s'habillent et que ce n'est pas la faute des agresseurs. Comme on dit dans notre manifeste: «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller! Apprenez aux hommes à ne pas violer!».
Est-ce le côté ludique et déguisé qui attire les manifestants?
Il n'y a pas de «dress code». Ce qu'on voit avec les Slutwalks c'est que cela rajeunit l'âge des manifestants par rapport aux mouvements féministes plus traditionnels. Mais ce qui fait venir, c'est un ras-le-bol général par rapport au sexisme de notre société. A Paris, pour l'instant, plus de 200 personnes déclarent sur Facebook qu'elles participeront, elles étaient 350 à Bruxelles, à Berlin, elles étaient 1000 et plus encore à Londres. La participation dépend en partie de la visibilité médiatique.
On reproche parfois aux Slutwalks d'être trop internationales, alors que les situations des femmes en Inde, Indonésie ou en France ne sont objectivement pas les mêmes.
Au contraire, avec ce contexte international, c'est une bonne manière d'avoir des revendications nationales, en France sur les bracelets électroniques par exemple. Le gouvernement est très fort pour commander des vaccins qu'il n'utilise pas mais beaucoup moins pour s'équiper en bracelets électroniques pour les agresseurs sexuels. En France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous des coups.
Nous voudrions mettre en place par exemple un «compteur de la honte», un peu comme celui de Ghesquière et Taponier à la fin du journal télé, pour mettre enfin des visages sur les femmes agressées. Là, à Cachan par exemple, une femme a été tuée à coup de batte de baseball et personne n'en parle.
Vous étiez à la manifestation de soutien de Tristane Banon samedi dernier?
Non, je n'y étais pas. Je me bats pour toutes les victimes. Il y a 198.000 agressions sexuelles par an et 90% des femmes ne portent pas plainte. Je me bats pour qu'il y ait de vrais changements juridiques, je n'ai pas envie d'aller taper sur des casseroles en bas de l'immeuble de DSK.




