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Le Paon mis en échec dans la CGT sur la formation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Thierry Lepaon mis en échec sur la formation
Nouveau coup de théâtre à la CGT dans le psychodrame sur la formation professionnelle. La centrale syndicale a décidé, jeudi 18 décembre, de ne pas signer l'accord sur la formation.
Cette décision est d'autant plus surprenante que Thierry Lepaon était personnellement favorable à la signature et qu'il avait obtenu une position unanime de son bureau confédéral (composé de dix membres) dans le même sens. Mercredi soir, une réunion entre le bureau confédéral et les négociateurs n'avait pas permis de venir à bout de la résistance de la délégation qui avait conduit les discussions. Sa chef de file, Catherine Perret, qui avait dénoncé "une parodie de négociation" avait adressé une note aux fédérations et aux unions départementales pour leur faire part des raisons de son opposition. Une note dont le bureau confédéral n'a même pas été destinataire...
A l'issue d'une nouvelle réunion, jeudi 19 décembre en fin de matinée, Thierry Lepaon a calé devant l'opposition de sa délégation et n'a pas voulu se prévaloir de son autorité, et de l'appui unanime du bureau confédéral, pour consulter sa commission exécutive (56 membres) où, selon un de ses proches, il n'aurait eu aucune difficulté à obtenir une majorité favorable. La direction confédérale a publié un communiqué alambiqué où elle souligne que "la baisse des obligations de formation pour les grandes entreprises et des droits dans le texte sans financement ne permettent pas une signature de cet accord par la CGT". Un argumentaire qui n'est pas sans rappeler celui de... la CGPME, qui a aussi refusé de signer l'accord. Et, ajoute la déclaration, l'accord "ne prend que très partiellement en compte les besoins de mutualisation et de sécurisation des parcours des salariés. Il n'assure pas les financements nécessaires, indispensables à leur mise en oeuvre concrète".
Selon un de ses proches, Thierry Lepaon "craignait qu'on lui reproche d'avoir désavoué sa délégation". Il n'a pas davantage écouté ceux qui lui conseillaient de signer pour pouvoir mieux peser sur le débat parlementaire pour faire corriger, à travers des amendements, les aspects les moins positifs du texte, démarche qui avait été adoptée par la CGT lorsqu'elle avait signé l'accord sur les contrats de génération. En cédant à sa délégation, le secrétaire général de la CGT, neuf mois après son élection, se met lui-même en échec. "Je vois beaucoup d'éléments négatifs dans cette non-signature, confie, sous couvert d'anonymat, un dirigeant de la centrale. Il prend le risque de fragiliser son autorité".
La décision officielle sera prise à la mi-janvier après une consultation des organisations de la CGT sur la base d'une non-signature. La CFTC et la CFDT ont décidé officiellement de signer, et elles devraient être rejointes par FO et la CFE-CGC. Le communiqué de la CGT est intitulé "une occasion manquée pour élever le niveau de qualification des salariés". C'est surtout une occasion manquée pour Thierry Lepaon de sortir la CGT, comme il le souhaitait ardemment, de son isolement sur le champ syndical et de revenir dans le jeu contractuel. C'est aussi une terrible occasion manquée pour lui de renforcer son autorité, et sa légitimité, l'une et l'autre déjà bien défaillantes.




