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Intermittents: le personnel du Festival d’Avignon en grève samedi
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(afp) Après une brève accalmie, l'espoir d'une sortie de crise dans l'épineux dossier desintermittents du spectacle reste ténu. Malgré une forte abstention, le personnel du Festival d'Avignon a voté en faveur de la grève samedi 12 juillet, à l'appel de la CGT-Spectacle et des coordinations d'intermittents et précaires. Ces derniers avaient encouragé, vendredi matin, à maintenir la pression sur le gouvernement et sur les partenaires sociaux.
Lire le décryptage : Si vous n'avez rien suivi à la crise des intermittents
Sur 622 inscrits, 286 salariés ont pris part au vote, soit 46 %, selon le collectif du Festival « In ». « Il s'agit d'un vote consultatif, qui donne l'orientation générale du festival, mais qui doit être confirmé spectacle par spectacle », a expliqué Denis, un des porte-parole du collectif.
Treize spectacles sont à l'affiche samedi, l'organisateur de l'événement devraitannoncer à la mi-journée la liste des spectacles qui ne pourront pas se tenir pour cause de grève. Le Festival d'Avignon avait déjà été marqué par un début difficile, avec un mouvement de grève le 4 juillet, pour son ouverture.
Lire (édition abonnés) : Rideau sur la soirée d'ouverture du Festival d'Avignon
LA JUSTICE REFUSE DE SUSPENDRE LA CONVENTION CHÔMAGE
Juste avant ce vote, vendredi, le tribunal de grande instance de Paris avait rendu sa décision quant à la suspension ou non de la nouvelle convention chômage – le texte controversé à l'origine du mouvement social – après avoir été saisi par la CGT. Il s'est prononcé contre la suspension, renvoyant à une audience le 30 septembre pour un examen sur le fond.
« Il n'y a pas lieu à référé », juge le tribunal, qui récuse l'urgence invoquée par la CGT. La justice estime par ailleurs que la suspension de la convention « aurait pour conséquence de priver temporairement les demandeurs d'emploi de toute indemnisation » et « préjudicierait ainsi gravement aux intérêts collectifs ».
LA CGT NE DEVRAIT PAS FAIRE APPEL
« On s'y attendait, a réagi Denis Gravouil, de la CGT-Spectacle. Mais ce qui est intéressant, c'est que le tribunal s'est déclaré compétent et dit qu'il y a lieu à jugersur le fond. » Il a donc assuré que la CGT ne devrait pas faire appel de la décision de vendredi.
Traduction d'un accord entre le patronat et trois organisations syndicales (CFDT, FO et CFTC), la convention est entrée en vigueur le 1er juillet, malgré une forte opposition des intermittents du spectacle et de la gauche de la gauche notamment.
La CGT, syndicat non signataire, a saisi la justice le 11 juin pour demanderd'abord la suspension de son application puis l'annulation du texte, « en raison des conditions déloyales dans lesquelles les discussions [entre partenaires sociaux] se sont déroulées ». La centrale n'exclut pas de saisir également le Conseil d'Etat contre l'agrément accordé par l'Etat à la convention.
UNE ÉCONOMIE DE 2 MILLIARDS D'EUROS
La convention durcit les conditions d'indemnisation des intermittents et des cadres du spectacle en allongeant leur « différé d'indemnisation », période pendant laquelle un nouveau chômeur attend avant d'être indemnisé.
Regarder notre visuel interactif : Le régime des intermittents en quatre graphiques
Pour les intermittents, le gouvernement a annoncé à la mi-juin que l'Etat prendrait en charge ce différé et « le financerait pour que Pôle emploi n'ait pas à l'appliquer ». La convention doit permettre à l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Unedic), qui indemnise quelque 2,2 millions de personnes, d'économiser près de 2 milliards d'euros d'ici à la fin de 2016.
De son côté, le Festival de Marseille, qui s'achève samedi, aura payé un lourd tribut au conflit des intermittents, relèvent ses organisateurs. Sur vingt-quatre spectacles prévus, seuls huit ont été donnés, a rappelé la direction en dressant le bilan de cette 19e édition, « la plus mouvementée depuis sa création, en 1996 ».




