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Toulouse: Manif après les plaintes déposées par la direction contre des cheminots
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La Dépêche, 15 août 2014 :
Des cheminots ont cessé le travail hier matin pour protester contre la plainte déposée par la direction contre 19 grévistes du mois de juin. Ils dénoncent des accusations arbitraires. Pour la SNCF, il y a eu trois fautes graves.

Ils étaient plus de soixante hier matin devant le siège de la SNCF avenue de Lyon, rassemblés pour soutenir un de leur collègue cheminot convoqué par la direction. Christophe Crouzat, un jeune conducteur de train fait partie d’un groupe de 19 agents de la SNCF — 9 conducteurs de trains, 7 agents de l’équipement et 3 agents du matériel — contre lesquels la direction a porté plainte pour motifs graves : dégradations du matériel, mise en danger d’autrui, entrave à la liberté de circulation des trains. Les faits remontent au 18 juin, au plus fort du mouvement de grève des cheminots toulousains, mobilisés pendant dix jours contre le projet de réforme du système ferroviaire engagé par le président Guillaume Pepy. Un mouvement qui avait perturbé le trafic ferroviaire. Ce matin-là des piquets de grève occupaient l’entrée du siège de l’avenue de Lyon. Les manifestants avaient mis le feu à des palettes en bois et distribuaient des tracts aux non-grévistes.
Christophe Crouzat, le conducteur convoqué hier par la direction, a été identifié avec 18 autres grévistes. Cependant ce jeune cheminot en poste depuis 8 ans à Toulouse dément absolument s’être trouvé là au moment où les faits ont été constatés par huissier. «On m’a reconnu le matin tôt alors qu’à cette heure-là j’étais chez moi. Je ne suis arrivé que vers 11 heures», se défend le conducteur de TER. J’étais gréviste, oui, mais je ne suis dans aucun syndicat et je n’étais pas présent sur le piquet de grève. C’est plus qu’une injustice, c’est une dénonciation calomnieuse». Ce salarié se dit très atteint psychologiquement et moralement. Accusé de trois fautes lourdes il risque un blâme qui peut conduire au licenciement.
«Parmi les 19 personnes contre lesquelles la direction a porté plainte au pénal il y en a déjà deux qui ont apporté la preuve qu’ils n’étaient pas présents sur le piquet de grève le 18 juin» affirme Christophe Marre, secrétaire du CE SNCF et représentant régional du syndicat CGT. «Ce sont des accusations arbitraires pour lesquelles la direction ne nous apporte aucun fait précis. La plupart des personnes visées sont des militants syndicaux. C’est tout simplement la volonté de faire peur à l’aube d’une refonte totale du système ferroviaire». Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour manque d’effectifs. Hier matin, l’atmosphère était assez tendue parmi les cheminots qui avaient cessé le travail et s’étaient rassemblés devant le siège. Certains d’entre eux font partie des 19 personnes contre lesquelles une plainte a été déposée. Ils s’attendent à recevoir comme leur collègue une convocation dans les prochains jours.




