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Les investissements vers la Chine chutent, sur fond de tensions
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les firmes étrangères sont dans le collimateur de Pékin. Les Chinois investissent de plus en plus à l’étranger.
Le volume des investissements directs étrangers (IDE) à destination de la Chine a atteint son plus bas niveau depuis deux ans, sur fond d’un regain de tensions entre les autorités locales et les multinationales étrangères. Le mois dernier, le montant des IDE a chuté de 17 % par rapport à juillet 2013, à 7,81 milliards de dollars, selon les données diffusées hier par le ministère chinois du Commerce. Les principaux partenaires de la Chine ont tous réduit la voilure.
Sur les sept premiers mois de l’année, les IDE en provenance de l’Union européenne ont diminué de 17,5 % par rapport à la même période de 2013, à 3,83 milliards de dollars. Ceux venant des Etats-Unis (– 17,4 %, à 1,81 milliard de dollars) et du Japon (– 45,4 %, à 2,83 milliards de dollars) ont aussi ralenti dans des proportions encore jamais constatées. Seules les firmes du Royaume-Uni (+ 61,2 %, à 730 millions de dollars) et de la Corée du Sud (+ 34,6 %, à 2,9 milliards de dollars) ont accéléré leur implantation dans la première moitié de 2014.
Cette baisse intervient alors que le climat des affaires se détériore pour les investisseurs étrangers en Chine. Depuis plus d’un mois, Pékin multiplie les enquêtes à l’encontre de groupes étrangers, soupçonnés de pratiques frauduleuses ou de manquements au respect de la loi anti monopole, votée en 2008. Hier, Mercedes-Benz, filiale du constructeur allemand Daimler, a été accusé par les autorités locales de manipuler le prix de vente de ses pièces détachées. Les régulateurs chinois les trouvent exagérés. Les autorités centrales ont le secteur automobile dans le collimateur, mais aussi, entre autres, Microsoft, Tetra Pak, GlaxoSmithKline, Accenture et Audi. Le constructeur allemand semble avoir cédé, annonçant la semaine dernière qu’il va accepter une sanction pour « pratiques monopolistiques ».
Stratégie agressive
« Les entreprises étrangères avaient l’habitude de profiter de nombreux avantages en s’implantant en Chine. Cette période semble révolue », a déclaré, jeudi, Kelly Liu, consultante dans un cabinet d’avocats à Pékin. Un point de vue que conteste la Chambre de commerce de l’UE en Chine, qui a dénoncé la semaine dernière, des « méthodes administratives d’intimidation », qui empêchent les entreprises soupçonnées de contester les accusations. La stratégie agressive de Pékin répond à différents objectifs : obtenir une réduction des prix sur les produits vendus par des firmes étrangères (Volkswagen ou encore Toyota ont annoncé des rabais en juillet) ; faciliter le jeu des groupes chinois ; enfin, faire la démonstration de l’autorité du Parti. Hier, Pékin a vivement nié le lien entre les enquêtes actuelles et la chute du volume des IDE. « Ce sont des spéculations sans fondement », a déclaré Shen Danyang, le porte-parole du ministère du Commerce. Le gouvernement se veut rassurant. « C’est normal d’avoir un peu de volatilité, alors que le pays intensifie ses efforts pour rééquilibrer sa croissance », a-t-il poursuivi. La hausse des IDE dans le secteur des services (+ 11,4 % pour les sept premiers mois de 2014 par rapport à la même période 2013), qui contraste avec la forte contraction vue dans l’industrie (– 14,3 %), témoigne en effet du léger virage structurel de l’économie chinoise. Autre chiffre dont Pékin s’est réjoui : les investissements chinois à l’étranger ont progressé de 84,9 % sur un an en juillet, à 9,2 milliards de dollars. De janvier à juillet, les Chinois ont investi 52,5 milliards de dollars (+ 4 %), à comparer à un volume d’IDE de 71,1 milliards. Pour Shen Danyang, « ce sera désormais dans l’ordre des choses que les investissements chinois à l’étranger surpassent les investissements étrangers en Chine ».
Alexis Hontang.




