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Le marxisme dogmatique n’est pas un bon remède au populisme

Par Gaston Lefranc (10 janvier 2018)
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Au sein du NPA, les différentes sensibilités rivalisent d’attaques contre Mélenchon et la France insoumise. Malheureusement, ces attaques restent bien souvent superficielles, et elles ne peuvent donc pas convaincre les sympathisants de la France insoumise. On critique la posture césariste de Mélenchon, ses diatribes cocardières, autant de critiques que nous devons faire mais qui ratent l’essentiel : l’impasse de son programme keynésien antilibéral. Et pour cause : notre parti est largement influencé par les analyses antilibérales dominantes dans la « gauche radicale ». Ainsi, notre anticapitalisme apparaît comme une posture abstraite, non appuyée sur une analyse marxiste de la crise. Pour nourrir notre projet anticapitaliste, ou plutôt communiste, nous avons besoin de développer des analyses marxistes, et pas de conjuguer un marxisme dogmatique avec la reprise des idées antilibérales et keynésiennes.

Le courant « Démocratie révolutionnaire », composante de la plateforme W, est sans doute le plus virulent dans la critique de Mélenchon, considéré comme un populiste hideux qui aurait rompu avec le mouvement ouvrier. Malheureusement, le marxisme diffusé par DR n’est à notre avis pas très affuté pour rendre gorge aux idées de Mélenchon. Marx est abondamment cité… mais le marxisme y apparaît comme un astre mort et les clichés antilibéraux sont en fait véhiculés par les camarades de DR !

Dans un récent article publié sur le site de DR (http://urlz.fr/6k31), les auteurs citent Marx pour pointer la contradiction entre les forces productives et les rapports de production… Très bien, mais les auteurs ne nous expliquent pas le sens de cette contradiction et par quel mécanisme celle-ci produit des crises. DR nous explique régulièrement (comme la majorité sortante) que le capitalisme est en crise mais que les profits « explosent », que le taux de profit se porte bien, etc. Mais si les profits des capitalistes sont au plus haut, c’est précisément que le système se porte bien et n’est pas en crise ! Malheureusement, DR cède au populisme qu’il prétend combattre : comme les antilibéraux, il s’agit de faire croire que les méchants capitalistes se gavent de profits, mais n’investissent pas, ce qui provoque la crise. Sauf que c’est complètement faux. C’est la faiblesse du taux de profit, conjuguée à l’ampleur de la bulle financière, qui est à l’origine de la crise, de la faiblesse de l’investissement et du chômage de masse. Et c’est précisément la contradiction entre les forces productives et les rapports de production qui s’exprime dans la baisse du taux de profit : en développant les forces productives, les capitalistes substituent des moyens de production à de la force de travail (qui seule produit de la valeur et donc de la plus-value), ce qui fait augmenter la composition organique du capital et baisser le taux de profit. Les rapports de production capitalistes obligent ainsi à dévaloriser et à détruire des forces productives pour redresser le taux de profit et sortir de la crise. C’est donc à notre avis une incompréhension du marxisme que d’expliquer que la contradiction entre les forces productives et les rapports de production est à l’œuvre… tout en nous disant que les profits explosent !

Dans le même article, on nous explique de façon caricaturale que les forces productives sont neutres : « la technologie n’est pour rien » dans les nuisances écologiques, et la tâche des révolutionnaires est simplement de « libérer la technologie et les moyens de production de ce qui les transforme en machine à détruire, la propriété privée capitaliste ». Marx n’a pourtant cessé d’expliquer que les forces productives ont été modelées par les capitalistes et qu’elles ne sont donc pas neutres. Il ne s’agit pas de « libérer » les bonnes forces productives des mauvais rapports de production : il s’agit de créer de nouvelles forces productives adaptées à une nouvelle organisation du travail, à de nouveaux rapports de production, pour permettre une émancipation réelle des travailleurs/ses !

Pour produire un programme communiste actualisé, nous avons besoin de rompre « en même temps » avec l’idéologie bourgeoise antilibérale et avec un certain marxisme figé qui altère la portée révolutionnaire du marxisme. C’est l’ambition que la plateforme T porte lors de ce congrès.

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