[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Newsletter

Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...

Twitter

Montée des tensions inter-impérialistes entre les USA et la Chine

Par Gaston Lefranc ( 6 novembre 2018)
Tweeter Facebook

Article pour l'Anticapitaliste : https://npa2009.org/arguments/economie/montee-des-tensions-inter-imperialistes-entre-les-usa-et-la-chine

Trump avait promis à son électorat de restaurer la grandeur de l’Amérique en reprenant le slogan de Reagan : « Make America great again ». L’ennemi désigné est la Chine, dont la montée en puissance menace à moyen terme l’hégémonie US. 

Trump a cherché à faire revenir les profits des multinationales aux USA en abaissant leur taxation fin 2017. Cela a fonctionné puisque la chute des investissements étrangers directs dans le monde au cours du premier semestre 2018 (– 41 % en un an) s’explique en grande partie par le rapatriement des bénéfices des multinationales US vers les USA. Trump a également fortement augmenté les droits de douane sur toute une série de produits chinois (notamment des produits de haute technologie pour tenter de garder le leadership des USA), ce qui a entraîné des représailles chinoises. C’est un échec : au troisième trimestre, les exportations US ont baissé de 3,5 % alors que les importations ont augmenté de 9,1 %. Il faut dire que l’élasticité-prix des importations en volume des États-Unis est nulle, c’est-à-dire que le volume des importations ne baisse pas quand les prix augmentent. Autrement dit, la production des USA n’est plus substituable à court terme à ses importations. Du coup, la hausse des droits de douane amplifie le déficit extérieur.

La politique de Trump heurte les intérêts d’une fraction importante du capital US qui est insérée dans les chaînes de valeur mondiales. La hausse des prix à l’importation augmentera les coûts de production des entreprises US et réduira leurs profits. Pour le moment, les capitalistes bénéficient de l’énorme baisse de la fiscalité, ce qui booste les profits après impôts (alors que les profits avant impôts stagnent) et l’investissement, mais ils risquent de déchanter. Ce qui leur serait bénéfique serait une plus grande ouverture des marchés chinois aux produits et aux investissements étrangers, mais on n’en prend évidemment pas le chemin. La valeur ajoutée réalisée par les entreprises étrangères en Chine oscille autour de 15 % de la VA totale, ce qui est faible pour un pays « émergent » et ce qui exaspère les impérialistes occidentaux.

Avec la hausse des « déficits jumeaux » (déficit extérieur et déficit budgétaire liés), les USA ont aujourd’hui besoin d’attirer des capitaux internationaux de grande taille. L’arrêt des entrées de capitaux aux États-Unis conduirait à un problème grave de financement des déficits et à une forte dépréciation du dollar, ce qui pourrait menacer à terme l’hégémonie du dollar. Pour l’éviter, la Réserve fédérale devra poursuivre la hausse des taux d’intérêt, mais le risque est alors de précipiter une crise financière et l’entrée en récession. L’euphorie de l’économie US risque donc d’être de courte durée. Et l’entrée en crise pourrait alors entraîner une nouvelle montée des tensions entre les USA et la Chine.

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Economie

Développer une analyse marxiste de la crise face au postkeynésianisme hégémonique dans la "gauche radicale"

Le réformisme a une très grande faculté à se renouveler en surface pour nous vendre la même camelote. Alors que nous sommes à nouveau plongé·e·s dans une crise sévère du capitalisme (dont le déclencheur est le Covid mais dont les racines sont bien plus profondes), des économistes postkeynésiens nous expliquent qu’ils et elles ont trouvé la solution magique pour sortir de la crise, réduire les inégalités et atteindre le plein-emploi dans le cadre du capitalisme : créer suffisamment de monnaie pour financer les dépenses publiques qui permettront de « garantir un emploi » à chacun·e. La théorie à la mode est la « théorie monétaire moderne » (Modern Monetary Theory - MMT en anglais) qui prétend fonder scientifiquement ce type de proposition politique. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Economie

À propos de la crise du bitcoin

Après avoir atteint des sommets, le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur en un peu plus d’un mois. Elon Musk, patron de Tesla, avait mis le feu aux poudres en annonçant qu’il ne serait plus possible de payer ses véhicules en bitcoin, et c’est surtout l’État chinois, qui semblait jusqu’ici favorable au bitcoin, qui a interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux « cryptomonnaies ».
  Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Histoire

40ème "anniversaire" du 10 mai 1981: la nécessité de tirer toutes les leçons de l’échec de la politique de relance de la gauche

Nous avions déjà essayé de comprendre pourquoi la politique de keynésienne de relance avait échoué, conduisant au « tournant de la rigueur » de 1983, présenté comme une « parenthèse » (par Jospin) qui ne s’est jamais refermée depuis. L’immense espoir de « changer la vie » soulevé par l’élection de Mitterrand a été très vite douché, marquant le début de la rupture de la gauche avec les milieux populaires. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook