[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Newsletter

Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...

Twitter

Pauvreté, dépenses contraintes : la crise frappe durement les plus modestes

Par Gaston Lefranc ( 8 septembre 2021)
Tweeter Facebook

Article publié dans l'Anticapitaliste : Pauvreté, dépenses contraintes : la crise frappe durement les plus modestes | L’Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)

Contrairement à ce que le gouvernement a tenté de faire croire, le niveau de vie moyen a baissé en France en 2020.

Ainsi, le « revenu disponible ajusté » (qui tient compte de tous les transferts publics reçus par les ménages) a baissé de 1,5 % quand on tient compte de l’inflation et de l’évolution démographique. Derrière cette moyenne se cache de grandes disparités : les plus précaires ont vu leur niveau de vie s’effondrer pendant que les plus riches ont vu leur épargne (et leur patrimoine immobilier) s’envoler.

Les travailleurEs les plus modestes ont vu leur revenu baisser en 2020

Une récente note de l’INSEE indique qu’une personne sur cinq est en situation de pauvreté monétaire (niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian) ou de privation matérielle et sociale (non-accès aux biens et services fondamentaux). C’est beaucoup plus pour les familles monoparentales (42 % sont affectées par au moins un type de pauvreté) et les couples avec trois enfants ou plus (33 %).

Pour bien appréhender l’ampleur des inégalités, il ne faut pas se focaliser uniquement sur les revenus. Il faut également s’intéresser aux dépenses des ménages. Une récente note de France Stratégie montre très clairement que la part des « dépenses pré-engagées » (dépenses contraintes à court terme car dépendant d’un contrat : loyers, remboursements d’emprunts, assurances...) dans la consommation est bien plus forte chez les plus pauvres. Elle est chez elles et eux de 41 % (en 2017) contre 28 % chez les plus aisés. Cet écart tend à s’accroître avec le temps, si bien que les inégalités de « revenu arbitrable » (une fois déduit les dépenses pré-engagées) tendent à augmenter. Si on s’intéresse également aux dépenses « peu compressibles », comme l’alimentation ou les transports, on constate que leur part est aussi plus importante dans la consommation des plus pauvres.

Pour résumer, les travailleurEs les plus modestes ont vu leur revenu baisser en 2020 alors que la part de leurs dépenses contraintes ne fait qu’augmenter, notamment les loyers (sur fond de flambée des prix immobiliers qui bénéficie avant tout aux plus riches). Dans le même temps, le coût d’une vie décente augmente bien plus vite que l’inflation officielle. Quand on creuse un peu, le tableau est ainsi bien plus sombre que ce qu’indiquent à première vue les statistiques officielles. Ce qui limite encore la casse pour les plus pauvres, ce sont les dépenses sociales (allocations chômage, pensions de retraite...), qui sont plus que jamais dans le viseur du gouvernement, pour lequel la priorité est à la réduction du déficit public et aux dépenses « utiles », c’est-à-dire celles qui subventionnent les capitalistes.

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Economie

L’indemnité inflation : un "cadeau" empoisonné pour les travailleurs/ses

Castex a annoncé jeudi 21 octobre au soir la mise en place d’une « indemnité inflation » de 100 € pour tous ceux qui gagnent moins de 2 000 € net par mois. Cette mesurette censée marquer les esprits à 6 mois de la présidentielle est une escroquerie, un leurre pour éviter d’autres mesures. Face à la flambée des prix de l’énergie (+14,9 % en septembre sur un an d’après l’INSEE), d’autres types de mesures s’imposent ! Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Economie

Développer une analyse marxiste de la crise face au postkeynésianisme hégémonique dans la "gauche radicale"

Le réformisme a une très grande faculté à se renouveler en surface pour nous vendre la même camelote. Alors que nous sommes à nouveau plongé·e·s dans une crise sévère du capitalisme (dont le déclencheur est le Covid mais dont les racines sont bien plus profondes), des économistes postkeynésiens nous expliquent qu’ils et elles ont trouvé la solution magique pour sortir de la crise, réduire les inégalités et atteindre le plein-emploi dans le cadre du capitalisme : créer suffisamment de monnaie pour financer les dépenses publiques qui permettront de « garantir un emploi » à chacun·e. La théorie à la mode est la « théorie monétaire moderne » (Modern Monetary Theory - MMT en anglais) qui prétend fonder scientifiquement ce type de proposition politique. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Economie

À propos de la crise du bitcoin

Après avoir atteint des sommets, le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur en un peu plus d’un mois. Elon Musk, patron de Tesla, avait mis le feu aux poudres en annonçant qu’il ne serait plus possible de payer ses véhicules en bitcoin, et c’est surtout l’État chinois, qui semblait jusqu’ici favorable au bitcoin, qui a interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux « cryptomonnaies ».
  Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Histoire

40ème "anniversaire" du 10 mai 1981: la nécessité de tirer toutes les leçons de l’échec de la politique de relance de la gauche

Nous avions déjà essayé de comprendre pourquoi la politique de keynésienne de relance avait échoué, conduisant au « tournant de la rigueur » de 1983, présenté comme une « parenthèse » (par Jospin) qui ne s’est jamais refermée depuis. L’immense espoir de « changer la vie » soulevé par l’élection de Mitterrand a été très vite douché, marquant le début de la rupture de la gauche avec les milieux populaires. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook