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Armons le NPA d’une analyse marxiste de la crise !
Marx a démontré que l'accumulation du capital conduisait inévitablement à la crise : pour être plus compétitifs, les capitalistes utilisent de plus en plus de machines et de moins en moins de travailleurs. Or c'est l'exploitation des travailleurs qui est la source des profits, pas les moyens de production. Résultat : le taux de profit moyen diminue, et les investissements dans l’économie « réelle » sont moins rentables. D’où le tournant « néolibéral » pour retarder la crise : les capitalistes tentent d’augmenter l’exploitation d’un côté, et de l’autre dérégulent et spéculent. Mais les bulles finissent par éclater violemment, comme en 2007.
Pour sortir de la crise dans le cadre capitaliste, c'est-à-dire restaurer le taux de profit, et donc relancer l'accumulation, il n'y a qu'une solution : la « purge » du capital excédentaire. Cette purge peut s'opérer par une vague gigantesque de licenciements ou, de façon plus radicale encore, par la guerre. Ce système est absurde du point de vue des besoins humains, puisqu'il a besoin de détruire des richesses pour se régénérer. Pour éviter ce type de catastrophes, l'anticapitalisme n'est pas un choix parmi d'autres : c'est une nécessité ; et le socialisme, l'appropriation collective des moyens de production par les travailleurs, est la solution aux contradictions du capitalisme.
Malheureusement, cet héritage théorique est dilapidé par la direction actuelle du NPA, qui reprend à son compte une analyse keynésienne de la crise, habillée d'un vocabulaire marxiste. Ainsi, dans la brochure du NPA sur la crise (« Comprendre la crise et lutter pour en sortir » de juillet 2009), il est écrit : « Si les profits sont trop élevés, les revenus des travailleurs seront trop faibles pour permettre d’acheter tout ce qui aura été produit ». Cette analyse appelle ensuite sa solution : « Ainsi, en théorie, une sortie de crise exigerait une progression des salaires pour permettre de restaurer des débouchés ». Autrement dit, on pourrait sortir de la crise, au bénéfice conjoint des travailleurs et des capitalistes, grâce à une bonne politique économique qui corrigerait les inégalités, augmenterait les salaires, ce qui augmenterait les débouchés et donc la production des entreprises. C’est aussi pour cela que Philippe Poutou a pu dire pendant la campagne « il faut donner à la population les moyens de consommer, pour relancer la machine économique ». C'est une impasse.
Notre anticapitalisme ne peut qu'être une lointaine abstraction si nos analyses et nos réponses à court terme convergent avec celles des antilibéraux. De fait, la direction met en avant des mesures d'urgence en laissant entendre qu'elles pourraient être mises en place dans le cadre du système, alors qu'il faudrait oser dire que cela nécessite un gouvernement des travailleurs auto-organisés qui exproprierait les capitalistes, vers le socialisme !
Il faut combattre sans relâche les théories qui alimentent les illusions des travailleurs sur une issue « sociale » à la crise dans le cadre du capitalisme. C'est un enjeu politique central. Le NPA doit se refonder en renouant avec le meilleur de l'héritage du mouvement ouvrier, notamment avec la théorie marxiste, en rupture avec l'idéologie bourgeoise.
J. et S. (Tendance CLAIRE, membres du Groupe de Travail Économique du NPA), Plateforme E






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