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Les loups sont rentrés dans Romans : manifestation contre Le Pen réprimée par les CRS, quatre manifestants arrêtés
À l’occasion des élections européennes, la « tournée » de la vieille baderne du FN passait samedi 16 mai par la Drôme. Romans était une ville étape incontournable puisqu’il peut se targuer d’une audience notoire (15/16% d’élus au conseil municipal). Romans, ville sinistrée, 20% de chômeurs puisque la mono-industrie de la chaussure a complètement disparu et que, de son savoir-faire d’antan, il ne reste plus qu’un musée. Depuis que la campagne a débuté, les murs de la ville lui appartiennent (collages).
Contacté par le comité anti-fasciste de Valence, aidé par celui de Lyon (CNT, anarchistes, autonomes, libertaires….), j’ai proposé que le comité NPA relève le défi avec eux pour une manif en ayant pour objectif de servir d’électrochoc pour les Romanais. Après discussion, le comité a accepté et trois camarades ont participé. Il faut savoir qu’aucun parti ni syndicat n’avaient répondu à la sollicitation de participation.
Une quarantaine de personnes, surtout des jeunes, s"étaient donné rendez-vous sur la place Jacquemart avant de se rendre devant l"usine Jourdan armée de boîtes d’œufs.
Le Pen a inauguré avant l’heure la nuit des musées puisqu’il visita le musée de la chaussure avant sa conférence de presse à l’hôtel Primevère (face à Jourdan), mais aussi pour sa petite levée de fonds en vue des élections européennes. C"est là que l"on a attendu son arrivée, devant le portail de l"hôtel, où nous ont rejoints pas moins de dix cars de CRS. Le gouvernement devait bien une telle escorte à celui à qui elle doit tant.
À leur habitude, les CRS ont foncé dans le tas sans sommation, juste à temps pour que la voiture de Monsieur Le Pen et toute son escouade puissent passer. Ils ont été plutôt sélectifs dans leurs coups de matraques et de pieds, choisissant (peut-être inconsciemment : à force, ça devient un réflexe) ceux et celles qui n’avaient pas le bon faciès ou qui avaient le style « anarcho-autonome ».
L’assaut fut d’une brutalité inouïe et la répression sauvage puisque 3 camarades furent embarqués.
C"est le triste bilan de la manifestation contre la venue de Jean Marie Le Pen à Romans. Ce qui faisait écrire au très libéral Dauphiné libéré : « Des CRS en renfort pour la venue du président national… ou protégé par les CRS. »
Un peu plus tard, les Jeunesses identitaires (mouvement de jeunesse du Bloc Identitaire, courant d’extrême droite) se sont pointées avec l’objectif de parachever le travail des CRS. Face à cette horde de sauvages, la manif préféra s’évaporer pour éviter de se faire « massacrer ».
Cet acte symbolique mais fort a eu un certain écho sur Romans que les absents ont eu tort de bouder.








