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La non mixité féministe, une avancée bienvenue à la Nuit Debout

Le 17 avril, à la Nuit Debout place de la République, des féministes, parmi lesquelles des militantes NPA de la Tendance Claire, ont animé un atelier public portant sur la non-mixité, et son utilisation en particulier par les femmes. L’initiative a été l’occasion d’argumenter sur les apports de la non-mixité d’abord au travers d’une présentation introductive, puis d’un tour de parole nourri au sein de l’auditoire qui a permis d’approfondir les échanges et de déboucher sur des propositions concrètes.

Cet atelier ouvert et mixte a rassemblé un auditoire d’une cinquantaine de personnes, composé principalement de femmes, ce qui prouve la pertinence de mettre en lumière cet outil politique, dont l’usage par les dominé-e-s soulève encore des questions voire des oppositions, non seulement dans le public large, mais également dans le milieu militant.

Le topo introductif est d’abord revenu sur la structure patriarcale de la société, c’est-à-dire une société caractérisée par la domination des hommes sur les femmes. Cette domination se reflète notamment par une plus grande exploitation des femmes (inégalités salariales, temps partiels imposés, précarité accrue…), la prise en charge très majoritairement par les femmes du travail domestique, ainsi que l’invisibilisation de ce travail, les oppressions et violences sexistes subies au foyer, au travail, et d’une façon générale dans l’espace public, y compris l’oppression symbolique véhiculée par l’idéologie de la femme-objet.

Partant de ce constat, le féminisme consiste à lutter pour que les femmes en tant que groupe social parviennent à se libérer de la domination des hommes et obtiennent l’égalité réelle. Dans cette lutte, la non mixité choisie et temporaire est un outil politique incontournable pour que les femmes soient effectivement actrices et meneuses de leur émancipation.

En effet, c’est un fait que dans les cadres mixtes, on entend peu les femmes, non seulement parce que leur parole est minorisée par les hommes (consciemment ou non), mais aussi parce qu’elles ont intériorisé leur oppression (perception d’un manque de légitimité). Le fait d’exclure temporairement les hommes des cadres de discussion empêche matériellement les hommes de s’accaparer la parole et de faire jouer la supériorité prétendument « naturelle » que le patriarcat leur donne. Elle permet aussi aux femmes de ne plus être confrontées directement au groupe qui les domine, et donc d’être plus à l’aise pour parler de leur oppression et exprimer leurs revendications légitimes. Or c’est là le point de départ de l’auto-émancipation des femmes : politiser elles-mêmes leur oppression et par conséquent décider des moyens de leur émancipation.  

Il faut rappeler que cette non mixité temporaire ne signifie pas l’absence de discussion ou de mise en débat en mixité. Au contraire, le retour en mixité est nécessaire pour faire avancer la lutte féministe parmi les hommes et mener le combat social en général, y compris la lutte des classes, et pourquoi pas y trouver des alliés. Cette convergence pose la question d’une forme d’alliance dont les modalités restent à définir.

Enfin, à partir de l’expérience parfois récente des différents mouvements féministes, il ressort que face aux tentatives de minorisation, de récupération institutionnelle ou d’instrumentalisation raciste du féminisme, il est nécessaire que le mouvement d’émancipation des femmes s’affirme comme autonome, radical et inclusif avec une vocation à se massifier.

Les prises de parole ont souligné, entre autres :

  • Les apports concrets de la non mixité, depuis les avancées du MLF dans les années 70 à nos jours, avec aussi l’exemple du PKK où les femmes se sont constituées en groupes non mixtes pour faire valoir leur place et leurs revendications dans la lutte de libération du Kurdistan
  • La place des hommes dans la lutte féministe, qui implique pour les alliés un renoncement volontaire aux privilèges dont ils bénéficient en tant que dominants, et l’idée de constituer des groupes de soutien d’hommes anti-masculinistes, sans qu’il revienne aux femmes d’impulser ces groupes.

Les interventions ont aussi montré une volonté positive de se saisir de la non-mixité féministe pour relever la tête et avancer concrètement. Dans ce sens, trois actions immédiates ont été votées de façon indicative pour être proposées à la Nuit Debout :

  • Mettre en place à la Nuit Debout un espace non-mixte femmes permanent et clos : cet espace serait à disposition de toutes les femmes qui souhaiteraient discuter ou agir en non mixité
  • Organiser un atelier féministe d’auto-défense verbale pour apprendre ensemble à réagir aux agressions sexistes qui ont été signalées à la Nuit Debout ou ailleurs, faire reculer la « culture du viol » en réaffirmant les principes du consentement
  • Mettre en avant des noms de femmes auprès de la commission de la Nuit Debout qui est en train de (re)nommer les lieux et allées occupés de la place de la République

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