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Fête de LO: «Papi m’a dit qu’on vient ici parce que les patrons ne veulent pas écouter les travailleurs»

LO

Brève publiée le 21 mai 2018

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.liberation.fr/amphtml/france/2018/05/21/fete-de-lutte-ouvriere-papi-m-a-dit-qu-on-vient-ici-parce-que-les-patrons-ne-veulent-pas-ecouter-les_1651600

A la fête annuelle de LO, dans le Val-d'Oise, «Libération» a donné la parole aux enfants et aux adolescents, d'abord là pour les stands et les animations.

«La France est libre !» jubile un garçon d’une dizaine d’années, décanillant d’un lancer de balle fulgurant le portrait d’Emmanuel Macron. A Presles, dans le Val-d’Oise, à l’occasion de la fête annuelle de Lutte ouvrière (LO), loin de la grande scène où Nathalie Arthaud tient son allocution devant une foule plongée dans un silence solennel, les enfants mènent la révolution. Enfin, théoriquement. Au stand «C’est la cata», on s’encanaille plutôt à renverser, à l’aide d’un robot catapulte, les portraits de quelques personnalités politiques (Pierre Gattaz, Laurent Wauquiez, Gérard Collomb…), dans une ambiance proche d’une finale de Ligue des champions. «Moi, c’est Marine Le Pen que je vais décaniller la première ! s’écrie Sullivan, 11 ans, depuis la file d’attente. J’ai entendu l’autre jour à la télé les propos qu’elle tenait sur les étrangers. J’ai trouvé ça raciste. Je n’aime pas cette idée.» Quelques instants plus tard, le garçon célèbre sa quatrième venue à la fête de LO en supprimant du premier coup le portrait de la présidente du Front national, sous des applaudissements nourris.

Plus loin, quelques mètres après les inévitables churros au chocolat et le stand de «l’huître ouvrière», à la terrasse duquel des militants épuisés cherchent un peu d’ombre, Noam et Merwan, 12 ans, s’exercent au billard hollandais. «Je viens ici depuis que je suis né, lance Noam, les yeux rivés sur le palet. Mes parents sont militants LO, donc on soutient le parti, c’est normal.» Même s’il admet avoir été éduqué dans la ligne politique familiale, il nuance : «Je pense quand même que ça serait bien qu’on soit tous égaux. Ça serait plus juste que chacun ait la même chose… Après tout, on se ressemble tous.» «Moi, c’est ma première fois ici, annonce Merwan, mais je ne m’intéresse pas du tout à la politique.» Il ajoute : «Ce que j’aime ici, c’est que la nourriture n’est pas chère, qu’il y a du monde de notre âge, et qu’on peut voir plein de films.»

 «Air Marx» 

Juste à côté, appuyée contre le panneau signalant la «Cité des sciences», casquette enfoncée sur des cheveux blonds qui lui descendent jusqu’à la taille, Cléo, 10 ans, attend son tour pour une attraction. «J’adore les stands où on mange, dit-elle. C’est vraiment bon ici et il y a vraiment de tout !» Elle confie nourrir l’ambition d’être un jour directrice de parc d’attractions. «Mais pas comme Disney, précise-t-elle, plutôt comme ici. Mais sans les discours !» Pour la troisième année consécutive, la jeune fille de Seine-et-Marne avoue ne plus supporter les allocutions de Nathalie Arthaud : «Tous les stands que je préfère ferment à ce moment-là… pendant plus d’une heure ! C’est insupportable !»

Le tour de la fête est fait rapidement. Du château transformé en librairie, à la Place de l’Eglantine, de l’autre côté du parc, il n’y a pas quinze minutes de marche. Très vite, les visages deviennent familiers et l’on s’invite à partager une bière fraîche ou une galette de sarrasin, on déménage tables et chaises pour s’installer par groupe de trente. Les buvettes, petit à petit, se transforment en points de rendez-vous tandis qu’un homme en tee-shirt bleu «Air Marx» (la virgule et le marteau) entonne l’Internationale, reprise en chœur par le voisinage.

Main dans la main avec son grand-père, Maëlys, 8 ans rentre à la maison. Heureuse de sa journée elle souffle : «Papi m’a dit qu’on vient ici parce que les patrons ne veulent pas écouter les travailleurs… Mais je pense qu’avec le bruit qu’on fait, c’est sûr qu’ils nous ont entendus.»