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Rentrée mouvementée en Argentine
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://lemediapresse.fr/international/rentree-mouvementee-en-argentine/
Du Sénat qui rejette la projet de loi sur l’IVG à la levée de l’immunité parlementaire de l’ex-présidente Cristina Kirchner, l’été argentin aura été pour le moins mouvementé. Retour.
LE SÉNAT REJETTE L’IVG, DES MILLIERS D’ARGENTINS DEMANDENT L’APOSTASIE
Souvenez-vous, c’était le 14 juin dernier, lorsque la Chambre des Députés avait adopté le projet de loi relatif à l’IVG d’une très courte tête (129 « pour », 125 « contre »). Un résultat historique qui augurait une lutte parlementaire encore plus acharnée au Sénat, réputé pour être bien plus conservateur.
Du côté des militants pro-IVG, on dénonce les pressions exercées par l’Église. Des pressions qui auraient eu pour but de faire rejeter le texte de loi. En réponse à cela, près de 2.500 argentins ont demandé l’annulation de leurs baptêmes et un bon demi-millier d’autres personnes ont entrepris de se faire débaptiser.
Pour ces militants, il y a une vraie urgence à légaliser le droit à l’avortement. En effet, près de 500.000 Argentines auraient eu recours à l’avortement clandestin cette année. Et ce, en dépit des conséquences que cela peut avoir sur leurs vies.
CRISTINA KIRCHNER EN DÉLICATESSE AVEC LA JUSTICE
Engluée dans des accusations de corruption, l’ex-présidente argentine, désormais sénatrice, a vu son immunité parlementaire levée le 25 août dernier. Ce nouveau scandale, appelé les « cahiers de la corruption », a éclaté le 1er août dernier. Cela faisait suite à la découverte de cahiers d’écoliers au sein desquels figuraient les dates, les heures et les lieux de remises de sacs d’argent. Ces cahiers appartenaient à Oscar Centeno, chauffeur de l’ancien vice-Ministre de la planification, Roberto Baratta.
Ces cahiers auraient révélé le versement de pots-de-vin destinés, soit aux domiciles des ministres du gouvernement Kirchner, soit dans un appartement du couple Kirchner, soit directement à la résidence présidentielle. Le tout en échange de contrats. Le juge Claudio Bonadio aurait recueilli des informations auprès d’une vingtaine de patrons de grandes entreprises du BTP. Certains de ces patrons seraient placés en détention préventives.
De son côté, « CFK », comme on la surnomme, prétend être la cible « d’intérêts économiques concentrés et hégémoniques très puissant ». Intérêts contre lesquels elle avait lutté lorsqu’elle était au pouvoir. Selon cette dernière, le but officieux de ces manœuvres judiciaires serait de l’écarter de l’élection présidentielle prévue en 2019.
Durant sa présidence, Cristina Kirchner avait poursuivi les politiques de relance par la consommation entamées par son mari et prédécesseur, Nestor Kirchner. Sa réforme des allocations familiales avait par exemple permis à près de 2 millions de personnes de sortir de la pauvreté. Elle avait également permis aux salaires, en les rendant plus souples, d’atténuer les effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat.
Des fonds de pensions de retraites, plusieurs compagnies aériennes ainsi qu’une firme de l’aviation militaire ont aussi été nationalisées. Enfin, elle avait engagé un rapport de force avec les fonds vautours, qu’elle refusait de rembourser. Toutes ces politiques auraient contribué à faire de Cristina Kirchner un des personnages les plus détestés des milieux d’affaires argentins. Affaire à suivre donc…
LES RÉVOLTES ANTI-AUSTÉRITÉ CONTINUENT
Si les médias préfèrent s’attarder sur les déboires judiciaires de l’ex-présidente péroniste, il reste bon de rappeler que l’exécutif, de son côté, enlise le pays dans la récession économique. Engagé dans une politique d’austérité faite de coupes budgétaires et de privatisations toutes azimuts, le gouvernement de Mauricio Macri fait face à une vague de contestation grandissante.
Le cas le plus emblématique reste celui du chantier naval de Rio Santiago. L’entreprise publique avait déjà réussi à résister aux vagues de privatisations orchestrées par le président libéral Carlos Menem dans les années 1990. En digne héritier, Mauricio Macri tente à son tour de s’y attaquer. 3300 postes se trouvent menacés de nouveau. Mobilisés pour défendre leurs emplois, les ouvriers sur chantier naval seraient durement réprimés. Plusieurs manifestants auraient été placés en garde-à-vue ou blessés. C’est ce que rapporte Révolution Permanente, dans leur article traduit de La Izquierda Diario.
Chez les étudiants, la contestation prend une ampleur nationale. Presque toutes les provinces du pays sont concernées : Buenos Aires, Cordoba, Santa Fe, Mendoza, Tucuman, pour ne citer que les plus importantes. Leurs revendications portent essentiellement sur les coupes budgétaires qui touchent l’enseignement supérieur : budget jugé insuffisant, hausse de salaire des professeurs de seulement 10%, trop en-deçà du niveau de l’inflation et près de 360.000 bourses supprimées.
En juin dernier, un accord signé entre le gouvernement Macri et le FMI, débouchant sur un prêt de 50 milliards d’euros en échange de coupes budgétaires avait provoqué une grève générale de 24 heures. Ceci s’ajoute à une situation économique désastreuse. Le pesos a été dévalué de 20 %. L’inflation a déjà augmenté de 30 % et pourrait même atteindre les 40 % d’ici la fin de l’année.
Dans l’esprit des Argentins, la crise économique de 2001 est plus proche que jamais…




