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L’intolérable appauvrissement régulier des retraitéEs
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’intolérable appauvrissement régulier des retraitéEs | L’Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)

1,1 % : c’est le taux de la revalorisation que connaîtra la retraite de base en 2022. Ceci alors que, selon l’INSEE, les prix à la consommation ont augmenté de 2,6 % sur un an (octobre 2021 par rapport à octobre 2020). Les pensions complémentaires des 13 millions d’anciens salariéEs du privé n’ont été revalorisées que de 1 % au 1er novembre. Une décision prise par les syndicats et le patronat qui gèrent la caisse de retraite Agirc-Arrco.
Certes, Emmanuel Macron a estimé que « les conditions ne sont pas réunies » pour relancer le chantier de la réforme des retraites, qu’il a repoussé à 2022 : « Dès 2022, il faudra pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires ». Mais en fait, depuis des années, des millions de retraitéEs, femmes et hommes perdent du pouvoir d’achat en France.
Le niveau de vie des retraitéEs recule
En théorie, est prévue une indexation des pensions du régime général, sur les prix à la consommation. Les retraites complémentaires Agirc-Arrco ont adopté un dispositif similaire. Mais, en réalité, le pouvoir d’achat des retraitéEs baisse systématiquement chaque année depuis maintenant sept ans. Le gouvernement de Manuel Valls avait commencé en 2014, suivi par les co-gestionnaires de l’Agirc-Arrco. Depuis, les hausses ont été plus rares que les gels. Dans son programme électoral de 2017, Emmanuel Macron avait pourtant promis que « nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite ni au niveau des pensions ». Mais, dès l’été 2018, le gouvernement Philippe annonçait le gel pour les deux années suivantes.
Résultat : d’après les calculs des Échos, dans la décennie qui a précédé l’épidémie de covid, le pouvoir d’achat lié aux pensions a perdu près de 0,5 % par an. De gels en sous-indexations, le niveau de vie recule.
Des millions de retraitéEs dans la misère
Pour ce qui est de la fonction publique, quand le point d’indice des fonctionnaires d’État est gelé, leurs salaires augmentent tout de même un peu à l’ancienneté. C’est le GVT, le « glissement vieillesse technicité ». Quand le point d’indice des retraitéEs est gelé, il n’y a rien pour compenser.
Les manifestations régulièrement organisées, comme début octobre, par les organisations syndicales de retraitéEs sont méprisées par les gouvernements successifs.
Certes, les retraites avaient progressé pendant les décennies 1970 et 1980. Mais depuis 1993 (réforme Balladur), la stagnation puis les reculs ont commencé. S’y est ajoutée la hausse de la CSG en janvier 2018, décidée par Macron, sur laquelle il n’est que partiellement revenu après les Gilets jaunes. Aujourd’hui, le niveau de vie des retraitéEs, comme le montrent les données du COR (Conseil d’orientation des retraites) comparé à celui de l’ensemble de la population diminue. Et, de plus, les chiffres moyens cachent des millions de personnes dans la misère.
Préparer les esprits à une refondation inégalitaire
Le Conseil d’orientation des retraites prévoit que le taux de remplacement à la retraite d’un non-cadre du secteur privé devrait chuter de 74 % du dernier salaire aujourd’hui aux alentours de 63 à 65 % pour la génération née en 1990.
Cette évolution est cautionnée par celles des organisations syndicales qui participent au fonctionnement des régimes de retraites notamment complémentaires. Elle est le prélude à l’offensive globale que prétend mener Macron. L’espérance de vie s’allonge (du moins l’espérance de vie totale, pour l’espérance en bonne santé, c’est moins le cas), c’est positif même si c’est très inégalitaire selon les métiers antérieurement occupés.
La stratégie de Macron, dans la continuité des gouvernements précédents, consiste à déconsidérer et saper le système de répartition pour le remettre en cause en lui refusant les moyens de son financement, en particulier par une hausse des cotisations patronales.




