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Contre l’agriculture capitaliste, saine colère et basses manœuvres
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Entre détresse et colère paysanne, récupération de l’extrême droite, hypocrisie de la FNSEA et du gouvernement, urgences sociale, climatique et écologique… les mobilisations agricoles secouent l’Europe.
Premier constat, le nombre de fermes comme celui des paysanNEs a drastiquement diminué. La Confédération paysanne parle d’« un plan de licenciement massif ». Deuxièmement, les inégalités sont immenses : si 18 % des ménages agricoles vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 13 000 euros par an, à l’autre bout, certains sont de riches industriels comme le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, qui exploite 700 ha (soit 10 fois la taille moyenne) et préside le groupe agro-industriel Avril.
Revenu, accès à la terre
La première question est donc celle du revenu, le Smic est un minimum pour touTEs. Il doit être garanti non seulement par des prix justes et stables contre les profits des industriels et distributeurs, mais aussi par des aides et politiques fiscales favorisant la justice sociale et les pratiques écologiques contrairement aux aides à l’hectare qui profitent aux plus gros, et par un moratoire sur les dettes pour en finir avec l’étranglement par les banques.
Le revenu est indissociable de l’accès à la terre qui exige de stopper l’artificialisation et la course à l’agrandissement et, à l’inverse, de favoriser l’installation et l’usage, qui ne signifie pas nécessairement la propriété, avec des baux protecteurs, des formes coopératives, des communs municipaux ou régionaux…
Le jeu de la FNSEA
Alors qu’elle cogère depuis des dizaines d’années la politique agricole, la FNSEA tente de chevaucher la révolte pour satisfaire toujours l’agriculture productiviste et l’industrie chimique contre la biodiversité et le climat, mais aussi contre la santé des paysanNEs et des populations. Elle refuse les zones de non-traitement, l’encadrement des prélèvements d’eau, le plan Écophyto (c’est-à-dire la réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici à 2030), et exige un « moratoire sur les interdictions » des pesticides…
Une agriculture pour le climat
Le rapport du Haut Conseil pour le climat montre que si l’agriculture est une cause importante du changement climatique, elle en est aussi l’une des premières victimes. Depuis 1961, le changement climatique a déjà réduit la productivité totale de l’agriculture mondiale de 21 %.
L’agroécologie et l’agriculture biologique sont des solutions. Arrêter les engrais chimiques azotés, décarboner l’ensemble du système alimentaire, avec une alimentation saine et beaucoup moins carnée, réduire les émissions dues au transport et les gaspillages sont autant de mesures qui s’en prennent à l’agro-industrie, à l’industrie de la viande, à la grande distribution, aux accords de libre-échange... et peuvent être la base d’une alliance entre paysanNEs et écosocialistes. Concrètement, une Sécurité sociale de l’alimentation, avec des financements massifs pérennes par l’extension du régime général, permettra la prise en main démocratique de toute la chaîne production-transformation-distribution-consommation.
La situation est explosive
Le gouvernement ne s’y trompe pas. Il continuera de donner toujours plus de gages à la FNSEA, comptant sur sa fidèle alliée pour faire rentrer le fleuve dans son lit. Il reste aussi dans la ligne traditionnelle de tolérance face aux blocages et actions violentes venant des agriculteurs (ou des chasseurs !) qui contraste avec la violence policière, dont il a usé à Sainte-Soline, et la sévérité des peines de justice à l’égard des activistes écologistes.
L’enjeu est bien de défendre ensemble des réponses émancipatrices, à la fois écologiques et sociales (écosocialistes !) pour empêcher l’extrême droite d’instrumentaliser la souffrance d’une partie du monde agricole et de l’orienter vers des réponses nationalistes, anti-écologiques et antisociales.




