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La Grèce à l’arrêt contre la réforme des retraites voulue par Tsipras
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Pendant 48 heures, la Grèce a été paralysée par plusieurs actions portées par différents secteurs du monde du travail contre la réforme des retraites présentées par le gouvernement Syriza-Grecs Indépendants (ANEL) conduit par Alexis Tsipras. L’exécutif a beau jeu de présenter la réforme comme moins pire que celle qu’exige la Troïka et les manifestants comme d’horribles privilégiés accrochés à leurs privilèges. Les arrêts de travail et la manifestation qui a traversé les rues de la capitale, hier, montrent que le climat social commence à se réchauffer en vue de la grève générale appelée par les deux confédérations syndicales le 4 février.
Le ministre du Travail, un temps proche de l’ex-présidente de la Vouli (le Parlement grec) Zoé Konstantopoulo - classé à gauche au sein de Syriza jusqu’à se laisser tenter par un « gros ministère » après le renoncement de Tsipras sur le référendum de l’été dernier et le remaniement ministériel post-élection - a même avancé que la« réforme s’appuie sur des principes de gauche ». L’explication n’a convaincu personne, pas même ce qui reste de la base militante de Syriza. Georgios Katrougalos a eu beau insister sur le fait que les 930 régimes de retraite grecs étaient à la source d’une gabegie sans nom, qu’il fallait rationaliser pour se rapprocher des standards européen, l’enjeu reste celui de réduire de 1,8 milliard d’euros dès cette année le montant total des retraites, soit l’équivalent de 1% du PIB.
Les ferries n’ont pas levé l’ancre dans les principaux ports du pays, que ce soit à Athènes, Salonique ou dans les îles. Parallèlement, les agriculteurs ont multiplié les points de blocage dans le pays, manifestant dans bien des cas au volant de leurs tracteurs, provoquant des embouteillages monstre dans la plupart des agglomérations. Dans une ultime tentative de diviser le mouvement - alors que la participation à la grève générale du 4 février, qui serait la seconde sous Tsipras, s’annonce déjà massive - le gouvernement a insisté sur le fait qu’une partie des manifestants de hier, à Athènes, étaient des électeurs de droite, du Pasok, ou qui avaient voté « oui » lors du référendum, qualifiant leur mobilisation de « révolte des cravates ». Les professions libérales, à commencer par les médecins et les avocats, sont en effet vent debout contre la réforme des retraites qui va fragiliser encore un peu plus leurs sources de revenus, même s’il ne s’agit pas du secteur qui a, jusqu’à présent, le plus souffert de la crise.
Il n’en reste pas moins que c’est un vaste éventail de colère qui commence à se dessiner, qui ne saurait être assimilable à une instrumentalisation par l’opposition de droite du ras-le-bol existant contre un gouvernement qui continue à se présenter comme « de gauche ». Alors que la majorité Syriza-ANEL ne tient qu’à un fil à la Vouli (153 députés sur 300), les ministres de Tsipras montrent de plus en plus de signes d’énervement. Au sein du mouvement étudiant et de la gauche radicale, les militants ont appuyé les actions de ces deux derniers jours, une façon d’essayer de souder des secteurs qui vont tous subir une réforme des pensions et des retraites injustes et que le gouvernement tente, par tous les moyens, de diviser.




